Gefängnis



 

 
 Yume ► Hello darkness my old friend, I've come to talk with you again. [finished]
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Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Yume ► Hello darkness my old friend, I've come to talk with you again. [finished]   Sam 2 Aoû - 19:31


Fiche d'identité








Photo d'identité

Infos générales
Surnom ─ Little Bird.
Âge ─ 17 longues années.
Anniversaire ─ Le 13 Juin.
Quartier d'origine ─ Quartier Nord.
Métier ─ Prostituée à ses heures perdues. (Profitez-en. *winkwink*)
Adhésion ─ Aucune.

Musique de fond


Réputation
L’ombre. Seulement de l’ombre.  De l’inconnu. Comme ces petites traces négligées sur une feuille blanche, après le passage d’une gomme trop peu performante. C’est une fille. Oui, c’est ça. Une pauvre fille qui ne fait pas parler d’elle. Une fille peu intéressante. Une fille au final insignifiante. Celle qu’on ne remarque pas alors qu’elle est toute proche. Celle qu’on ne regarde qu’à l’occasion. Simplement parce qu’elle inspire le dégoût, ou encore le triste désir des plus corrompus.  La répulsion virulente, mais affirmée par cette vie qu’elle acceptait de mener. De gagner sa vie et celle de sa mère. Souillée, pourrie jusqu’à la moelle. Impure, infréquentable. Mauvais exemple, mauvaise camarade. Mais, personne ne la connait. Non, personne ne peut réellement la connaître. Elle ne veut pas paraître. Elle voudrait bien être, mais cette peur, cette angoisse, ne cesse de la maintenir dans un lit mouillé par des larmes éternelles. Du coup, elle restait là, tapie dans sa propre pénombre, à attendre. Attendre, que quelqu’un ne la voit. Attendre, sans même esquisser la moindre plainte. Attendre, sans jamais espérer.

Joueur
Pseudo ─ Chanou. Ou bien Svenichou. :'D Ou bien vous inventez, à votre guise. o/
Âge ─ 16 ans.
Avatar ─ Random.




Carnet personnel








Questionnaire
Comment t'es-tu débrouillé à Gefängnis jusqu'à présent ? ─ Je survis. Comme beaucoup de monde. Je… Je fais de mon mieux pour ne pas mourir et… Je fais de mon mieux pour préserver Maman. Même si elle ne me regarde plus comme avant. Elle ne me regarde presque plus dans les yeux. Je sais qu’elle a mal. Pour moi. Tellement que je n’arrive même plus, moi-même, à avoir mal pour ma propre personne. Alors, je fais plaisir aux hommes. Alors, je fais plaisir aux femmes. Quitte à tomber sur des ingrats. Quitte à hurler de peur et de douleur. Faisant passer ça pour autre chose. Et pleurer plus tard. Il ne faut pas donner mauvaise impression aux clients, ce serait mauvais pour la maison. Je ne veux pas partir. Je ne veux pas finir dehors. J’ai peur.

En quoi consiste ton métier ou ton occupation exactement ? ─ Mon métier… Maman me dit que je permets aux âmes solitaires et damnées de leur donner du plaisir et du réconfort. Mais, elles sont obligées d’être aussi violentes, parfois ? Ce n’est pas ma faute, si e suis fatiguée…  Ce n’est pas ma faute si je suis malade mais qu’on m’oblige à travailler. Alors je fais comme je peux… Tout ça pour se défouler. Tout ça pour quelques ecchymoses. On me dit que c’est le métier.  Que c’est mon métier. Et que je dois m’y tenir si je ne veux pas périr. Alors, je m’y tiens. Je fais comme je peux. Je l’exerce. En taisant autant que possible son nom.

Quelle attitude adoptes-tu vis-à-vis des Perdus ? ─ Je… Je me fiche de cette histoire de Perdus ou Trouvés, Retrouvés et j’en passe… Je trouve seulement qu’ils n’ont pas eu de chance. Parce qu’ils se trouvent coincés dans un endroit que tout le monde veut fuir. On dit qu’ils le méritent, que ce ne sont que des bons à rien, des sous-espèces, seulement bons à être tués… Moi… Je pense surtout que, j’ai d’autres problèmes, dont je dois me soucier impérativement et ce avant cette histoire de malédiction et autre condamnation. De toute façon… On a tous des problèmes ici.

Que penses-tu de la monarchie des Maîtres, du bellicisme des Rafleurs, de la persécution des Chimères et des aspirations des Rêveurs ? ─ Rien. Je préfère ne plus penser à ça. Car d’un côté ça me révolte, et de l’autre ça me désespère. Ou bien ça m’attriste. Puis, pour conclure le tout, le dernier côté du carré infernal ose nous faire espérer l’impossible avec des idéaux factices. Ah, pourtant, j’aimerais y croire. Mais non, rien ne vient. Donc, je n’en pense rien. Je suis juste prête à dire que je ne cautionne personne. Et que je préfère largement être inexistante à leurs yeux. Comme aujourd’hui. Rester dans mon coin, en regardant tout ça de loin, c’est encore ce que je sais faire de mieux.

Profil psychologique


“I walk a lonely road, the only one that I have ever known”


Tu vois ce petit être là-bas qui marche ? Dans la pénombre grandissante des maisons. Peux-tu arriver à percevoir les pas si légers et à peine perceptibles qu’annoncent en rythme chacun de ces petits talons ? Ballerines aux pieds, elle marche, encore, elle parait chercher, la tristesse accablant son visage. Peux-tu la voir se faire bousculer par un inconnu qui continue son chemin alors qu’elle manque pratiquement de tomber ? Elle tremble, on l’aurait cru sangloter, alors qu’elle se relève sans émettre le simple bruit. Elle se fond plutôt dans ce décor qui est tristement le sien. Cette petite chose s’appelle Yume. Cette petite chose est insignifiante. Et cette petite chose le sait. Elle est ce genre de petite chose qui trouve elle-même que sa vie n’a aucun sens, en étant en même temps heureuse de la vivre aux côtés de sa mère. C’est un petit bout de chair au paradoxe bien perché. Une femme qui se laisse marcher sur les pieds. Une femme qui a peur, qui n’a pas confiance en elle. Une gamine méfiante qui se cache pour éviter les ennuis. Mais qui en a quand même. L’une de ces dames, si minuscules qu’on leur marche dessus. Si muettes et fluettes qu’on ne les remarque pas si elles ne se manifestent pas. Celles qui pensent et ne parlent pas. Celles qui espèrent pourtant pouvoir évoluer et polémiquer. Un jour, peut-être.

Elle est de celles qui ne participent pas aux commérages. Celles qui ne font qu’écouter, car même les murs ont des oreilles. Celles qui voient tout sans réussir à s’imposer. Car là encore, il arrive également aux murs trop évolués d’être pourvus d’yeux. Elle ne se fera pas savoir, si personne ne l’appelle. Elle ne vous importunera d’aucune manière, si vous n’êtes pas là pour lui reprocher quoique ce soit. Quand bien même elle peut se donner une raison d’être utile, alors elle vous aidera. Là encore, pour continuer ce speech aux allures interminables et futiles – autant que pourrait l’être sa vie de débauchée qu’elle arrive à aimer, Yume, c’est la fille dont vous vous rappellerez volontiers pour un service. Une simple demande. Ou encore, pour un jeu un peu trop salace, qui la rend bien cocasse devant les regards insistants d’un monde qui pourtant la méprise. Méprise sa façon d’être, de vivre, et rend alors sa personnalité de fille fragile encore plus sensible. Car il s’agit là aussi, pour couronné le tout, d’une brunette qui ne se satisfait pas de trembloter. Elle pleure. Elle est triste. Elle pleure aussi sur cette vie qu’elle est obligée de mener. Pour vivre. Pour survivre. Mais surtout et le plus important. Pour continuer d’aimer.
Pour continuer dans cette magnifique lancée, tirer un trait sur ce regard misérable, et regardons plutôt ce qu’il reste d’intègre dans cette pauvre jeune fille. Loin d’être fière, elle s’avère être honnête. Regardez-la soulever d’une traite une pauvre consœur mollement tombée à terre. Ce sourire, pour une fois, elle lui offrait. Il parait plus franc, plus naturel, alors que son quotidien morne et morbide ne lui permet que d’esquisser un rictus empli de malheur et de laideur. Cette femme qu’elle emporte loin du noir, c’est sa mère, qu’elle relève, et qu’elle aime. Qu’elle supporte et dont elle n’imaginera pas être séparée. Car elle a voulu se sacrifier. Que malheureusement, elle aussi avec choisi cette piètre destinée de femme. Pour être avec elle. Pour subir avec elle. Car quand elle aime, elle ne peut s’empêcher de faire passer les autres avant sa propre personne. Et, quand elle aime, elle aime. Du plus profond de son cœur. Évidemment, la connaissant, ce geste si simple et pourtant si rare de soulever quelqu’un, elle l’aurait fait avec n’importe qui d’autre. Parce qu’elle ne désirait que pêcher les bonnes actions, comme en cherchant à racheter les pêchés de son travail, comme recherchant la chaleur d’un remerciement ou encore la gentillesse d’un mot doux. Contrairement aux noms d’oiseaux, d’animaux, et aux brûlures d’une étreinte trop forte au poignet déformant son corps pourtant déjà bien décharné. Parce qu’elle n’est pas frêle que psychologiquement, Yume. Non, son corps est un vrai désespoir, tant qu’on s’en demandera comment elle tient encore debout. Elle n’est pas maigre, mais pas non plus grosse. Disons que quelques kilos en plus lui iront mieux. Mais Yume, c’est Yume. Son physique reste fidèle à son caractère.

Et pourtant, il a encore des courbes, l’oisillon. Le galbe d’une hanche, le galbe d’un sein, sont deux éléments loin d’être méconnus.  Elle le mérite et le possède, tout cela assez bien formé. Car, Rêve, c’est aussi quelqu’un qui pourra confirmer que son travail la changer. C’est quelqu’un qui peut affirmer le fait que son travail lui a aussi permis de s’endurcir. De dire non quand il le faut, de savoir encore comment s’y prendre pour échapper à son tourment, et sait ne pas se laisser faire quand l’irritation l’emporte. Quand elle sait qu’elle peut avoir le dessus. Quand il lui importe de faire quelque chose. Quand elle estime qu’elle ne peut pas rester là sans rien faire. Et pourtant, la courbe n’est que douceur. La patience de pouvoir faire la boucle est de mise. Yume est ce genre de personne qui sait être agressive sans colère. Seulement par irritation. Tout en restant patiente. Sans saisir comment exploser. Elle laisse couler ce qu’elle pense. Elle agit en conséquence. Elle met la pression. Elle espère pouvoir être méchante sans réellement l’être. Mais faire un impact pour être tranquille ou bien arriver à ses fins.

La voilà qui disparaît derrière une grand porte. Une porte travaillée dans un bois plutôt riche et redevient cette femme dont on abuse, cette femme qui pleure et qui a peur. Qui s’enferme, qui attend, qui patiente encore, et qui se crispe, allongée sur son lit a supporter les assauts malheureux de la vie qu’elle mène, les ongles enragés agrippant le velours rouge et décharné d’une couverture souillée, désespérée.



Biographie








Histoire


“My only friend is my fear of this world ...”

Une sombre bicoque. Des murs fatigués. Un feu douloureux présent dans la cheminée. Des cris, des larmes. Un flot rouge parcourant jambes et genoux un peu tremblants d’un médecin mal assuré. Cet homme qui n’était pas qualifié, tu allais apprendre à l’apprivoiser, et à l’aimer. C’est ainsi que tu es né, dans une bien triste situation. Petit être nu, maculé, rose et exténué. Une petite chose déjà bien pâle. Qui gémissait à peine dans les bras de ce père, faux docteur. Qui ne se faisait pas remarquer. Qui sanglotait quelques sourdes minutes pour laisser place à un silence plat. Le souffle d’un vent encore frais animait l’extérieur, alors qu’une fois propre comme un sou neuf, enveloppée dans une couverture à ta taille, tu laissais ta mère bien fatiguée te serrer contre son sein prêt à t’allaiter. Tu avais soif, ne te faisais pas prier, pour ensuite parcourir le visage lisse de cette femme encore loin d’être âgée. Tout était encore bien flou autour de toi. Tant que tu ne remarquais que les deux billes sombres de la jeune femme, ainsi que le sourire qui les bridait un peu plus. Puis tu t’étais endormie. Paisiblement. Quittant les bras de la femme pour lui permettre de se reposer. Pour qu’elle se laisse aller à une rapide toilette, grâce à l’eau présente dans l’âtre, récoltée non loin de là. Le temps un peu plus clément permettait la survie des plantes et la diversité des cours d’eau, ainsi que des animaux à chasser. Pour troquer peu après avec des journées plus difficiles pour le petit monde qui osait habiter là, dans cet extrême sud d’un quartier loin d’être prisé.

Maman était heureuse, avec toi à ses côtés. Tes petits yeux bleus la réconfortaient après des heures de souffrance pour te mettre au monde. Papa, lui, te regardait avec douceur à chaque fois, caressant ta petite tête aux poils frivoles. « C’est comme un rêve. » Tes petites pupilles si étincelantes, tu les tenais de papa. Tes petits cheveux quasiment invisibles, mais pourtant assez sombres, tu les tenais de maman. Ton visage également. Ton si doux visage. Côté prénom, tu le tenais de ta grand-mère. Un simple hommage. Il s’agissait d’une pauvre femme déjà morte. Une Perdue, asiatique – japonaise en précisant, dont seule elle pensait connaître sa malédiction. Violée, devenue mère malgré elle dans cette infamie qu’est Gefängnis, la mort s’est ensuite acharnée, ceci après la vie. Une attaque par derrière, dans ce monde de vicieux. Elle fut trop violente, et l’obligea ainsi à laisser derrière elle une triste femme, encore innocente, qui dû refaire sa vie, comme elle le put. Ce qu’elle fit aux côtés de ton père. Un Natif, tout ce qu’il y avait de plus normal. Délicat de dire s’ils étaient en parfaite osmose. Disons, assez pour faire un enfant.

C’était d’ailleurs dans cette atmosphère plutôt chaleureuse, dans cet environnement particulièrement froid, que bébé grandit et apprit. Que, toi, petit énergumène, tu grandis, inlassablement. Tu t’y dressais seule pour marcher,  tu y dis ton premier mot. Tu y perdis même ta première dent. Tu aurais pu être aînée, mais tu restas fille unique. Malheur de femme, maman t'avait dit qu'elle avait perdu bébé. Pas de petite sœur à tes trois ans - le sexe était reconnaissable. C'était donc dans l'ignorance que tu continuais de vivre. Avec pour seul rappel de cette enfant qui aurait dû vivre à tes côtés, son potentiel prénom.

Bonhomme de chemin. Tu n'apprenais qu'à vivre dans le froid. À chasser, pourquoi pas. Activités très prises à cœur, jusqu’à ce que tout finisse par manquer. Quand il a fallu te nourrir avec des aliments déjà difficiles à trouver pour tes deux parents quand tu n’étais pas encore là. Papa et maman comprirent qu’ils ne pourraient pas continuer à vivre ainsi, avec la petite fille que tu étais dans les pattes.

Ils t’aimaient, ça n’était pas dit méchamment. Mais telle était la vie. Ils ne pouvaient pas, pas maintenant que tu étais là. Papa devait trouver un moyen d’avoir des revenus importants. De pouvoir faire vivre sa famille comme il se doit. Il fallait trouver quelque chose de plus sophistiqué. Ils se devaient tous les trois de faire un effort immense. Il fallait s’en aller. C’était alors qu’à ton petit âge d’enfant, alors que tu n’avais que douze ans, tu disais au revoir à ces belles journées passées dans la toundra gelée pour aller t’acclimater autre part.

« On va où, maman ? »
« Quelque part où on vivra bien, avec Papa. »

Évidemment, ton petit caractère d’enfant t’obligeait à montrer ton mécontentement. Tu étais heureuse toi, parmi les animaux, la faible végétation de l’été, et la neige à foison ! Enfin, d’un autre côté, ça n’était pas toi qui décidais. Malheureusement.

Il vous aura fallu du temps, beaucoup de temps et de rations préparées à l’avance pour arriver à destination. Ils avaient prévu leur coup. Depuis des mois. Des années peut-être. Du sel, de la neige, pour garder chacun de vos bouts de viande et de poisson. Il vous aura fallu faire diverses pauses, parfois de quelques heures. D’autres fois de plusieurs jours. Une année entière pour arriver. Il faut dire que, même après avoir trouvé de l’aide, et donc un transport plus performant que vos jambes une fois dans le quartier Centrale, pour quitter les hauteurs de celui du Nord, il fallait être bien courageux.

Close. Enfin. Oui, c’était beau. Et tu étais heureuse d’y être enfin. Tu aimais bien marcher, mais le trajet commençait à être long. Au final, avec le temps, c’était insupportable. C’était là que vous commenciez à faire votre vie. Au bout d’un certain moment, et avec de la patience, ton père avait trouvé un travail pénible mais bien payé. Une fois votre maison au Quartier Noir habitée, vous avez pu recommencer à vivre paisiblement, en tant que sédentaires affirmés. Et toi, de tes yeux encore innocent, tu regardais les gens passer devant ton nez, au fil du temps. Tu n’en avais jamais vu autant. Avant, c’était à peine si tu voyais quelques loups par-ci par-là. Parfois un égaré, qui venait trouver refuge. Tu avais été seule. Très longtemps. Avec tes géniteurs pour unique divertissement. Pour unique compagnie. Mais, tu allais aussi vite comprendre que dans cette ville, il allait être bien difficile pour toi de trouver ta place. C’était l’un de ces endroits où l’on préfèrerait ta petite vie dans la toundra quasiment inhabitée, plutôt que cette communauté closienne où la survie était de mise. Mais tu étais innocente. Tu étais inconsciente. Ton teint de porcelaine laissait briller deux lumières bleues et parfaitement naïves. Jusqu’à ce qu’un drame survienne. Et qu’il ne te changeât, petit à petit.

Close. Toujours. Tu venais à peine de fêter tes quinze ans. Attention, mademoiselle était grande. « T’as vu Papa ? J’te paris que bientôt, j’vais te dépasser en taille ! » Mais, là était le vrai souci. Papa, qui souriait encore devant tes cabrioles et tes belles paroles, finit par tomber malade. La maladie fut fulgurante. Il n’avait pas attendu longtemps. En un éclair, il était parti, laissant derrière lui les deux seules femmes qu’il avait eu dans sa vie. Deux femmes qui cherchèrent alors à survivre, du mieux qu’elles le pouvaient. Ne pouvant pas l’assumer, elles fuirent cette terrible habitation, pour vivre dehors. À l’abri des regards, dans des endroits cocasses, incongrus, se faisant parfois agressées, parfois séparées et réunies de justesse. Volant pour survivre, après avoir usé des derniers sous qu’il vous restait. C’était là, que toi, petite chose, petit être décharné, tu changeais, en te refermant sur toi-même. Devenant progressivement sauvage, méfiante, craintive. Plusieurs mois après, des mois qui te parurent insupportables, ce que tu appelais un malheureux Salut vous tomba dessus.

Une maison. Une grande maison. C’était là que vous avait emmenées une jeune femme, prénommée Fabiola. Une très jolie femme, richement maquillée, aux allures dures et fermes. Pourtant, elle n’avait pas l’air méchante. Elle vous proposait de les rejoindre, sans expliquer ce qu’il se tramait ici. C’était plus que compréhensible. Dans cette salle où elle vous recevait, les femmes arrivaient chacune leur tour. Les habits mal remis, parfois déchirés, les cheveux décoiffés, la respiration même haletante. Certaines rigolaient, tout autour de vous, les murmures laissaient place aux vantardises.

Ta mère avait accepté. Tu avais fait de même malgré ses réticences. Elle ne voulait pas. Elle aurait préféré que tu vives ici sans supporter. Cependant, tu ne voulais pas rester ici sans rien faire. Tu voulais aider ta mère. Tu préférais pleurer avec elle plutôt que la consoler sans comprendre. Tu ne tenais pas à rester les bras croisés. Ah, malheureusement, tu n’avais pas compris, non.

Cette nouvelle vie ne te satisfaisait pas, n’avait pas les effets escomptés. Mais ta mère te rassurait, elle te disait que tu faisais de bonnes choses, que ça n’était pas mal. Que tu t’offrais au monde. Que tu t’offrais à ceux qui pourraient rendre un jour ta vie meilleure. Par un coup de pouce. Oui, Maman était optimiste. C’était aussi pour ça qu’elle restait forte. C’était pour cela que tu le demeurais avec elle. Mais tu avais mal. Tu attendais ce miracle. Alors que les jours, même les mois passèrent. Peut-être même plus. Pourtant, une seule petite fois déjà, longtemps avant tes dix-sept ans, longtemps avant aujourd’hui, tu avais craqué.

Tu avais pleuré. Puis elle était venue vers toi. Fabiola. Avec ses longs cheveux noirs, son air assuré. Elle t’avait fait asseoir, puis, caressant tes cheveux, avait clamé :

« C’est ça, le Clos du Lys. Il faudra t’y faire, gamine, si tu veux survivre. Elles sont toutes en galère ici, tout comme toi. Certaines sont là depuis des années. Toi, ça fait à peine plus d’un an. Ouvre un peu les yeux. Il n’y a pas d’avenir dehors pour toi. Ici, tu as à manger. Tu peux dormir. Alors, lève la tête et comporte-toi comme une femme qui s’assume. »

Dire qu’elle t’avait ouvert les yeux serait trop. Mais, disons que tu t’étais fait une raison. Et qu’aujourd’hui, même si la douleur était encore là, même si le dégoût était toujours présent, tu continuais. Laissant la gérante fracasser le nez du seul homme qui osait te violenter, toi ou même n’importe quelle autre femme. Tu te demandais souvent comment elle pouvait être aussi brutale. Peut-être était-ce la diplomatie de cet endroit. Ou peut-être était-ce la seule manière de se faire comprendre.

Encore aujourd’hui, tu continuais. Tu continuais cette descente aux Enfers, sans même te demander quand tu arriveras enfin au plus bas. Ceci, sans même espérer remonter de nouveau dans l’estime générale. Ni même dans la tienne.
Et tu vivais ainsi, désormais. En amante du monde.

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MessageSujet: Re: Yume ► Hello darkness my old friend, I've come to talk with you again. [finished]   Jeu 7 Aoû - 0:29

Bienvenue
C'était très agréable à lire! Tout est en règle, je vois un peu plus Fabiola comme une deuxième maman, un peu moins dure, mais de toute façon, le prédef est pas encore pris alors voilà, c'est le domaine public pour le moment. /meurt



Félicitation ! Pour ta validation, tu reçois 10 Gelds, 1 Haut-Fait et une Souricette afin de t'aider à survivre à Gefängnis. Tu peux maintenant aller t'aventurer au cœur de la prison à tes risques et périls. Pense à créer ta fiche de relations, ton inventaire et ton compte-rendu d'objectifs, qui t'aideront à gérer ton personnage.

Et surtout, amuse-toi bien ! coeur
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Yume ► Hello darkness my old friend, I've come to talk with you again. [finished]
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