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 Meeting again for the first time - Lutèce
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MessageSujet: Meeting again for the first time - Lutèce   Mer 30 Juil - 19:03

Meeting again for the first time ft Lutèce
Athènes avait revêtu une longue cape d’un brun terne avant de s’aventurer sur la place de la Mauvaise Fortune. Elle trouvait que l’endroit portait terriblement bien son nom, puisque tout un tas de crasses avaient tendance à lui tomber dessus dès qu’elle y posait un orteil. Elle espérait, cette fois-ci, limiter les dégâts en faisant preuve de discrétion, pour commencer. C’était -entre autres- le but de la cape, qui dissimulait partiellement son armure claire. Elle savait par expérience qu’à la vue de son équipement coûteux, les marchands lui tombaient dessus comme la pauvreté sur le monde, redoublant de bagout pour tenter de lui vendre tout un tas de babiole. Elle se souvenait encore de ce type qui l’avait encouragée à acheter un collier serti d’améthystes probablement aussi lourd et plus encombrant que sa cote de maille. Franchement, est-ce qu’elle avait une tête à porter des bijoux ? Et pourquoi est-ce que tout le monde s’imaginait que, en tant que guerrière, elle était pleine aux as ? Au contraire, le prix qu’elle devait mettre pour entretenir -et éventuellement renouveler- son armure et ses multiples armes faisait qu’il lui restait à peine quelques Gelds à dépenser sur sa nourriture.

L’autre truc qui la dérangeait, c’était la foule, bien trop dense à son goût, propice à tout un tas de méfaits. Ce n’étaient pas tant les pickpockets qui l’inquiétaient –Athènes était assez douée pour les prendre la main dans le sac et leur tordre le poignet histoire de leur faire passer l’envie de recommencer- mais plus les espions, informateurs et autre individus douteux, comme ce jeune mendiant aux pupilles écarlates qu’elle avait remarqué quelques temps plus tôt. L’affluence lui donnerait tout lieu de la suivre sans qu’elle s’en rende compte, et l’idée lui déplaisait au plus haut point. Malgré toutes ses réticences, Athènes se devait de traverser le Marché Long pour récupérer dans une des boutiques se trouvant de l’autre côté de la Place un arc qu’elle avait commandé auprès d’un artisan quelques semaines auparavant.

Athènes se frayait donc un passage parmi les badauds, aussi vivement que la foule le lui permettait. Alors qu’elle arrivait au bout du marché –elle pouvait déjà apercevoir une des petites ruelles moins fréquentées dans lesquelles les boutiques s’amassaient- elle heurta par mégarde un passant. Ses mots d’excuses moururent sur ses lèvres lorsque, relevant la tête, elle découvrit un visage connu...

***

Elle l’avait vu pour la première fois il y a plus d’un an, lors d’une rafle de grande envergure menée au sein du quartier noir. Elle se souvenait encore de la rage qui s’était emparé d’elle ce jour-là, alors qu’elle avait été témoin de la barbarie des Rafleurs. Sans parler de leur lâcheté : la plupart agissaient en groupe, de sorte que Athènes, si elle avait voulu intervenir, aurait dû s’engager dans un combat incertain et tapageur -ce qu’elle ne pouvait se permettre de faire.
Alors qu’elle parcourait les ruelles malfamées, rasant les murs, cherchant désespérément un moyen d'enrayer les persécutions sans se compromettre trop gravement, elle était tombée sur un Rafleur, seul avec une Chimère, qu’il était de toute évidence sur le point d’abattre. Il lui tournait le dos, mais Athènes avait fait fi des règles d’honneur ; la situation l’exigeait. Elle avait assommé avec le plat de sa lame l’assaillant, avait attrapé la Chimère –une fille d’une quinzaine d’année dont le bras droit était intégralement mécanique- par le bras et filé en direction d’une rue déserte. C’est alors qu’elle avait remarqué cet homme aux traits androgynes.
Posté dans l’ombre d’un taudis, à quelques mètres de là, il avait assisté à toute la scène. Or, Athènes l’avait déjà aperçu un peu plus tôt, au beau milieu du groupe de Rafleurs. Elle l’avait clairement entendu énoncer des ordres sur un ton neutre, calme.
La jeune fille s’était crispée, avait refermé sa main libre sur la poignée de son épée. Alors qu’elle se préparait à devoir se défendre, elle avait vu avec stupeur l’homme lui tourner le dos pour disparaître dans une ruelle. Ils les avaient laissé s’échapper, tout simplement.
Athènes avait appris plus tard que le type était non seulement un Rafleur, mais en plus un de leur capitaine, rien que ça ! Dieu sait que le souvenir de leur rencontre –aussi brève avait-elle été – avait longtemps dérangé la jeune fille. Elle avait toujours été persuadée que les Rafleurs étaient tous brutaux, cruels et sans pitié. Qu’est-ce qui avait bien pu pousser celui-ci à fermer les yeux sur leur escapade ?

***

Athènes fixa l’homme quelques secondes de trop, avant de le contourner vivement et de se précipiter dans la ruelle. Peu importait ce qui s'était passé. Ce type restait un Rafleur, haut-gradé, avec ça. Il avait peut-être mal vu ce jour-là, ou alors il avait eu la flemme d’engager un combat. Quoiqu’il en soit, elle espérait qu’il n’avait pas retenu l’incident, et encore moins son visage, parce que dans le cas contraire, il y avait peu de chances pour qu’il ne l’ait pas reconnue juste à l’instant. Il ne manquerait plus qu’elle se fasse finalement repérer par les Rafleurs pour avoir bousculé ce type par pure malchance. Décidément, cette foutue place avait bien mérité son qualificatif!
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MessageSujet: Re: Meeting again for the first time - Lutèce   Mer 30 Juil - 20:58




Combien de temps encore allais-tu attendre avant qu'une autre Rafle se produise ? C'est fou comme à Close les gens sont tous prêt à fermer les yeux sur ce qu'ils voient. Des meurtres, des viols, des maisons détruites par les flammes, et aucune voix s'élevant pour protester. Ces choses abominables, c'est toi qui les produits, tu es un Rafleur. Toi l'homme femme, toi qui parait si calme et serein. C'est toi qui lève le bras pour ordonner de tuer. Qu'es-tu devenu ? Sais-tu que derrière tes gants se cachent des ongles de chimère ? Un Homme chimère, c'est ce que tu es et ce que tu caches depuis trop longtemps à ces hommes sanguinaires. Tu penses que ces assassins ont un cœur ? Ils ne cherchent qu'à tuer ceux qui te ressemblent, pourquoi devenir leur ami si tu les détestes tant ? Ça fait dix ans Lutèce, dix ans que tu attends qu'un jour tout change. Mais tu ne fais rien. C'est pas comme ça que le monde change. Regarde les Rêveurs. Des Rêveurs réalistes, Oh oui bien plus réalistes que n'importe qui à Gefangnis.

♦♦♦

Habillé d'une longue cape noir brillante dont la capuche permettait de cacher ton visage à la foule, tu avançais tête baissée parmi la foule qui s'était rejointe au Marché Long pour préparer les festivités. Le Charivari se préparait déjà à une vitesse lente. Les gens installaient les banderoles et les décorations sur les murs des maisons de toute la capital, et la fête devenait le sujet principal de toute conversation. Tu revenais à peine de ton combat de la Cour des miracles dans les Sous-sol, et le soleil t'avais manqué pendant un bout de temps. Tu n'aimais pas te rendre là-bas, même si souvent tu gagnais les combats et que ça te rapportait de l'argent, cet endroit te rappelle à quel point les chimères y sont torturés et vendues comme esclave. Tu gagnes ton argent pour vivre avec ça, et tu ne peux pas t'empêcher de trouver cet argent sale. C'est peut-être bien pour ça que tu t'empresses à chaque fois de le dépenser, pour te faire oublier à quel point tu es minable. Un rat déplumé, c'est surement ce que tu seras un jour, peu importe par qui, les Rêveurs ou les Rafleurs c'est pareil à présent : tu défends trop les chimères, mais en même temps il t'arrive de donner l'ordre d'en tuer. Tu es un meurtrier salvateur, n'est-ce pas drôle ?
Tu jettes les pièces vers un homme et tu tends la main vers le pain qu'il expose à son marché. Tu sais qu'il t'a reconnu, mais il ne dit rien. Vous vous connaissez bien, même peut-être trop puisqu'il te connaissait autrefois. Quand tu n'étais qu'un enfant orphelin vivant à Close. Un passé proche, décidément tu retiens les visages et étrangement les gens retiennent le tien. Tu attrapes le pain qu'il te tend, et tu vas y planter tes douces dents dans la croute croustillante. Il est encore un peu chaud mais tu aimes ça. Tu ne te fais plus plaisir ces derniers temps : bien que les Rafleurs soit en pause en ce moment, ce qui est plutôt rare c'est vrai, tu sais que tes sens sont toujours en alerte. Au lieu d'aller voyager comme beaucoup, tu préfères rester ici.
Tu te retournes alors en soupirant, puis ton épaule vient d'un coup cogner quelqu'un. Tu tournes la tête machinalement vers la personne que tu as touché, prêt à t'excuser, mais ton regard s'arrête de suite devant celui d'une jeune fille cachée elle aussi par une capuche. Mais quand elle lève les yeux à son tour vers toi, tu crois reconnaitre ce regard. Tu n'oublies jamais.  

♦♦♦

Il y'a un peu plus d'un an. Une Rafle dans le quartier noir de Close. Tu n'aimes pas te souvenir de ce moment, ça te rappelle les premières Rafles dans ces mêmes quartiers, dans ta rue, quand tu avais à peine 17 ans et que les Rafleurs t'ont séparés de ton frère et de ta meilleure amie, que tu n'as plus revue depuis malgré de multiples tentatives de recherche. Ce jour là, alors que tu regardais faire comme d'habitude, ton regard s'était retourné vers cette jeune fille rousse en armure, épée à la main, qui tenait dans ses bras une chimère apeurée au bras de métal. Tu avais tout de suite comprit, et tu étais resté un moment là à les regarder sans un mot. La sauveuse te regardais, prête à t'affronter. Mais tu t'étais juste retourné en espérant être le seul à l'avoir vu ce jour là.
Diantre, tu avais presque oublié cette fille qui t'avait tant chauffé le cœur. Une âme avait été épargnée ce jour là, et tu en remerciais cette inconnue. Mais voilà qu'aujourd'hui, elle t'avait croisée dans les rues du Marché Long, et elle t'échappait des mains. Tu ne voulais pas rater cette chance de mieux la connaitre. Qui était-elle ? Où travaillait-elle ? Que faisait-elle ? Continue t-elle à défendre des chimères ? Tu l'as suivait, en silence, d'un calme presque effrayant. Elle avait peur de toi, c'est normal, les Hommes tremblent quand ils te voient. Tu es Capitaine des Rafleurs. Tu ordonnes de tuer, tu emprisonnes, tu ... Tu fais des choses que tu regrettes tellement. « Vous allez vous fatiguer pour rien. » Tu continuais de la suivre, essayant d'éviter au mieux ceux qui marchait dans le sens inverse. Elle allait vite la petite, surement habituée à marcher vite pour échapper au danger. Tu gardes ton calme, ainsi tu te fatigues moins vite et tu arrives déjà à rétrécir la distance entre vous deux jusqu'à vous retrouver dans une très étroite ruelle sombre où tout semble s'être arrêté tant le bruit du Marché s'éteint. Tu lui attrapes le bras, serrant peut être un peu trop fort. Trop pour que tu lâches une rapide excuse avant de retirer ta main et de relever ta capuche. Tes cheveux sont retenus par ton bandeau rouge habituel, que tu remet en place à l'aide de ton pouce, derrière des gants en peau de vache. Tu marques un temps d'arrêt, cherchant quoi dire : « Désolée pour tout à l'heure, je n'ai pas fait attention à où j'allais. » Tu l'as regarde droit dans les yeux. Son regard te trouble, c'est le même que cette journée de Rafle. « Comment s'appelait-elle ? ... Cette fille avec le bras en métal ? » Tu attrapes rapidement son bras pour l'empêcher de fuir à nouveau, ton œil vient se diriger vers son épée à la ceinture, mais tu détournes vite le regard pour montrer que tu n'as pas peur.  
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MessageSujet: Re: Meeting again for the first time - Lutèce   Mer 30 Juil - 22:51

Athènes sentit son rythme cardiaque s’accélérer. L’homme la suivait, il n’y avait aucun doute là-dessus. Elle se crispa lorsqu’il l’interpella, eut un sourire sans joie. Il en fallait certainement plus que ça pour la fatiguer.
La rue était encore trop fréquentée pour qu’elle puisse se mettre à courir sans prendre le risque de heurter quelqu’un, alors elle se contenta d’augmenter son allure, tout en s’enfonçant de plus en plus profondément dans les ruelles sinueuses du quartier commerçant. Peut-être allait-il se décourager, comme cette fois-là. Le brouhaha du marché s’atténuait peu à peu, donnant à la situation une allure de plus en plus irréelle.

Athènes savait que le Rafleur était toujours derrière elle, plus proche, certainement. Néanmoins, elle faillit sursauter lorsqu’elle sentit sa poigne se refermer sur son bras. Elle se retourna vivement, la main à l’épée, prête à dégainer pour lui faire lâcher prise, mais il la libéra de lui-même avant qu’elle n’ait eu besoin d’intervenir. Elle fût tentée de faire un pas en arrière, mais se ravisa. Il pourrait interpréter ça comme un signe de crainte à son égard. Et Athènes détestait qu’on la croie apeurée. Parce qu’elle n’avait pas peur. Elle se redressa un peu comme pour mieux s’en convaincre, et dévisagea l’homme tandis qu’il retirait sa capuche.
Athènes se fiait beaucoup à son intuition, et il n’était pas rare qu’elle commence à évaluer une personne à partir de sa simple physionomie. Les visages des gens lui inspiraient généralement immédiatement une certaine confiance ou au contraire, une méfiance farouche, mais là, elle ne savait que penser de ce faciès androgyne dont l’harmonie était brisée par une longue cicatrice qui courait sur sa joue droite.
« Désolée pour tout à l'heure, je n'ai pas fait attention à où j'allais. »
Les yeux d’Athènes s’écarquillèrent imperceptiblement. Quel genre de Rafleur commençait une phrase par « Désolé » ? Elle soutint son regard bleu. A quoi jouait-il ?
«Comment s'appelait-elle ? ... Cette fille avec le bras en métal ? »

Athènes serra les poings, furieuse, tout à coup. Il se foutait d’elle. Il imaginait peut-être l’embobiner, avec son air innocent et sa politesse surfaite. Mais il n’aurait pas dû mentionner la Chimère. Cléa, se souvint-elle involontairement. Elle se souvenait aussi de la terrible cicatrice que la fille arborait à l’épaule, là où la chair commençait à se mêler au métal, marque d’une rafle plus ancienne encore au cours de laquelle elle avait déjà failli perdre la vie. Que lui voulait-il ? Peut-être regrettait-il de l’avoir laissé partir, au final. Oui, Athènes ne voyait pas quelle autre signification sa curiosité pouvait avoir. Il voulait réparer l’erreur qu’il avait commise ce jour-là. Athènes était presque soulagée de savoir que la fille avait fui dans le quartier Ouest. Elle serra les dents, tandis la sensation familière de la fureur montant dans sa poitrine l’envahissait.
Comme s’il avait perçu son envie de lui envoyer un coup dans le nez, l’homme lui attrapa le bras à nouveau. Elle le fusilla du regard.
« Je ne comprends rien à ce que vous dites. Vous avez dû me prendre pour quelqu’un d’autre. Et au passage, vous allez me lâcher avant que je ne m’énerve vraiment. Mon épée n’est pas à ma ceinture pour faire joli. » débita-t-elle presque mécaniquement, la colère suintant de chacun de ses mots.
Pour appuyer ses paroles, elle posa sa main libre sur le pommeau de son arme. C’était une sorte de feinte, car si le besoin de se libérer se présentait, elle n’utiliserait pas sa lame : l’espace entre eux était trop réduit, cela l’encombrerait plus qu’autre chose. Elle était presque sûre de pouvoir le repousser à main nues, surtout si elle le prenait par surprise. Et au besoin, elle avait un poignard glissé dans sa botte droite, et un autre, plus fin encore, caché dans la doublure de sa manche gauche.
Rassérénée à la pensée de ses armes, Athènes enchaîna, crachant son mépris avant d’avoir pu s’en empêcher.
« Quoiqu’il en soit, on peut dire que vous êtes attentionné, pour un Rafleur. Vous vous souciez même du prénom des Chimères avant de les tuer. »
Elle eut un sourire acide. Quelles que soit ses intentions, il ne pouvait plus faire de mal à la jeune Chimère au bras métallique, désormais. Mais elle ne lui offrirait pas son prénom pour autant.
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MessageSujet: Re: Meeting again for the first time - Lutèce   Mer 30 Juil - 23:54



Le pommeau de l'épée est magnifique. La main de la rousse le tenait à présent avec fermeté, comme une menace. Tu ne levais pas un sourcil, restant calme tout en gardant ta main accroché au poignet de la fille qui restait elle aussi passible. C'était un jeu, comme un "Qui est-ce ?" où on doit être le premier à savoir qui est l'autre sinon on a perdu. La prendre pour quelqu'un d'autre ? Non impossible, tu n'oublies jamais un visage. Surtout quand c'est celui d'une personne que tu admires. Et ses yeux bougeaient très furtivement, de façon discrète. Tu savais qu'elle cachait autre chose qu'une simple épée. Elle était dangereuse, sans doute, mais lorsqu'une personne vous menace c'est qu'elle hésite. On perd du temps à fixer une personne. Si le premier intérêt est de s'en débarrasser, alors on le fait. Les vrais criminels, les vrais terroristes, les vrais tueurs, préviennent-ils avant de tuer ? C'est dans le sang. Tu fréquentes des meurtriers quasiment tout les jours. Des mecs qui flinguent la première chimère qu'ils voient en riant, sans lui dire à l'avance qu'ils vont la tuer. « Quoiqu’il en soit, on peut dire que vous êtes attentionné, pour un Rafleur. » Les mots restent dans ta tête quelques secondes, retentissants. Tu lâches enfin son poignet, avec un petit sourire en coin. Vous êtiez là, plongés dans un silence, à vous regarder droit dans les yeux avec un sourire qui en dit long. Mais tu recules un instant, posant tes mains sur les hanches en observant un instant le ciel. Tu réfléchis, un moment. Tu n'aimes pas vraiment que l'on dise le mot "tuer", pour certains dirent que "Lutèce tue" est un pléonasme. Mais c'est faux et tu le sais. Mais on met toujours tout le monde dans le même sac, c'est plus facile et ça fait moins réfléchir. « C'est vrai, vous avez raison. Je tue des chimères. Je donne même l'ordre de les tuer. » Ta voix changea aux derniers mots de ta phrase, devenant un peu plus grave. Ton regard devenant sombre, tu gardais toujours ce silence presque glacial. Elle n'aura pas peur, ce n'est pas une fille ordinaire, c'est sûr. Une fille aussi jeune et aussi petite, mais musclée tout de même, ne doit pas trainer dans les environs du marché. Et pourtant, elle, y marche tranquillement. « Si vous connaissiez mon histoire, vous en rigoleriez tant elle est absurde. » Il suffirait juste que tu retires tes gants pour qu'elle se retrouve perdue. Mais mieux vaut se méfier, le temps de bien la connaitre. Tu ne l'as lâchera pas avant de savoir pour qui elle travaille.
Tu commences à t'approcher de nouveau d'elle, trainant des pieds comme un enfant, puis tu déposes avec force ta main sur son épaule pour rapprocher son oreille de ta bouche : « Est-ce que les Rafleurs t'intéressent à ce point ? ... Pour avoir deviné que j'en étais un ? » Et il se retire d'elle.
C'est vrai. A aucun moment, il n'avait dit qu'il faisait parti de ses tueurs. Aucun nom, rien. Comment l'a t-elle sut, elle qui quelques secondes avant insinuait qu'elle ne comprenait pas et n'avait rien à voir avec son histoire. Faux et totalement faux. Elle est habituée à mentir, et sans sourciller une seule fois. Mais ça t'intrigue, comment elle te connait ? Elle se souvient de toi ? Ça expliquerait sa fuite de tout à l'heure quand elle avait croisé son regard. Elle avait comprit qui il était, et savait à quoi il jouait. Maintenant le but était de ne pas mordre à l'hameçon de l'autre. Triste quand tu sais que tu as les mêmes idées que cette jeune fille, dont tu rêverais de devenir au plus profond de toi.
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MessageSujet: Re: Meeting again for the first time - Lutèce   Mer 6 Aoû - 14:08

Athènes laissa échapper un soupir imperceptible lorsqu’il lâcha son poignet. La proximité du Rafleur faisait hurler tous ses instincts de guerrière. Si tu peux le poignarder d’un simple mouvement de poignet, qu’est-ce qui l’empêche de faire de même avec toi ? Il en a sûrement plus l’habitude, en plus…
Elle le regarda se reculer, silencieux. Qu’avait-elle dit de si blessant pour que son visage s’assombrisse de cette manière ? Faisait-il partie de cette catégorie de salauds qui refusent de reconnaître leurs propres crimes ? Athènes grimaça intérieurement. C’était ceux qu’elle méprisait le plus. Pas même assez de tripes pour se regarder dans un miroir et se rendre compte de leur propre laideur.
« C'est vrai, vous avez raison. Je tue des chimères. Je donne même l'ordre de les tuer. »
Athènes eut un sourire nerveux. Bien sûr qu’elle avait raison. Elle savait pertinemment qu’elle avait raison. Il n’avait pas besoin de le répéter comme ça, avec cette drôle d’intonation –était-ce de l’amertume ?- comme s’il cherchait à s’en convaincre lui-même. « Si vous connaissiez mon histoire, vous en rigoleriez tant elle est absurde. ».
La jeune fille eut un mouvement d’impatience. Qu’était-elle en train de faire, merde ? A discuter tranquillement avec un Rafleur, un type qu’elle abhorre fondamentalement, un type qui vient d’avouer qu’il tuait des Chimères, un type qui l’a vue sauver une Chimère, un type qui ne peut avoir que des mauvaises intentions à son égard! Elle réprima un frisson. Son histoire ? Elle se foutait de son histoire. Il pensait peut-être essayer de l’attendrir avec une enfance malheureuse ou quelque chose de ce goût. Ou peut-être pensait-il qu’en exhibant son passé, il la pousserait à faire de même ?
Tout à coup, elle fût prise d’un doute affreux. Et s’il avait deviné ? S’il avait vu la Rêveuse en elle et essayait subtilement de lui faire cracher le morceau ?
« Est-ce que les Rafleurs t'intéressent à ce point ? ... Pour avoir deviné que j'en étais un ? »
Athènes sentit à peine la main du type sur son épaule. Elle était trop occupée à se maudire, elle et sa maladresse, sa transparence dès qu’il s’agissait de jouer au plus malin, ce qu’ils étaient précisément en train de faire. Ses mots l’avaient trahi, une fois de plus. Et son attitude, peut-être, aussi. Elle aurait dû commencer par faire parler son épée. Elle, au moins, lui était toujours fidèle.
D’un geste fluide, elle tira l’arme de son fourreau. La lame vola en direction du cou de l’homme, s’arrêta à un centimètre de sa jugulaire. Athènes considéra froidement le Rafleur, quand bien-même elle commençait vaguement à paniquer. Elle devait être sûre. Sûre qu’il en savait trop pour qu’elle le laisse en vie.
« Je méprise les Rafleurs.» lâcha-t-elle d’une voix blanche.  « Je les méprise viscéralement, instinctivement. C’est peut-être comme ça que j’ai deviné. Qu’est-ce que ça peut vous faire, de toute façon ? Ce n’est pas comme si vous étiez du genre à vous cacher pour tuer. Des tas d’autres natifs vous connaissent aussi. Et vous méprisent aussi. »
Elle s’arrêta, pressentant qu’elle était à nouveau sur le point de dire quelque chose qu’elle regretterait. Elle sentait son bras se raidir. Il faudrait bientôt qu’elle prenne une décision. Abaisser sa épée, ou…
« Cessez de tourner autour du pot. Je ne suis pas du genre patiente. Pourquoi m’avez-vous suivi ? ».
En guise d’encouragement à parler, elle rapprocha imperceptiblement la lame du cou du Rafleur.
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