Gefängnis



 

 
 « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Sam 9 Aoû - 1:54


Chaque Rencontre a pour Clé le Destin

« Pv. Oski Jeremiah. »

Une respiration de plomb. Un cœur afféré dans sa poitrine. Poitrine à peine rhabillée, alors qu’elle se permettait de grimacer. Une bretelle remontée, des lèvres rajustées d’un rouge singulier, des yeux tout de noir contournés. Et la jeune femme ne pouvait plus s’empêcher de soupirer, longuement. Voilà à nouveau un petit moment à passer dehors. Pourquoi ne pas s’en réjouir ? Car ça ne lui garantissait certainement pas qu’elle ne passerait pas encore un petit moment au lit, encore cette nuit. En tout cas, pas seule. Même si elle l’aurait grandement préféré. Quoi de mieux que de profiter d’une couche deux places seule quand on se retrouve constamment à s’y trouver allongée avec des personnes qu’on ne connaissait pas ? Elle ne les affectionnait même pas. Elle ne faisait que les satisfaire à l’aide un plaisir purement chimérique. Elle se complaisait davantage à passer ses griffes peintes vulgairement sur leur corps en pensant les affliger plutôt que leur faire croire que tes cris ne sont que de vulgaires orgasmes. Rien de plus faux que ces derniers. Rien de plus abrutissant que les relations dont elle était tristement affublée. Mais elle le faisait tout de même. C’était un contrat. Pas de sexe, pas de pain. Ni même de toit. Ce qui était loin d’être une mauvaise idée. Mais, peut-être aurait-elle pu interpréter un rôle plus sommaire ? Femme de ménage ? Bah, pas besoin de femmes de ménage, par ici. Il n’y avait que de cela, des femmes. Naturellement, elles s’occupaient de leurs affaires, alors, à quoi bond demander à une femme précise de débarrasser de la souillure de quelques culottes de dentelle ? C’était stupide. Futile. Tant qu’elle-même n’y avait pas pensé. Et pourtant, autant dire que cette jolie minette était d’un naturel très réfléchie. Il fallait dire que, si elle avait pu échapper à cette carrière d’une autre manière qu’en disons non, elle l’aurait fait sans plus tarder.

Allégeant ses lèvres foncées d’un surplus de maquillage, la femme aux âges encore fille peigna alors ses cheveux, délicatement, sans laisser filer une seule petite anglaise bien souple, à l’aide d’une vieillerie d’or de d’argent, parée d’une gravure stylisée. Le bordel avait beau marcher, l’or on pouvait s’en passer, non ? Même s’il fallait avouer que c’était au goût de quasiment toutes les filles. Cependant, la petite dernière pouvait toujours imaginer sa vie sans. Tout ça n’avait pas d’égal à la liberté. Son seul réel souhait, ceci avant tout l’argent du monde. Cela dit, il fallait bien avouer que, si elle pouvait se permettre d’avoir les deux en même temps… Elle ne dirait pas non. Parce que ce genre de choses ne se refuse pas dans un tel monde, certes. Mais aussi parce que maman pourrait vivre heureuse, et dans de meilleures conditions. N’est-ce pas, Yume ? La gentille Mama que tu adorais tant. Ah oui, elle se maudirait à la place d’un Perdu pour elle. Elle se tuerait ou tuerait quelqu’un si elle le lui demandait. C’était impossible pour elle de ne pas faire plaisir sa Mama chérie. Elle qui avait bien trop souffert et qui souffrait encore. D’un amant disparu, et d’un travail incongru. Tu voulais la soulever, l’emmener autre part. Dans votre maison, là-haut, dans le froid. Auprès du feu, avec un bouillon de lapin. Sur ses genoux, à l’écouter de conter de magnifiques histoires sur le Tertre Sacré, ou encore le Pont des Ombres. Tant d’histoires transmises, encore et encore, d’oreilles à oreilles, entre deux yeux écarquillés et quelques souffles retenus. Ah, oui, Mama. Raconte-moi une histoire, s’il-te-plaît.

« Allez Yume, dépêche-toi, ‘faut y aller ! »

La porte s’était ouverte, l’avait fait sursauter, rouvrir de petits yeux bleus désormais exorbités.  Elle avait eu peur. Pourtant, elle ressentait encore le fruit de l’angoisse ronger mollement ses entrailles.

« J’arrive... »

Ses yeux s’étaient retournés pour fixer cette main posée sur la coiffeuse, pauvre meuble assoiffé par le temps qui, sans fin, l’asséchait encore et encore. Attachant sa longue chevelure au milieu de ton crâne, petit bébé avait continué à se regarder un petit temps dans la glace, pour aviser les petites mèches à peine tortillées caressant son épaule. Nouveau soupir, avant qu’elle ne trouve le courage de s’approcher et claquer la porte derrière elle. Le tout avec énergie. Dévoilant déjà dans le couloir, puis dans les escaliers, une tenue avantageant sa belle poitrine, ses petites jambes alors agrandie par des talons inconfortables. Son teint du Nord embellie par un maquillage provocant mais encore jeune, frais et subtil. Oui, elle était belle. Putain, qu’elle était belle. Mais qu’elle l’ignorait. Qu’elle se détestait. Quelle sombre idiote faisait-elle. Les escaliers dévalés, elle avait donc regardé la cheffe avec intérêt, avant qu’elle ne sorte, accompagnée de toutes celles qui allaient devoir faire le sacrifice de servir de pancarte pour ce soir. Des endroits stratégiques, pourtant assez groupées, elles regardaient toutes les gens passer. Longuement. Certains les dévisageaient. Les critiquaient pour leur appartenance à une catégorie de pestiférés. Comme s’ils ne l’étaient pas eux-mêmes. Dans un regard bien insistant, posée contre les briques bien encastrées de la maison, la jeune femme finit par se redresser, en expirant un peu.

Le temps paraissait long. Le temps passait au ralenti. Cependant, au loin déjà, la lumière donnait place à une nuit écartée par quelques lampadaires. Sous cette ambiance assommante, l’adolescente était pourtant encore là, vieillie de peut-être deux ans tout au plus, au travers de ce maquillage charbonneux, sombre. Femme fatale, c’était ce qu’on pourrait penser d’elle. Voluptueuse, impressionnante, agressive, sûre d’elle. Oui, on pourrait le croire. Ah, qu’il fallait être fou pour penser une chose pareille de la part d’un être aussi incapable. Qu’il fallait se mettre le doigt dans l’œil pour songer ne serait-ce qu’un jour qu’elle devint seulement une femme « forte ». Non, ça n’était même pas ainsi que la pauvre fillette se voyait. Ça n’était même pas ainsi qu’elle pensait devenir un jour. Mais elle s’en donnait l’air, car son but était d’appâter. Son but était d’attirer. Son but était de faire marcher les rouages rouillés de cette entreprise douteuse. Alors, de ses gestes encore maladroits, elle se mettait à peine en valeur. Parce qu’un regard pouvait suffire. Et qu’au plus profond d’elle, l’apparence n’était pas la même que ce qu’elle dévoilait à l’extérieur. Non, elle était terrorisée. Comme d’habitude. Son palpitant ne cessait plus. Mais elle continuait. Pour ne pas laisser sa mère qui se trouvait dedans, certainement déjà avec un autre client.

Donc elle était là, elle attendait. Peut-être un peu trop… Alors que son poignet était pris d’assaut par une main rêche et sale. Tout ça sans qu’elle ne puisse réellement se reprendre. Personne n’avait vu quoique se soit. Son cri résonna seulement dans la paume de cet homme, alors qu’il l’avait lourdement plaquée sur le côté de la maison, dans la profondeur accablante d’une ruelle déjà bien étouffante. Son regard s’était rouvert sur lui et ses dents décharnées. Il allait lui fouler le membre. Il avait de la force. Il paraissait savoir se défendre autant qu’avoir le dessus. Ce qui n’était pas étonnant pour un endroit comme Close.

« Ose bouger et je te règle ton compte. »

Que quelqu’un vienne rapidement. Très rapidement ! Avant qu’il ne se dévoile trop entreprenant. Elle se débattait, cherchait à crier. Mais tel un serpent, coriace et expérimenté, plus elle cherchait à le faire lâcher prise, et plus il forçait, plus il l’enlisait. Et moins elle ne paraissait pouvoir bouger.

« Allez... Sois gentille… Je n’ai pas assez d’argent… Ce sera l’affaire de quelques minutes, ma jolie… »

Quelques minutes, qu’il disait. Quelques minutes, ça suffisait. Pour lui oui. Pour elle non. Elle ne voulait rien. Elle voulait qu’il s’en aille. Qu’il la laisse. Mais évidemment, c’était bien trop demandé et elle le savait bien elle-même. Se débattant encore, il finit par la coincer, se collant activement contre elle alors qu’elle criait encore dans sa main. Non, non pas ça. Elle ne voulait. Elle le sentait s’agiter. Commencer à enlever sa robe, arracher les bretelles, soulever le jupon, alors qu’il se permit d’emprisonner violemment ses jambes, les cuisses écrasées en-dessous de ses genoux, en les maintenant écartées. Insupportable. Une main sur ta poitrine, un rire gras et satisfait alors qu’il commençait à s’agiter davantage afin de sortir de quoi se satisfaire. Invivable. Dieu savait combien elle tentait encore de s’en échapper. En vain. La douleur était lourde. Tu ne voulais pas que ça arrive. Ça avait beau t’arriver plusieurs fois dans une même journée, non, non, maintenant, comme ça, tu ne le désirais pas. C’était encore plus humiliant. Ceci même si au fond, paradoxalement, tu n’avais jamais désiré de telles relations depuis ton arrivée au Clos. C’était donc là, que tu avais prié, trouvant enfin un moyen de lui faire enlever sa main, mordillant brutalement l’un de ses doigts alors qu’il grommela avec brusquerie. Voilà. Bon moyen pour se faire remarquer, sans même qu’elle ne hurle. Ainsi, tu priais encore, pour que quelqu’un vienne, apparemment totalement impuissante.

À l’aide…


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Perdu
avatar
Perdu


Feuille de personnage
ÂGE: 20 ans
OCCUPATION : Larbin au Clos
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 31/07/2014
MESSAGES : 46
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Sam 9 Aoû - 4:13



« Chaque rencontre a pour clé le destin. »
Le bras levé pour consulter sa montre cassée. Un réflexe qu’il n’avait pas encore eu le temps de perdre. Un soupir lui échappe alors qu’il observe longuement le cadrant brisé, espérant peut-être que les aiguilles finiraient par bouger. Les paupières qui se ferment en espérant que tout ceci ne soit qu’un mauvais rêve. Une douleur vive au poignet le fait revenir à lui et balaye ses espoirs. La blessure qu’il s’était lui même infligé avant d’arriver ici le faisait encore souffrir. Et si cette douleur ne suffisait pas à le réveiller, cela voulait tout simplement dire que ce n’était pas son imagination, mais bien la réalité. Pure et dure, aussi cruelle soit-elle. Il avait beau connaître parfaitement la vérité, ce dernier ne pouvait tout simplement pas l’accepter. Chaque jours - néanmoins, il n’en était pas sûr, lui qui avait déjà perdu la notion du temps -, il fermait les yeux, croyant qu’il finirait par se retrouver allongé dans sa chambre ou dans un lit d’hôpital. Qu’elle est belle la jeunesse. Si naïve.

Sans savoir exactement comment, le brun avait déduit qu’il errait dans cet étrange monde depuis plusieurs semaines. Deux voire même trois qui sait. Plusieurs semaines durant lesquelles il fut contraint de voler pour survivre. Ces semaines durant lesquelles il dut subir les regards emplis de curiosité, de dégoût et même parfois de haine. La plupart du temps, tout le monde l’ignorait et les rares personnes qui lui ont adressé la parole le surnommaient “le Perdu”. Jamais il n’aurait un jour cru qu’un surnom lui siérait aussi bien. Perdu, paumé, peu importe. Tous les synonymes convenaient, tant qu’ils définissaient un jeune homme dépassé par tout ce qui l’entourait. Avec ses vêtement sales et déchirés, bon à mettre à la poubelle. Ces poubelles auprès desquelles il dormait, faute d’avoir son propre toit pour s’abriter ou de quoi payer une chambre. Rien de bien luxueux, juste un lit où se poser et dormir convenablement. Histoire de ménager un peu son dos déjà bien assez douloureux. Oh, et puis un bon bain chaud ce serait le comble. Pauvre garçon, lui qui désire tout ce qu’un sans abri comme lui ne peut avoir.

Oui c’est cela, Oski anciennement gosse de riche est devenu un simple SDF que l’on préférait ignorer. Une vermine qui pillait les stands avant de prendre la fuite et fort heureusement, l’aîné des Jeremiah parvenait toujours à s’échapper. Le fait de voler ne lui plaisait pas plus que cela, mais que faire pour survivre sans une pièce de monnaie en poche? Le choix, il ne l’avait pas. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était s’adapter et peut-être attendre que son cauchemar se termine. Il avait quitté la place assise qu’il occupait dans un petite ruelle pour progresser lentement, dégustant le pain qu’il a réussi à subtiliser un peu plus tôt. Enfin, déguster était un bien grand mot. L’aliment avait pris la flotte, mais restait tout de même mangeable. Dans tous les cas, ce dernier n’était pas en position de se plaindre d’une quelconque manière. Le jeune homme progressait péniblement, boitillant et pensant tout haut. « Peut-être que je n’ai que ce que je mérite… Pas vrai…? » Dit-il, les yeux levés au ciel. Personne ne faisait attention au fait qu’il puisse parler seul et puis, lui savait parfaitement à qui il adressait ces fameuses paroles. Et il savait aussi qu’il n’avait aucune chance d’obtenir une réponse quelconque.

Alors il avançait de manière hasardeuse, la mine triste. Une pensée pour ses proches qui lui manquaient tant, un soupir montrant là toute sa lassitude. Son court séjour en enfer lui avait bien suffi. Ne pouvait-il pas tout simplement regagner sa chambre et reprendre le court de sa vie, aussi ennuyante soit-elle? Non, malheureusement non Oski. Ce n’était pas une option possible. Condamné à vivre dans ce monde qui t’étais inconnu. À toi de voir si tu t’y feras ou si te préféreras mettre fin à tes jours. Pour de bon cette fois-ci. Le brun s’arrête soudainement, intrigué par d’étranges sons lui parvenant logiquement aux oreilles. C’est sa curiosité qui prend le dessus alors qu’il décide de se rendre directement sur les lieux pour constater avec horreur ce qui se tramait à peine plus loin. Il fallait être idiot pour ne pas comprendre et fort heureusement, Oski ne l’était. Enfin, pas à ce point. Que faire dans un telle situation? Certains auraient tout simplement fui, fait semblant de ne rien voir, rien entendre. Heureusement pour la victime, le jeune Jeremiah faisait partie de la catégorie des personnes qui ne pouvaient tout bonnement pas rester là sans agir. Donc oui, on pouvait dire qu’il était là pour la sauver, en quelque sorte. Un peu comme Superman venant au secours de la belle demoiselle en détresse… Quoique, ce n’était pas vraiment comparable dans un telle situation.

De quel stratagème allait-il user pour sortir cette pauvre femme de cette situation? Attirer l’attention de ce porc en lançant un réplique cinglante? Trop facile. Oski, lui, avait choisi de s’élancer directement vers lui, le saisir au niveau des côtes et effectuer un plaquage. La chute fut évidemment douloureuse, Oski avait fait cela sur un coup de tête, sans réfléchir et était bien soulagé que le jeune femme ne soit pas tombée aussi violemment qu’eux. Quelle chance que son agresseur ne l’ait pas entraîné dans sa chute, pas vrai, jeune imprudent? Et puis pourquoi tu ne te concentres pas sur l’homme que tu as plaqué au sol plutôt que la jolie brune à moitié nue? Un peu plus de concentration et Oski aurait sans doute pu éviter ce coup violent qu’il venait de se prendre en plein visage. S’il n’avait pas été obnubilé par cette jeune femme, peut-être qu’il ne se serait pas pris autant de coup venant de l’autre porc. Lui qui ne se gênait pas de lui donner coup de poing, coup de pied tout en l’insultant de tous les noms.

Oski ne parvient même pas à se défendre, le corps déjà bien douloureux à la base qui doit encore supporter de nouveaux chocs. La vision trouble et un goût métallique dans la bouche. Le nez en sang et les membres douloureux. Et ça lui paraît si long alors qu’en réalité, cela n’a duré que quelques secondes, le temps qu’il se lasse en s’en aille sans manquer de proférer des menaces à l’égard de la brune. Il aurait bien voulu rester allonger ainsi, fermer les yeux et tout simplement se laisser aller. Pourtant, Oski avait eu la force de se redresser pour réduire la distance qui le séparait de la pauvre victime. Il avait posé son regard aussi rouge que son sang sur elle, la fixant longuement. Puis, un grimace alors qu’il essuyait le liquide chaud qui coulait de son pauvre nez meurtri. « Rien de cassé…? » Ou moins que lui. Le jeune homme avait alors commencé à observer attentivement la personne qu’il venait de sauver d’une manière pitoyable. Maquillage, vêtements qui auparavant, mettaient ses formes en valeur - difficile de mettre en valeur quoique ce soit lorsqu’ils sont déchirés -. Il en avait rapidement déduit qu’il s’agissait d’une prostituée. « Tiens... » Le jeune homme ne lui avait laissé le choix, déposant sa veste sur ses frêles épaules, histoire de la couvrir de serait-ce qu’un minimum.
ft. Yume  // Le Clos du Lys

© kristen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Sam 9 Aoû - 23:57


Chaque Rencontre a pour Clé le Destin

« Pv. Oski Jeremiah. »

Jamais elle n’aurait cru cela possible. Jamais elle n’aurait cru échapper à la vigilance du monde. Jamais elle n’aurait imaginé se retrouver ainsi. Elle qui aurait préféré rester dans la maison. Elle qui aurait largement préféré rester devant son reflet richement décoré. Ce reflet mis en valeur par la plus grande des beautés. Ce reflet qu’elle n’arrivait pas à égaler, pas même en réalité. Un sourire, c’était ce qu’elle lui avait esquissé, avant d’atterrir ici, dans cette ruelle malfamée. Mais elle se débattait, encore, elle se débattait. Elle s’acharnait, elle sentait qu’il faiblissait, elle sentait que ça l’énervait. Il revint à l’assaut, elle cherchait à le pousser, en vain. Et elle se remémorait, ce petit temps devant la glace. C’était paisible là-haut. Qu’il s’en aille. Qu’il aille s’en prendre à ces pimbêches un peu trop bourrées au bar. Celles qui la regardaient de haut en bas, puis de haut, rigolaient de son cas comme des gourgandines habillées en pradas. Elles lui souriaient comme de mauvaises teignes. L’obligeaient à partir avant que quelqu’un ne les vire. Elles le méritaient. Elles méritaient ces agressions, pour la honte qu’elles lui procuraient alors qu’elle se faisait la plus calme et effacée possible. Mais non, il suffisait qu’elle parle au tavernier. Il suffisait qu’elle remettre son jupon et qu’elle s’éternise à récupérer son argent tombé à terre, en courbant un peu trop son échine à leur goût. Mais là n’était pas le problème. Tu aurais préféré que ça le soit. Tu aurais préféré que ce moment n’existe pas. Mais il était toujours collé à la toi comme une vulgaire sangsue, en rigolant, sentant le rhum à plein nez. Il n’était pas saoul pourtant. Il parlait bien, avait l’air lucide. Ah, non, jamais elle n’aurait cru cela possible.

Jamais, au grand jamais, pas une seule seconde, elle n’aurait songé à ce qu’il venait d’arriver. Happée vers l’avant, dans une brusquerie qu’elle n’avait pas comprise, alors trop appliquée, les yeux fermés, à faire en sorte que le pire ne survienne pas. Elle avait apparemment réussi. Plus d’emprise malheureuse sur ses cuisses, plus de main sur sa bouche alors qu’elle laissait s’échapper un triste râle. Plus de paume crasseuse sur sa poitrine de femme, qui essayait d’égayer sans succès un petit bout de chair trop réservé. Elle sentait ses membres se crisper, alors qu’un raffut se levait tout autour d’elle, sans qu’elle ne puisse réellement comprendre d’où tout cela venait, ni même du pourquoi du comment. Ce n’était qu’en redressant son dos, tentant de couvrir mollement sa poitrine, qu’elle regardait la scène, posant d’abord sans crainte, seulement avec surprise, un première œil un peu désemparé sur le visage de celui qui semblait s’être interposé. Choquant son dos déjà un peu meurtri sur le mur plus fatigué de la maison, la jeune femme avait alors assisté à toute cette scène, reprenant ses esprits, grimaçant alors que l’autre pauvre jeune homme se prenait quelques peignées, çà et là. Il paraissait ne pas avoir remarqué les coups. L’autre avait fini avec quelques coups dans le ventre. Avant que proféré quelques noms d’oiseaux. Plusieurs menaces au compte de la jeune prostituée, peut-être même envers le garçon. Elle n’aurait su le dire exactement, elle n’avait pas très bien compris, à part qu’il allait revenir. En parlant au petit oiseau encore bien tétanisée.

L’adolescente aurait aimé que tout cela n’arrive pas, même maintenant que tout était passé. Le mal aurait été moins intense, autant pour elle, que pour son agresseur. Et surtout pour l’autre inconnu qui paraissait gigoter un peu. À ce moment précis, elle se demandait alors ce qu’il faisait réellement là. Alors qu’au même moment, il posait un regard bien singulier sur elle, qui lui fit froncer légèrement ses sourcils. C’était perçant. C’était surprenant. Pour une première fois, yeux dans les yeux… Cette première confrontation était autant surprenante, qu’intimidante et assez… Étrange. Tout ça à la fois. Tout ça, sans qu’elle ne sache comment réagir. Comment était-elle censée accueillir ce genre de retournement de situation ? Ça n’était pas comme si ça lui arrivait réellement souvent. Donc forcément, on pouvait bien comprendre que ça la choque. Il se rapprochait encore. Un peu trop. Animal emprisonné dans sa douleur, proie remplie de méfiance, elle se reculait un peu plus contre le mur, alors qu’il enlevait sa veste pour la lui prêter. Non, elle n’avait pas eu la lucidité de lui dire si tout allait bien. Elle n’avait même pas eu le courage de dire quoique ce soit, en réalité. L’adolescente ne pouvait pas se remettre aussi facilement alors qu’elle avait pertinemment compris qu’elle aurait été sur le point de se faire violer. Ah, si seulement Fabiola avait été dehors.

Se crispant davantage au contact de son vêtement un peu décrépi, la brunette s’était pourtant laissé faire, lui adressant bien plus qu’un regard de défiance. Elle lui criait presque des mots à l’aide de ses yeux. Des mises en garde, des gémissements torturés, tout en le frappant d’un sentiment de peur et de réserve assez intense. Elle n’était pas prête à parler. Pourtant, il fallait bien qu’elle dise quelque chose. Il fallait bien qu’elle s’active, il ne fallait pas qu’elle le laisse sur la touche alors qu’il venait tout simplement de sauver ce qu’il lui restait d’honneur. Une infime parcelle. Mais ce qu’il lui restait tout de même à cultiver. Et ça n’état pas rien à ses yeux. C’était tout ce qu’elle avait. Avec sa pauvre mère.
Il était temps pour elle de dire quelque chose. Et pourtant, elle n’y arrivait pas. Ses lèvres s’ouvrirent en cœur. Son cœur s’activait dans sa poitrine, alors qu’elle ne le lâchait pas des yeux. Un son paraissait sortir de sa gorge enlisée, alors qu’elle se tendait encore davantage. Détournant finalement son regard la tête inclinée vers le bas, elle avait alors soulevé ses genoux, ainsi pliés, avant de déglutir avec difficulté, glissant ses bras sur son petit ventre creusé, la poitrine encore bien proéminente malgré ses tentatives pour la dissimuler – il fallait dire qu’avec un tel habit, il était bien ardu pour elle de faire quoique se soit. Oh, et puis, à quoi bon. Avec ce qu’elle venait de vivre, avec le train de vie qu’elle subissait au Diable la pudeur, n’est-ce pas ? Ce que tu aimerais pourtant en être pourvue, en ce moment. C’était donc d’une voix à peine compréhensible, qu’elle se lançait d’une voix assez lasse.

« M-… Me-… Mer-… »

Elle n’arrivait à rien. Elle ne comprenait pas pourquoi, pourtant elle l’avait bien vu faire. La protéger, venir à son secours, comme l’aurait fait l’un des preux héros des histoires de lui racontait Mama. Mais non, en vain. Elle s’arrêtait là, espérant qu’il ait compris. Regardant le pavé sombre, sale et froid de la rue. Les yeux durement mi-clos. La mâchoire serrée, le cœur affairé. Les membres un peu tremblants. Trop dur dans une telle situation. Trop dur envers un inconnu qui paraissait aussi étrangement compatissant. Elle flairerait presque l’amadouement, par paranoïa. Ah, pauvre petite chose que tu étais, Yume. Oui, pauvre petite chose qu’elle était devenue. Si terne, si morne. Si bornée. Si stupide qu’elle n’en appréciait même plus l’importance même du mot vivre. Et celle de rencontre.

Ah, qu’est-ce que tu pourrais être sublime avec un sourire, chérie. Sûrement bien plus qu’avec un tel maquillage.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Perdu
avatar
Perdu


Feuille de personnage
ÂGE: 20 ans
OCCUPATION : Larbin au Clos
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 31/07/2014
MESSAGES : 46
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Dim 10 Aoû - 2:13



« Chaque rencontre a pour clé le destin. »
Tu parles d’un héros. Ou alors c’en était un bien pathétique. Quel genre de héros se faisait maltraiter d’une telle manière par un porc sans cervelle? Non, Oski n’en était pas un. Oski était un simple passant qui avait décidé de faire une bonne action, indigné par l’attitude de cet homme. Indigné que d’autres puissent laisser faire. Ça ne leur faisait donc ni chaud ni froid de voir une pauvre jeune fille - prostituée ou non - se faire agresser de la sorte? Non, ça devait être normal pour eux. Et c’est justement ce qui répugnait le jeune homme, ça et le genre d’ordure capable de briser une personne simplement pour son plaisir personnel. Alors oui, peut-être avait-il fait un héros bien pathétique, peut-être qu’il s’en était pris de bonnes dans la face, mais cela ne changeait rien au fait qu’il soit heureux d’être passé par là à ce moment précis. À peine plus tôt, ça aurait été pas mal. Cela aurait évité à la jeune fille de se retrouver aussi peu vêtue. Elle qui semblait encore sous le choc. Lui qui comprenait parfaitement, après ce qu’il venait de lui arriver.

Un contact visuel, lui plongeant son regard d’un rouge brillant dans les iris d’un bleu profond et magnifique que possédait la jeune inconnue. Peu après, il avait donc décidé de s’approcher, la questionnant sur son état et lui offrant son misérable vêtement. Enfin bon, c’était déjà mieux que rien. Oui, Oski ne roulait pas sur l’or, elle devait sans doute déjà l’avoir deviné avec son apparence négligée et ses vêtements usés. Ce dernier attendait toujours un réponse de sa part concernant son état, tendant en même tant de déchiffrer cet étrange regard qu’elle lui adressait. Méfiance, sans aucun doute. Mais, il y avait autre chose. Et ça malheureusement, le brun ne parvenait pas à le trouver.

L’aîné des Jeremiah ne se gênait pas de la fixer, pas le moins du monde. Elle paraissait tellement fragile et inoffensive alors que lui était assez loin d’être une personne timide. Alors ce n’est pas un face à face avec une pauvre femme meurtrie qui allait l’intimider. C’est elle qui finit par rompre le contact visuel, sans que cela n’étonne son sauveur. Et lorsqu’elle détourna son regard, lui ne put s’empêcher de baisser le sien au niveau de sa poitrine nue et de déglutir brièvement. Pouvait-on réellement lui en vouloir? C’est un homme après tout. Puis, ce n’est pas comme s’il allait lui sauter dessus et reprendre là où l’autre avait commencé. Ce n’est qu’en l’entendant bafouiller que ses yeux se posèrent à nouveau sur son visage méfiance. Oski la fixa un long moment, sans un mot. Puis, lui accorda un sourire qui se voulait rassurant, bien que son regard ne soit posé sur le sol. « Tu devrais rentrer. C’est dangereux ici. » Prostituée ou non, après une chose pareille, elle avait bien le droit de se remettre de ses émotions pas vrai?

« Puis, il risque de revenir. » Il espérait vivement que cela n’arrive pas. Ce serait bien problématique, surtout qu’il y avait de grandes choses qu’il revienne armé pour prendre sa vengeance. Régler les comptes à cette putain peu coopérative et ce gamin stupide qui aurait mieux fait de se mêler de ce qui le regarde. Même si cet homme semblait n’être qu’une ordure frustrée, il ne fallait pas prendre ses menaces à la légère. Et puis, Oski s’était déjà pris une bonne raclée, plus douloureuse qu’il ne le laissait paraître et il ne tenait vraiment pas à retenter l’expérience. De toute manière, le plus important était qu’elle s’en aille d’ici et qu’elle échappe aux menaces de son agresseur. Lui eh bien… Il allait se débrouiller. Personne ne se posera vraiment de questions s’il disparaissait soudainement sans explication. Le jeune Perdu tendit une main vers la jeune fille, s’attendant à ce qu’elle s’en saisisse afin de se relever et qu’elle puisse s’en aller. Alors que lui restait assez réticent à l’idée de la laisser partir seule. Et si cela se reproduisait? Non tout de même pas, il faudrait qu’elle soit vraiment malchance pour que cela lui arrive deux fois en l’espace de quelques minutes.

Et alors jeune homme? Tu ne serais pas entrain d’oublier quelque chose d’important? Mais si bien sûr, les présentions. Bien qu’il doute que la jeune inconnue ne soit vraiment intéressée par le prénom d’un sans abri grasseux comme lui. Il l’avait sorti d’un mauvais pas, certes. Mais, le jeune Jeremiah a été traité comme un déchet durant plusieurs semaines, alors il s’attendait à ce qu’elle fasse pareil, bien qu’il lui soit venu en aide. Enfin, présente toi quand même, c’est la moindre des choses. « Ah et mon nom c’est Oski. » Elle pouvait rire si elle voulait, lui faire remarquer que ce n’était qu’un prénom d’oiseau. Au moins, il avait une réelle signification et il n’allait sûrement pas renier ce nom donné par ses parents.. Sa famille… Qu’il ne reverra sans doute jamais… Non Oski, ce n’était pas le moment de déprimer. Range cet air triste et sourit pour cette pauvre fille qui venait de vivre une expérience traumatisante.
ft. Yume  // Le Clos du Lys

© kristen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Dim 10 Aoû - 3:46


Chaque Rencontre a pour Clé le Destin

« Pv. Oski Jeremiah. »

Un héros ne restait-il pas un héros, qu’importaient les outrages faits à même son corps ? Tant qu’il sauve la veuve et l’orphelin. Tant qu’il se précipitait tête baissée face au danger pour affronter les pires des démons ? Peut-être ne sauvait-il pas une simple femme ici. Peut-être était-il entrain d’aider une pauvre gamine, une pauvre trainée qui déambulait un peu trop sur les trottoirs, mais il l’avait fait. Il avait frappé, il avait fait ce qu’il avait eu de mieux à faire. Quoique, non. Il aurait très bien pu faire comme tous ceux qui auraient eu la chance ou bien malchance de les surprendre. Détourner le regard, parfois sourire, mais toujours s’en aller sans penser à venir en aide à qui que ce soit. C’était ce qu’il aurait dû faire. Car oui, ici, il était normal qu’une femme se fasse agresser dans la rue. Enfin, non, mais disons que les infractions de ce genre étaient monnaie courante dans le coin. Même s’il y avait bien pire que le viol. Surtout pour une prostituée, entre nous. Mais, autant ne pas penser à ce genre de chose. Cela ne faisait que l’aigrir un peu, alors que la pauvre jeune fille s’enlaidissait déjà bien assez d’un terrible masque de défiance. Parce qu’elle ne voulait pas être surprise, qu’elle préférait rester sur ses gardes. Son sourire ? Quel sourire. Elle n’avait jamais de sourire. Elle n’allait pas s’en permettre un maintenant. Il pouvait toujours aller se coucher tôt. Malheureusement pour lui, même avec cela, il n’arriverait jamais à obtenir ce genre de choses d’elle. Pas même un rictus de reconnaissance. Une petite chose de rien du tout. Quoi ? Pourquoi pas ? Allons… Pourquoi se contenter d’un faux sourire, de quelque chose que bien triste, quand on pouvait avoir la vérité et se satisfaire de l’honnêteté d’un comportement réservé, fragile et distant ? C’était tout de même mieux que la voir se forcer, n’est-ce pas ?

C’était donc en gardant cet air fuyant qu’elle l’écoutait, encore te encore. Rentrer ? Elle le devrait effectivement. S’il comptait peut-être revenir ? C’était plus que certain qu’il viendrait la reprendre un jour dans cette ruelle sombre pour continuer ce qu’ils avaient commencé. Il était encore plus sûr maintenant que si elle ne faisait pas plus gaffe, elle finirait avec une gorge tranchée. Il était trop probable que toutes ces petites choses arrivent un jour. Mais il était tout de même moins qu’elle se fasse ravoir de la sorte en si peu de temps. Non, désormais, la tension était à son comble, tant qu’elle se méfiait même de son pseudo-héros. Tant qu’elle le regardait à nouveau dans les yeux avec une intensité qui voulait tout dire. Qu’elle ne pouvait pas être touchée. Qu’elle ne voulait pas l’entendre dire quoique se soit de mal placé. Qu’elle ne désirait en tout point ne pas le voir déposer son regard sur ses courbes de femme. Ou bien, seulement quand elle avait gentiment le dos tourné. Enfin, métaphoriquement parlant. Sinon, il ne verrait pas grand-chose, effectivement. Dans un regard plus léger, alors que paradoxalement, et malgré sa garde très défense, il paraissait captiver davantage le peu de confiance qu’elle peut accorder une tiers personne, elle l’analysa alors encore de fond en comble, tandis que son œil aiguisé s’arrêtait encore sur dans le sien. Et elle le regarda, un certain moment alors qu’elle ne pouvait plus s’empêcher de se demander pourquoi il avait fait cela.

Ça n’était pas commun, encore moins pour un sans abri. Ces derniers étaient connus pour être des bons à rien sans grande importance. Ce qu’elle ne cautionnait pas, étant donné qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de repenser à ces longs moments de désespoir passés avec ça mère, dehors, auprès des poubelles, après la mort de son paternel. Oui, elle semblait l’avoir compris. Qu’il s’agissait de quelqu’un qui, soit, était un peu fou, soit quelqu’un d’extrêmement rare : une bonne personne. Ou bien, il pouvait aussi être ce qu’on appelait communément un… Perdu. Quelque chose de ce genre. Ce genre de petit gars qui n’était certainement pas le bienvenu dans ce genre de monde, et qui fonce tête basse sans faire attention aux problèmes qu’il encourait. Ce genre de personne qu’était sa grand-mère, apparemment. Une vieille femme que la prostituée n’avait pas connue, accablée par un assassinat injustifié. Peut-être était-il de cette espèce que tout le monde disait inférieure ? C’était donc à ce moment prévis qu’elle commença à s’intéresser à lui. Il paraissait assez sensible et perturbé par les événements, lui aussi. Était-il arrivé il y avait peu de temps ? Peut-être bien. Jamais elle n’avait osé demander à Fabiola comment était ce genre de personne à leur arrivée ici. De toute manière, tu n’avais su que par l’intermédiaire de tes collègues particulièrement bavardes qu’elle faisait partie de ceux qui étaient si mal vu en ce monde. Même si, en soi, ça n’était pas non plus les pires. Puis, dans le fond, maintenant qu’elle en voyait un, quel était la différence qui les jugeait comme êtres inférieurs ? Ils n’étaient pas habillés de la même manière ? Elle ne comprenait pas. Ah, de toute façon, entre nous, elle ne voulait pas comprendre, voilà tout.

Une main se dirigeait vers elle. Lui demandait à être prise. L’appelait avec douceur, alors que la brune se trouvait encore sur le sol, bien pitoyable. Elle tremblait encore un peu, le sol était gelé. Le pavé lui donnait froid. Le mur faisait également grelotter ses petites épaules, tant qu’elle remettait convenablement la veste du jeune homme pour finalement se permettre de prendre sa main. Après une très longue hésitation. Après avoir très largement regardé ce membre, cette simple paume qui s’offrait à elle, qui cherchait encore une fois à lui venir en aide. Une fois la tienne en contact de celle un peu froide et sale du garçon, elle se permit donc se forcer sur le corps presque entier du pauvre homme, pour se relever avec gravité, petit à petit. Reprenant de volée son haut déchiré, elle se permit de faire un nœud rapide, léger, mal fait donc, pour cacher la misère, et sa féminité, avant de lâcher aussitôt la main du garçon en baissant ses yeux avec rapidité. Autant ne pas insister. Elle n’était pas ce genre de personne qui appréciait se plonger dans le regard des autres trop longtemps non plus. Si ça n’était pas pour montrer ce qu’elle ressentait, alors, ça n’était pas réellement la peine.

« Merci. »

Ceci après un raclement forcé de gorge. Il fallait bien s’éclaircir un peu la gorge, tout de même. C’était gage de clarté, de franchir et de politesse, disait-on chez elle. Ainsi donc, elle le regardait à nouveau, alors que dans un sourire, il lui dévoilait en quelques mots son prénom. Ah, que dire maintenant ? Elle n’aurait vraiment su le dire. Mais elle ne voulait pas lui dévoiler son identité. À quoi bon ? Déjà beaucoup de monde le connaissait par ici. Notamment beaucoup d’hommes. Pourquoi en rajouter un autre à la liste ? Parce que tu étais une gentille personne, Yume. Parce que, même si tu faisais ton effarouchée, pour le moment, tu lui étais entièrement reconnaissante pour cela. Et que dans ton état normal, tu seras entrain de pleurer son Salut en remerciant le jeune homme, d’un sourire brillant de mille et un éclats. Mais, plus maintenant, jeune fille. Non, plus maintenant.

« Y-Yume. »

C’était le seul mot qu’elle avait dit du premier coup, alors. Puisqu’elle n’avait pas su dire merci comme il aurait été bon de le dire la première fois. Ah, ça va, au moins, elle connaissait encore assez son prénom pour le dire à un inconnu quelconque dans la rue. C’était déjà une bonne chose, elle n’était pas encore réellement un cas social. Puis, en le regardant, ne sachant trop quoi dire pour le moment, elle fronçait les sourcils, avant de le regarder à nouveau, de haut en bas, calmement, déjà un peu plus apaisée, alors qu’elle finissait par dire enfin, en tout autonomie.

« Viens. Suis-moi. »

Où ça ? Bah, d’après vous. Non non, on retourne dans cette ruelle et on reprend cette jolie scène de viol tous les deux comme s’il ne s’était rien passé ! Franchement. Pauvre jeune fille. On lui en faisait déjà voir de toutes les couleurs, épargnons-la encore un peu maintenant. Et donc, dans ce gage soudain de bonté, elle se mit à marcher, patiemment, comprimée contre elle-même, les épaules relevées, pour contourner et retourner à l’entrée du Clos, alors que les dernières filles elles-mêmes commencer à trouver à nouveau refuge dans l’immense habitation. Ce qu’elle commença donc à faire à son tour, alors qu’elle l’accompagnait discrètement dans le salon de thé, après avoir fermé la porte derrière lui. Tout ça en jetant quelques coups d’œil sur lui sans trop réellement s’y attarder.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Perdu
avatar
Perdu


Feuille de personnage
ÂGE: 20 ans
OCCUPATION : Larbin au Clos
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 31/07/2014
MESSAGES : 46
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Dim 10 Aoû - 23:59



« Chaque rencontre a pour clé le destin. »
Heureusement qu’il n’attendait rien en retour, sinon cela ne ressemblerait plus du tout à une bonne action. Bon, cela ne voulait pas non plus dire qu’il refuserait de quoi se remplir la panse si elle le lui proposait. Du moins, le jeune homme rejetterait difficilement son offre. Peu importe. De toute manière, elle ne semblait pas lui être vraiment reconnaissante. Juste méfiante. Et oui jeune homme, tu n’étais pas dans un conte de fée. Tout ça n’allait pas se finir par un baiser de la belle princesse en guise de récompense. Dommage. Vue l’enfer où il était tombé, ce sera bien trop beau pour être vrai. Reste positif jeune homme, cette bonne action te permettra peut-être d’atteindre le paradis lorsque tu en auras fini avec ce monde. C’est sans doute ce qu’il aurait pensé si Oski était un croyant, or ce n’est pas le cas. Et cela même avant son malheureux accident. C’est plus facile de croire en une personne qui vous offre des cadeaux tous les ans qu’en un homme tout puissant qui ne faisait rien pour apaiser la douleur de sa propre création.

Enfin bon, ce n’était pas le moment de déverser sa rage sur le bon Dieu. C’était un moyen comme un autre d’occuper son esprit en attendant les réponses de la jeune fille. Ou bien une réaction quelconque de sa part. Un rejet, une fuite improvisée, peu importe. Ce silence et ce manque d’action étaient assez pesant. Elle n’était pas muette, alors ce serait bien si elle pouvait lui laisser entendre le son de sa voix. Ce qu’elle fit finalement après avoir saisi sa main et s’être remis sur pied. Et la première chose que le jeune homme pensa est… Qu’elle était si légère. Comme une plume. Mais il ne fit rien, quoiqu’il se contenta d’arquer légèrement ses sourcils. Oski avait ensuite posé son regard sur cette main qu’elle avait lâché tout de suite après. Soit elle était timide, soit elle trouvait que ce n’était pas agréable de toucher la main d’un sans abri comme lui. Sale et si négligé. « Yume... » Ce n’est pas que le prénom lui semblait familier, juste qu’il en connaissait la signification de celui-ci. Et ça ne lui rappelait que trop bien sa mère qui était d’origine japonaise.

Il n’avait rien dit de plus, s’interrogeant sur la manière qu’elle avait de la regarder. Elle devait le jauger, peut-être qu’elle se moquait intérieurement de son état déplorable. Oui, il était un peu paranoïaques sur les bords, mais il n’a été traité que de cette manière depuis son arrivée ici, alors ce serait étonné que cela change maintenant. Oski s’attendait sûrement à un sourire moqueur ou une autre chose dans le même style, mais non. Yume lui proposa simplement de la suivre. Et jeune Jeremiah ne cacha pas sa surprise alors que pourtant, il lui emboîtait déjà le pas. « Où ça? » À lui de se méfier cette fois-ci. Elle qui semblait au départ si peu confiante lui imposait presque de la suivre. C’était plutôt louche et pourtant, Oski ne pouvait s’empêcher de la suivre. Il n’avait nulle part où alors ça n’avait pas d’importance s’il se perdait à nouveau.

Le brun n’avait pas dit un mot durant le trajet, trop occupé à jeter des coups d’oeil par-ci par-là, tentant de deviner si c’était un piège ou non. Et puis de toute manière, ce n’est pas comme s’il avait grand chose à lui dire. Allez seulement engager la conversation avec un jeune fille qui a bien failli se faire violer et que vous avez sauvé in extremis. Ce n’est déjà pas la plus confortable des situation alors si en plus c’était à lui de faire un effort pour discuter… Mais peu importe. Le jeune homme tenta tout de même de dire quelque chose alors qu’elle refermait la porte derrière. « Yume… C’est ça? Tu as un parent japonais? » Une réponse négative serait plus que surprenante. Mais là où il se trouvait en ce moment même, dans ce monde qui lui était inconnu, Oski devait s’attendre à tout.

Ce dernier s’intéressa plus attentivement à ce qui l’entourait, cherchant à savoir où il se trouvait exactement. Levant la tête vers le ciel, jetant des regards à droite et à gauche, il voulait aussi s’assurer qu’il n’y avait aucun danger. On ne pouvait pas lui en vouloir de se montrer méfiant, pas vrai? Mais bon, s’il lui arrivait quelque chose, il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même. On lui avait mainte et mainte fois répété qu’il ne fallait en aucun cas suivre un inconnu. Et qu’est-ce qu’il venait de faire là? Pourtant, Yume lui semblait si inoffensive… Elle ne semblait pas capable de lui faire le moindre mal et Oski se serait montré bien plus méfiant en d’autres circonstances. Mais on ne pouvait pas nier que ceux-ci étaient très… Très spéciales.

« Où sommes-nous exactement? » Et surtout, que cherchait-elle à faire en l’emmenant ici? Elle aurait aussi très bien pu repartir seule et laisser ce clochard à son sort. En tout cas, c’est ce à quoi le jeune homme se serait attendu de la part de n’importe qui. Oui, parce qu’Oski savait. Il savait parfaitement qu’il n’était pas le bienvenue. Il savait pertinemment que personne ne voulait de lui ici.
ft. Yume  // Le Clos du Lys

© kristen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Lun 11 Aoû - 3:28


Chaque Rencontre a pour Clé le Destin

« Pv. Oski Jeremiah. »

Un regard furtif sur les alentours. Passant dans l’entrebâillement donnant à une nouvelle pièce, après cette grande avenue principale, voilà une arrivée directe sur le salon de thé. Là où, à cette heure, il y avait un monde fou. Tout le monde se regardait, se jugeait, consommaient quelques mets délicats de toutes les saveurs, des quatre coins du monde. Du moins, des quatre coins de Close. Traversant cette grande pièce, elle regardait alors un vieille homme, d’une manière assez compréhensible, alors qu’elle l’avait senti attrapé son jupon, la retenir et passer une main en dessous celui-ci. Et malgré cet air assez peu emballé, le pauvre gars continuait son ascension, caressait sa cuisse avec allégresse. Tout ça avant qu’elle n’arrête tout, rattrape les pants de sa robe courte, et ne continue sa traversée semée d’embûches, suivie, elle l’espérait bien, du jeune homme qu’elle n’avait sûrement pas semée. Une fois arrivée dans une petite salle isolée, bien éloignée, cet endroit où l’on se permettait une petite pause, elle lui laissa donc, d’un regard, faire comprendre qu’il pouvait mettre son quartier sur la petite table là-bas, où trônait deux petites chaises. Par la suite, elle s’était permise de sortir deux petites tasses, sans anse, puis y verser directement le thé présent dans la théière encore chaude. Quelqu’un venait de passer pour le faire. Il respirait la menthe. La jeune femme se délectait alors de ce doux parfum, ni trop fort, ni trop faible, avant de poser son regard sur le jeune homme, puis s’approcher, se pencher, déposer les petits récipients, garder le sien à proximité puis s’asseoir en face de lui. Lui accorder un regard ? Elle lui avait fait. Pendant quelques courtes secondes, alors qu’elle l’avait baissé sur la nappe sombre, sans chercher à dire quoique ce soit, pour commencer. Que pouvait-elle lui sortir ? Ah, mais, il lui avait demandé plusieurs choses déjà. Un détail qu’elle avait, effectivement, totalement oublié. Le scrutant donc, à nouveau, alors qu’elle remettait son thé sur le meuble plat à pieds, le dos bien redressé, elle avait fini par dire, peut-être même pas le dixième mot de la soirée :

« Ma grand-mère… Était… Une Perdue japonaise. Et, elle s’appelait Yume… »

Même là, malgré cette impression de légèreté et de femme sûre d’elle, elle n’arrivait pas à faire cette phrase correctement.  Elle qui était censée être le petit être de tes parents adorés. Le petit être qui leur avait fait comprendre, dans le froid, que la chaleur de deux amants finissaient toujours pas succomber et fabriquer le bonheur. Bonheur qu’elle n’était censée devenir.  Ah, franchement, Yume. Quelle pauvre gamine. Certainement un peu trop perdue. Tant qu’elle gardait à nouveau les yeux baissés, en déglutissant un peu. Les voilà rentrés. En sécurité. Il n’avait pas sauté sur l’occasion pour faire de bêtises. Et donc par la suite, elle redevenait cette gamine encore sauvage qui ne savait pas émettre un son sans bégayer. Pauvre petit être que tu étais, Yume. Pauvre petit Rêve souillé, qui avait perdu le sens même de son origine fantastique et agréable. Tu n’étais plus que le début d’un cauchemar, quelque chose de bien triste, quelque chose de bien noir. Quelque chose que personne ne voulait connaître. Surtout, qu’apparemment personne sauf les plus fous désiraient sortir d’un mauvais pas. Ah, triste chose qu’était ta vie de prostituée. Considérais-tu cet être en face de toi comme un demeuré ? Pour t’avoir aidé, oui. Car ça n’était pas normal, dans ce monde. Ça n’était pas normal pour elle, en sachant que même Fabiola n’aurait pu venir l’aider. Si elle avait pu, l’autre aurait pu continuer sa route et jamais elle n’aurait fait plus attention à elle. Jamais elle n’aurait eu affaire avec lui. Maintenant, elle se trouvait à avoir quelque chose à lui rendre. Elle lui en devait une.

Quelle étrange sensation. Toi aussi tu trouverais ça bizarre, Mama.

Cette sensation d’être considérée. Car au final oui, s’il l’avait sauvée, c’était bien parce qu’il avait cru qu’elle en valait la peine. Sans réellement faire attention à ce qu’elle était, ce qu’il se passait. Son instinct avait parlé ? Il fallait bien croire. Quelque chose qu’elle allait se permettre de remercier également. Encore heureux qu’il eut été ce qu’il était. Quelqu’un qui n’avait pas froid aux yeux. Alors que pourtant, ici, tout le monde était plus ou moins gelé. Un raclement de gorge signifiait sûrement, peut-être, probablement, qu’elle allait se mettre à parler. Pourtant, rien, pendant un moment qui fut sans aucun doute décisif. Puisque prise par le silence trop prenant, trop pesant, l’assénant d’une pression monstre alors que l’on pouvait entendre un cri de libération dans les alentours, assez sourdement :

« Nous sommes au... Au Clos Du Lys. »

Il devait forcément connaître. Ses petits yeux ne lui avaient encore rien dévoilé ? Sa raison ne semblait pas pouvoir marcher ? N’était-ce qu’une raison pour la faire parler ? Pour espérer qu’il ne parle pas à un muet ? Ah, oui mais non. Il n’avait peut-être rien vu. Il se croyait sûrement dans un pub. Parce qu’il n’avait pas vu ce qu’il allait alors se produire, assez rapidement. Les cheveux décoiffés, un rire un peu niais, une respiration profonde. Un corps légèrement dénudé, mal rhabillé. « Oh Yume, tu n’as pas v-… » Un regard vert qui faisait le tour de la table, en souriant bêtement, pour regarder le garçon présent avec elle. Elle l’interrogeait. Qui s’était, hein ? Hein jeune fille ? Elle ne devait pas poser de question. Ce qu’elle lui fit comprendre en esquissant un faux sourire, alors que sa collègue acquiesçait d’un hochement de tête. Patiemment, baissant les yeux, se faisant alors jeune fille effacée, elle avait attendu que l’autre ne s’en aille après avoir pris ce qu’il lui manquait dans un placard, le tout dans un rire encore bien bête, pour finalement relever son regard sur le jeune homme. Il devait forcément avoir compris, maintenant. Sinon, il était encore bien plus perdu qu’elle ne l’aurait imaginé. Il était totalement paumé, tant que ça en devenait incorrigible. Dans un haussement d’épaules incontrôlé, mais aussi discret que son image, l’adolescente avait laissé voguer son regard autre part, toujours plus bas, avant de répliquer avec gravité :

« Cet endroit… Est… Là où je travaille. »

Triste vie, oui. C’était bien ce qui avait été dit il y avait peu. Si bien qu’elle se permettait de soupirer assez énergiquement. Première chose qu’elle n’avait pas hésité à faire aujourd’hui. La seconde, étonnamment, fut de resservir du thé mentholé au jeune homme qui n’en avait plus. Qui en était démuni. Tout comme de la veste qu’elle avait encore sur les épaules. Et qu’elle finit par lui tendre en s’en rappelant.

Dans ce même geste, forçant malgré elle un contact visuel, une demande fut lourdement proférée :

« Et… Et toi ? De… D’où t-tu viens ? »

Simple, clair, précis. Ou presque. Un peu trop hésitant, en sachant qu’elle fuit aussitôt son regard, une fois le vêtement redonné, pour se resservir un peu du liquide encore brulant dans Madame Théière.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Perdu
avatar
Perdu


Feuille de personnage
ÂGE: 20 ans
OCCUPATION : Larbin au Clos
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 31/07/2014
MESSAGES : 46
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Lun 11 Aoû - 22:07



« Chaque rencontre a pour clé le destin. »
Effectivement, le jeune homme n’avait pas encore compris, malgré la scène qui s’était déroulée sous ses yeux alors qu’ils suivaient la jeune fille. Un homme la tripotant sans gêne, aucune réaction de la part de qui que ce soit. Oski en déduit alors que c’était normal. Et puis, la brune était une prostituée après tout. Il s’était alors installé, attendant patiemment et observant Yume s’activer pour lui offrir du thé. Il n’avait pu s’empêcher de sourire, se rendant compte qu’en plus d’être affamé, il mourrait de soif. Alors oui, un peu de thé ne serait pas de refus. Et celui-ci n’était pas mauvais en plus. Le brun s’était empressé d’en boire quelques gorgées avant de se concentrer à nouveau sur la jeune prostituée qui répondait à sa question. « Je vois. C’est un beau prénom. » Dit-il en se concentrant sur sa tasse. Beau, surtout quand on en connaissait la signification. Le jeune homme avait rapidement terminé son thé malgré la chaleur, cherchant sans doute à soulager sa gorge sèche.

S’amusant brièvement avec son récipient vide, Oski attendait une réponse à sa seconde question. Jusqu’à ce qu’un cri ne lui parvienne aux oreilles et qu’il sursaute légèrement. Instinctivement, il avait jeté quelques regards autour de lui, sachant pertinemment que le son ne venait pas d’ici. Ce dernier avait alors soupiré, secoué légèrement la tête sans se poser plus de question et se rappelant que Yume devait encore répondre à sa question. Elle lui avait donc donné un nom qui ne lui revenait pas. Le Clos du Lys. Non, il n’en avait jamais entendu parlé jusqu’à maintenant. Cela montre à quel point le brun n’est qu’un pauvre gars paumé qui n’a rien à faire ici et qui ferait mieux de retourner dans sa chambre à rien foutre de ses journées. La belle vie comparé à ce qu’il pouvait bien vivre ici. « Jamais entendu parlé... » Et du coup, allait-elle le prendre pour un bouffon?

Au départ oui, Oski pensait se trouver dans un pub et s’était demandé pourquoi elle l’y avait emmené. Mais, lorsqu’une jeune femme mal habillée pénétra dans la pièce, Oski posa naturellement son regard sur cette dernière et fit marcher ses neurones pour faire preuve d’un minimum de logique. Il se trouvait dans une maison close. Bravo mon garçon, ce n’était pourtant pas si dur à le comprendre n’est-ce pas? Sans un mot, ce dernier avait attendu que l’autre parte avant de s’intéresser à Yume qui reprit la parole. Là où elle travaille, oui, il avait fini par comprendree. Et s’était contenté de hocher légèrement la tête en expirant profondément. Que dire? Rien. Il n’y avait rien à dire. Quoique, peut-être serait-il bon de la remercier alors qu’elle venait de le servir une nouvelle fois. Et c’est ce qu’il fit, naturellement pour reprendre la tasse en main et en boire le contenu. Alors que Yume avait décidé de s’intéresser un peu plus à lui en le questionnant sur l’endroit d’où il venait.

Le jeune Jeremiah avait naturellement avalé sa dernière gorgée avant de lui répondre. « Je viens d’Angleterre. » Il n’était pas sûr qu’elle connaisse, ce serait même peu probable. C’était difficile à admettre, mais Oski devait accepter le fait qu’ils se soient retrouvé dans un tout autre monde. Ou bien une île inconnue, quelque chose dans le genre. Dans tous les cas, il ne pourrait pas expliquer lui-même comment il était arrivé ici. Raison de plus pour croire que ce n’était qu’un rêve. Un peu trop réaliste à son goût, avec toutes les douleurs qui vont avec. Notamment lorsqu’il s’est fait rouer de coups quelques minutes auparavant. C’était assez douloureux mais bon, il avait déjà connu pire. « Tu ne dois pas vraiment connaître. Ça n’existe pas ici d’après ce que j’ai pu comprendre. »

« Pourquoi tout le monde m’appelle “le Perdu”? » À la longue, cela devait assez irritant. Surtout qu’ils disaient tous cela comme s’il s’agissait d’une insulte. Bon, il était vrai qu’Oski était assez paumé ici, mais un peu d’aide serait très apprécié. « Je ne sais même pas où je suis et comment je me suis retrouvé ici. » Dit-il en haussant légèrement la voix et tripotant nerveusement sa tasse. Oski voulait des réponses, c’était naturel. Même si en réalité, ce dernier souhaitait juste rentrer chez lui et retrouver sa famille qu’il n’avait pas vu depuis bien trop longtemps déjà. Inspire, expire, il tente de garder son calme et ferme ses paupières un instant. Pour souffler longuement et reposer son regard sur la jeune prostituée. « Ah et… Pourquoi tu m’as emmené ici? » Tu poses trop de questions mon garçon.
ft. Yume  // Le Clos du Lys

© kristen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Mar 12 Aoû - 1:07


Chaque Rencontre a pour Clé le Destin

« Pv. Oski Jeremiah. »

Ses mains tremblaient, portant ces dernières sur le récipient dans lequel elle trempa naturellement ses lèvres. Fatiguée, mon bébé, tu es fatiguée, il serait temps pour toi de sommeiller. Tu râpes et  dérapes, ne te laisse pas faire. La fatigue enlisait ses muscles fatigués, après une aussi dure journée. Quelques clients, une agression, un vêtement déchiré, et elle te retrouvait là, dans ce tout petit salon, à parler à ce que tout appelait un Perdu. Perdu.  L’était-il autant qu’elle ne s’avouait malheureuse ? Jamais elle n’irait crier sur tous les toits que la vie menée ne lui plaisait pas. Mais elle se contentait plutôt de le faire comprendre, d’une manière où d’une autre. Un regard figé, plissé, qui scrute l’horizon, en quête d’une nouvelle maison. Un endroit pour dormir, pour manger. Un endroit pour sourire, pour songer. Pour grandir et pleurer. Pleurer sur le triste sort qu’avait été le destin. Celui qui t’avait fait naître dans les cimes, celui qui t’avait fait déménager dans cet Enfer. Celui qui t’avait obligé à poser une patte maladroite dans cette Maison. Celui-ci même qui t’avait fait rencontrer cet homme. Et désormais, qu’allait-elle devoir en faire ? Pourquoi lui, et pas un autre ? Ou même une autre ? La pauvre gamine était frustrée, regardait autre part, réfléchissait, ne faisait pas attention à lui. Ses pensées, terribles pensées particulièrement pensées, un air assez crispé. Persévérant dans sa folie, elle s’était levée. Redressée, se servir un nouveau thé, l’engloutir, expirer. Recommencer à se faire bien discrète. Nerveuse ? Peut-être un peu. Après tout, que pouvait-elle faire ? Dire ? Silence pesant. Voilà ce qui la dérangeait. Voilà ce qui la malmenait. Le malaise d’un silence de plomb. Comme dans un triste sommeil, personne ne parlait. Comme prisonniers dans leur tombe.  Puis il avait fini par briser ce léger silence, suivant ta demande. En réalité, ça avait à peine duré, mais une petite seconde était déjà une difficulté.

La jeune femme s’était calmée. Le regardait à nouveau, fronçait un sourcil. Angleterre ? Angleterre. C’était un assez drôle de nom pour un endroit. J’habite en Angleterre. Ça sonnait maison. Ça sonnait Toundra. Ça sonnait chez toi. L’adolescente déglutissait, le regardant toujours de cet œil bleu bien poudré de noir, alors qu’elle réfléchissait. Cela voudrait-il dire que le Perdu était… Angleterrien ? C’était bien étrange. Tout comme son apparition ici. Un grincement, récurrent, la fit lever les yeux, avant qu’elle ne les redescende sur le jeune homme en démontrant un apaisement futile, les épaules moins rehaussées, elle se permit de poser les avant-bras sur la table circulaire, avant de bâiller un peu. Fatigue, fatigue, tu étais fatigué, petite Yume. Ses paupières mouvant leurs longs cils avec la lenteur d’un papillon, glissant sa paume sur sa lippe habillée de rouge, elle finit par regarder à nouveau le jeune homme sans s’excuser.

« N-non… »

Troublée. Elle ne connaissait pas. Elle était endroit. Elle ne venait pas de là-bas. Ça n’existait pas chez eux. Chez Yume, il n’y avait que des quartiers. Nord, Sud, Est, Ouest, Central. Puis, naturellement, il y avait Close, au centre de toute cette histoire. Au milieu de cette grande prison. Affolant ? Sachant que toute cette espèce de terre était en réalité les barreaux de chaque individu, il avait de quoi s’inquiéter un peu. Du moins, pour les Perdus, seulement. Parce qu’ils n’avaient pas connu que cela. Tandis que toi, petit être décharné, tu ne voyais pas le bout de ton nez. Ce bout de chair exténué n’avait vu que la neige et les hommes. Elle n’avait senti que le froid et le parfum insupportable de l’eau de Cologne. Qu’elle aimerait sentir autre chose que l’homme qui transpire…  Resservant naturellement le jeune homme, elle l’avait regardé assez longtemps, alors qu’il paraissait lui poser une question un peu trop logique à son goût.

« Parce que c’est ce que tu es. »

Perdu. C’était logique comme « classe », pour les définir. Après tout, s’ils avaient droit d’être surnommés par un adjectif, c’était bien parce que, dans la logique même de l’adjectif, il les qualifiait comme il se devait.  N’était-ce pas totalement naturel donc, de les surnommer comme cela, d’un côté. Les Perdus. Peut-être aurait-il préféré « Le Paumé » ? Ou bien « Le Errant » ; « Le Vagabond ».  Sans égocentrisme – ça n’était tristement pas son défaut premier, elle aurait tout préféré ici à prostituée. Jusqu’à s’appeler la Clocharde. Native ? Où voyiez-vous une Native ? Elle n’était qu’une catin aux yeux de n’importe qui. Cette jolie dame aux cheveux d’ébène, bouclettes agréables au toucher, dont on pourrait abuser une, deux, trois fois après avoir donné ce qu’il fallait pour. C’était bien cela, le travail de la gamine. C’était cela, qu’importe sa jeunesse. Elle gardait toujours une majorité sexuelle probante aux yeux d ce monde pourtant sans foi ni loi. Tant qu’à presque seize ans déjà, Elle commençait à fréquenter des hommes d’une quarantaine d’années, en laissant faire le temps avant qu’ils ne s’en aillent.

« Tu es à Gefängnis. »

Léger silence. Elle le regardait à nouveau. Continuait de plus belle, après avoir longuement déglutit.

« Ce… D’après… Mama… C’est là où sont les gens… Qui ont été envoyés après… Avoir été… Maudits… »

C’était bien cela. Maudit par une tierce personne. La putain avait bien retenu sa leçon. Autant dire qu’avec sa défunte grand-mère comme Perdue, elle en avait entendu parler par sa mère. C’était bien plus que logique encore. Parce que le bébé Yume avait toujours été très curieux, ce qu’il était encore, dans tous les cas. Haussant les épaules, elle l’avait donc regardé avec plus d’insistance, apparemment plus intéressée par son cas. Il ne savait rien savoir. Peut-être même encore moins que la jeune femme, qui ne connaissait pourtant pas plus de choses que cela. Elle ne savait que cela, en réalité. Il fallait dire qu’elle avait d’autres choses à tergiverser, entre nous. Elle avait d’autres choses à faire. La plupart du temps, survivre, ramener de l’argent, servir à quelque chose, ne pas trop se laisser marcher sur les pieds, les garder en même temps sur terre ; tant de petites tâches à accomplir afin de survivre. Un processus, ma foi non sans peine et c’était très ressenti. Puis vint alors une dernière question. Du moins, elle l’espérait, intimement. Elle n’était pas réellement friande des interrogatoires. Un regard à nouveau imposé, alors qu’elle l’avait baissé sur ses ongles peints de rouge, avant de mordiller un peu ses lèvres, dans un tracas, puis laisser disparaître, la lèvre supérieure lui volant la vedette. Oui, c’était bien vrai, pourquoi l’avait fait, Yume ? Avait-elle ressenti le besoin de lui rendre la pareille ? Elle lui en devait une, de toute manière. Et donc ? Dis-lui, répond-lui, petite chose ! Ce qu’elle fit alors qu’en reprenant son air de fille sérieuse. Croisant les jambes, gauche sur droite après droite sur gauche, elle avait répondu, rebaissant bien brutalement les yeux :

« P-… Parce que… Je… Je pensais… Essayer de t’aider… Ce, c’est le seul endroit que je connais… Où je pensais que… T’aider serait possible… »

C’était surtout le seul endroit où l’adolescente connaissait quelqu’un. Ah, moi qui essayais de te rendre plus imposante, impressionnante, à travers des mots… Tout cela ne faisait presque que te ridiculiser. Elle avait réfléchi, tout de même. Il y avait bien le Paon Pervers, là où tu allais souvent, mais la taverne n’avait sûrement pas d’endroit pour l’héberger assez longtemps. Le temps qu’il trouve ses repères, se fasses tristement à ce vaste emprisonnement, pour qu’il puisse retrouver l’indépendance qu’il avait dû cultiver durant toute sa jeunesse.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Perdu
avatar
Perdu


Feuille de personnage
ÂGE: 20 ans
OCCUPATION : Larbin au Clos
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 31/07/2014
MESSAGES : 46
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Mar 12 Aoû - 1:56



« Chaque rencontre a pour clé le destin. »
Effectivement, elle ne connaissait pas. Et ça ne l’étonnait pas le moins du monde. Non honnêtement, le contraire l’aurait surpris. Tu te rends compte maintenant à quel point tu étais loin de chez toi? Dur de l’admettre. Quasiment impossible à l’accepter. De toute manière, il n’avait pas trente-six solutions. Soit il s’adapte, se fait à cette nouvelle vie, soit il met fin à ses jours. Sans échouer cette fois-ci de préférence. Après un haussement d’épaules, il dit: « Bah, ça ne m’étonne pas. » Combien de fois a-t-il demandé à quelqu’un où il se trouvait et comment il pourrait retourner chez lui, en Angleterre? Et combien de fois lui avait-on répondu que ça n’existait pas ou regardé avec dédain? On a sans doute dû le prendre pour un fou à un moment ou un autre. Ou juste pour un “Perdu”, comme ils disaient tous. Comme si c’était normal d’appeler une personne ainsi. Irritant et vexant, voilà ce que c’était. Il avait juste l’impression d’être une chose sans intérêt.

« Ce que je suis? » Il ne comprenait pas. Certes, Oski devait encore trouver ses repères en ces lieux qui lui sont inconnus, mais ce n’était pas très courtois de l’appeler de cette manière. « Chez nous, on utilise plutôt “Monsieur” et “Madame” pour parler de personne qu’on ne connaît pas. » Sauf que tu n’étais plus chez toi, pauvre homme. Et il faudra t’y faire rapidement si tu tiens à tenir plus d’un mois ici. Parce qu’il risquait déjà de se faire découper en morceaux après avoir sauvé la peau de la brune. Oh non, détrompez-vous, il ne regrettait pas son geste. Juste que les menaces de l’agresseur n’étaient sans doute pas à prendre à la légère. Oski fronça alors légèrement les sourcils, lassé par cette façon qu’avaient certains de l’appeler. Et le fait que ce soit tout à fait normal pour Yume.

Bon, il n’allait pas lui en vouloir non plus, elle qui ne semblait lui vouloir aucun mal et être une fille plutôt sympathique. Quoique fortement timide et méfiante. C’était mieux que de faire confiance à n’importe qui. En plus, elle répondait à ses questions, la première à avoir vraiment pris la peine de se faire. Elle lui avait donné le nom qu’il donnait à ces lieux, un nom qu’Oski ne cherchera pas à prononcer pour le moment, sachant parfaitement qu’il n’y parviendrait pas. « Alors… J’ai été maudit…? » Ça lui semblait tellement improbable, digne d’un film d’action Hollywoodien. Sauf qu’Oski n’est pas le héros d’un film, juste un sans abri qui ne comprend rien à ce qui lui arrive. Il parut pensif un instant, sourcils froncés. Puis, ce dernier avait laissé échapper un léger rire, qui n’avait rien d’un rire amusé. Et il dit dans un murmure: « Impossible… » Ou improbable, tout ce que vous voulez. Bientôt, il rouvrira les yeux et se retrouvera dans son lit. Si seulement….

Et au lieu de s’attarder sur une chose qui lui paraissait si absurde, le jeune homme préféra passer à autre chose, changeant lui-même de sujet. C’est ça, retarde la chose. Viendra bien un moment où l’on remettra cela sur le tapis, ce sera peut-être même toi qui abordera le sujet. Le brun froissait son vêtement déchiré de ses doigts, resserrant toujours un peu plus son étreinte sur celui-ci. Le regard ancré sur le liquide qui remplissait sa tasse. Un regard qu’il releva brusquement vers la jeune prostituée lorsqu’elle accorda une réponse à sa dernière question. L’aider? Sérieusement? Oski n’en croyait pas ses oreilles. Quelqu’un souhaitait donc lui apporter son aide? Étonnant, oui. « M’aider comment..? » Peut-être qu’elle l’avait prise en pitié en ayant remarqué que ce n’était qu’un vulgaire sans abri. « Ah si c’est pour rembourser ce qui s’est passé tout à l’heure… Tu n’as pas à te sentir obligée. » C’était peut-être ça aussi. Rien à voir avec la pitié. Mais comme dit plus haut, c’était une bonne action et si Oski attendait quelque chose en retard, ça n’en serait plus une.

Ce serait bête de refuser une telle offre pourtant. Elle qui cherchait sans doute à te trouver un toit. Au fond, tu serais prêt à accepter, toi qui en avais assez de dormir sur le sol froid, dur et si sale. De trouver refuge près des poubelles et autres. Gros changement pour un gosse de riche, sans doute un peu trop brusque. « Je ne te demanderai rien en retour. » Pourquoi? Parce que tu es stupide? Parce que tu es un homme bien? Va savoir. Oski lui-même pencherait pour la première option.
ft. Yume  // Le Clos du Lys

© kristen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Mer 13 Aoû - 2:34


Chaque Rencontre a pour Clé le Destin

« Pv. Oski Jeremiah. »

Combien de fois avait-elle prié le bon Dieu pour qu’il lui rende son père ? Combien de fois avait-elle seulement espéré qu’il eût en effet survécu et qu’il ne fût pas réellement parti rejoindre grand-mère au Paradis. Du moins, s’il en existait un. Oui, combien de fois avait-elle espéré ? Combien de fois avait-elle pleuré ? Elle ne comptait plus les désillusions. Elle ne comptait plus non plus le nombre de fois où sa mère déjà éplorée avait dû la consoler. Parce qu’elle était égoïste, aussi Yume. Elle pleurait toujours plus que les autres. Sa faute ? Non, et alors ? Pour elle, c’était insupportable, déraisonnable. Elle ne pouvait pas en supporter davantage. Sa personne était pour elle le pire des sacrilèges. Ah oui, elle était horrible, terrible avec elle-même, et peut-être serait-il temps pour elle que quelqu’un ne la secouât un peu pour toutes les insanités qu’elle pouvait songer à son égard. Parce que cela restait futile, qu’il y avait de quoi se sentir stupide. Mais elle était là. Et elle continuait à faire profil bas. Toujours aussi bête, aussi peu prête à se montrer comme elle s’avouait réellement être. Elle qui était si douce au naturel. Si gentille, si serviable, si agréable. Si attachante. Si belle… Ah oui, qu’elle était jolie quand elle ne se méfiait pas des gens. Quand elle pouvait se montrer délicate et protectrice. Quand personne n’essayait de la surprendre dans la rue. Quand personne ne cherchait à la violer dans un coin bien sombre non loin de l’endroit où elle vivait. Où elle survivait, pardon. Où elle cherchait encore sa place. Malgré elle. Malgré toutes les petites chances qu’elle pourrait avoir. Ah, elle en avait peu. Comme celle de pouvoir écoute ses amies, être la confidente de quelques tracas. Bien sûr, elle était le dernier recours, la plupart du temps.

Mais c’était ainsi qu’elle vivait. En se souciant d’elle-même à l’extérieur. En se souciant des autres à l’intérieur. Elle ne faisait que cela. Elle s’avouait d’une tendresse presque inavouée. D’une soumission forcément compréhensible pour le coup, mais on étai tout de même loin de douter qu’elle ne se laissait pas autant faire. Petit bébé savait dire non à papa-maman intimidants. Cependant, là n’était pas le sujet de conversation. La jeune fille n’était pas le centre de tout intérêt. D’ailleurs, le plus important ici était bien l’homme qui se trouvait en face de d’elle. Et ce n’était pas elle qui s’en allait dire le contraire. Il était intriguant, avec son histoire. L’Angleterre… Madame Monsieur. Oh ? Mais enfin…

« Nous aussi… O-on dit ça… »

Elle était un peu désœuvrée. Il n’avait pas l’air réellement enchantée et elle comprenait bien. C’était certes un adjectif plus appréciable que certains autres, mais ça n’était pas non plus le meilleur. C’était comme quand on appelait un chien. Eh le chien ! Ça n’était qu’un simple exemple, étant donné que le garçon était loin de ressembler à nos amis canidés, mais, si un prénom était donné à cet animal, alors, pourquoi le nommé le chien ? Avouons par la suite qu’il était plus facile de distinguer les Perdus des autres, grâce à cela. De la discrimination ? Sûrement. Pas pour elle. Cela était une manière de plus pour elle d’en aider quelques uns. C’était toujours mieux que rien. Elle qui ne faisait jamais réellement attention à une quelconque distinction… Enfin, il fallait bien comprendre le fait qu’un tel surnom n’était pas le plus agréable à entendre et elle le concevait.

« Je suis… Je… Désolée… C-ce n’est pas moi qui choisi… »

Encore heureux que ça n’était pas toi ! Sinon, on était tous foutus ! Non, réellement, qui voudrait de la jeune fille en haut de l’échelle sociale ? Faible, fragile, influençable, fatiguée, prostituée. Tout pour déplaire cette pauvre gamine. Tout pour rester une simple tête insignifiante de la plèbe. Comme à sa bonne vieille habitude. Si c’était mieux ? Je veux mon n’veux. Il ne manquerait plus qu’elle eût de l’importance quelque part et c’était fichu. Non, autant qu’elle restât fade et morose toute sa vie. Au moins, il n’y avait plus d’intérêt direct à sa vie, il n’y avait que du mépris et l’attente perpétuelle d’un simple miracle.

Là était arrivé le temps du malheur. Oh, maudit ? Oui, il l’était devenu. Il le demeurait. Il l’était à jamais. Il ne pouvait pas faire autrement malheureusement. Elle aurait apprécié l’aider, lui dire comment retrouver cette famille qu’il avait perdu et qui l’avait perdu. Pourtant, manque de bol, elle ne connaissait pas et doutait même qu’il y eût un jour une sortie pour les Perdus, à Gefängnis. C’était le genre de prison où on rentrait pour ne plus jamais ressortir. Peut-être la seule qui fonctionnait ainsi. La seule qui était aussi vaste et aussi habitée. Puis, aussi habitable. Où régnaient tristesse, résolution, révolte et décadence. Inégalités ou autres discriminations étaient de mise, il fallait bien l’avouer, elle n’allait pas le cacher. Elle vivait dans une autre ère, ou même l’esclavage était encore supporté. Là où les êtres chimériques ne cessaient jamais de prendre pour leur grade. Toujours attrapés, persécutés, étranglés, opprimés, torturés. Très peu considérés. Si elle en avait déjà vu une ? Absolument pas, mais la curiosité dont elle était faite lui disait souvent que ceci pourrait s’avérer être une très bonne expérience.

« Il… Faut croire que si… »

Si, c’était possible, et elle faisait déjà une tête de chien battu alors qu’elle baissait ses yeux plissés. Oui, c’était bien malheureux, c’était terrifiant, tant qu’elle ne savait trop comment réagirait-elle à sa place. Ah, il suffisait de savoir comment elle ferait si elle était séparée de sa mère. Ah, non, finalement, elle s’en passerait. Oui, elle ferait très, très bien sans. Et le voilà maintenant qui demande à la pauvre putain comment elle pourrait l’aider. Ah, elle avait bien sa petite idée. Sinon, elle ne lui aurait pas demandé de venir. Elle fit comprendre donc, d’un seul regard, qu’elle ne se sentait pas obligée. Que ça lui faisait plaisir. Ses yeux en pétillaient à l’avance. Mais elle ne souriait pas. Non, toujours pas, même pas un simple rictus, quelque chose de faux. Trop honnête pour mentir sur son état. Mais pas assez pour proférer des paroles bien plus conséquentes quand quelque chose était en jeu. La vie de quelqu’un oui, ce genre de choses la faisait réagir. Même une personne qu’elle ne connaissait pas. Yume était comme ça, effectivement. Et voilà qu’elle entendait la voix d’une femme, assez chaleureuse, mais tout de même énergique, puissante, s’approcher d’ici.

« Attend-moi là, je reviens… »

C’était donc là qu’elle était partie. Sans rien dire d’autre. Elle avait l’air de reprendre du poil de la bête, après ce triste regard qu’elle avait asséné à son interlocuteur. Assez sûre d’elle, assez enthousiasmée malgré toutes les paroles qu’elle avait dit avant, et toutes les pensées qui l’avaient assaillie. Une allure plus démonstrative, très certainement. Maintenant qu’elle avait enlevé ses grands talons qui lui donnaient peut-être dix centimètres en plus. Et qui lui bousillaient le pied aussi, au passage, mais ça n’était qu’un détail. La même voix forte s’élevait davantage, plus dure et plus bruyante. « Qui t’a fait ça, Yume ?! » Mécontente. Une jeune femme fraîche, forte, mature, mais mécontente. C’était bien ce qu’elle était. C’était bien pour cela qu’on la redoutait et la respectait. Du moins, pour ce qui était des clients. Les filles avaient davantage cette impression de douceur, quelque chose d’agréable, de maternel. Elle allait lui expliquer. Ce que la brunette faisait. Pendant que cette voix s’avançait vers le pauvre garçon, lentement, lentement, quoi qu’encore cachée dans le couloir dissimulé au loin. Alors que celle déjà plus douce, qu’il connaissait un peu désormais, lui disait qu’elle avait quelque chose à lui montrer. Quelque chose d’assez important. Ainsi, rapidement, rapidement, elle était arrivée, c’était arrêtée, l’avait regardée, de ses yeux clairs et parsemés. Un silence s’était attardé. La pression était montée. « C’est qui lui ? » Elle avait l’air, disons, surprise ? C’était tout naturel. C’était ce qu’apparemment, Yume avait cherché à faire, certainement pour calmer sa folie furieuse. En ébullition ? Un peu. Elle était du genre active. Faire perdre la tête, tant qu’elle était prête à faire de même avec le jeune homme en face d’elle, le fixant d’un air très méfiant.

« Je vais t’expliquer, Fabiola… »

Son air lui fit comprendre que, oui, il vaudrait mieux pour lui. Parce que, évidemment, il y avait très peu d’êtres masculins qui passaient par ici. Très peu d’hommes qui arrivaient jusqu’à cet endroit. Pour ne pas dire aucun.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Perdu
avatar
Perdu


Feuille de personnage
ÂGE: 20 ans
OCCUPATION : Larbin au Clos
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 31/07/2014
MESSAGES : 46
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Mer 13 Aoû - 22:58



« Chaque rencontre a pour clé le destin. »
« Non évidemment, ce n’est pas toi. » De toute manière, elle n’avait pas le profil pour imposer quoique ce soit à… Qui que ce soit. Cela pouvait paraître un peu dur et pourtant, c’était la vérité. Et la dernière chose à faire serait de mal le prendre. Enfin, ce n’était pas vraiment une mauvaise chose en soit, bien qu’il serait préférable qu’elle apprenne à s’imposer comme il se doit. Ça lui évitera peut-être de se faire agresser à chaque coin de rue. Ça lui aurait peut-être permis de rester un peu plus sur le sujet de la malédiction si celui-ci l’intéresser. Sujet qu’Oski avait mis à la trappe en quelques secondes, préférant converser d’autre chose. De ce qu’elle comptait faire pour lui. Yume lui avait simplement fait comprendre qu’elle le fera tout de même, quoiqu’il en dise. Alors il ne dit rien et se laissa surprendre par cette voix puissante qui retentit. Et se tourna vers la brune qui lui faisait déjà dos et quitta la pièce.

Inutile de préciser qu’Oski se retrouvait une nouvelle fois complètement paumé, n’importe qui l’aurait deviné sans difficulté. Ce dernier ne bougea donc pas, tapant des doigts nerveusement sur la table, cherchant à s’occuper jusqu’au retour de la jeune prostituée. Occupant la même occasion son esprit en se plongeant finalement un peu plus sur ce qu’elle lui avait dit. Pourquoi se trouvait-il ici. Maudit par qui, par quoi, pourquoi? Enfin, tout cela lui paraissait bien trop étrange et il n’avait pas pour habitude de croire à tout ce qui touchait à la magie ou au surnaturel. Et cette histoire de malédiction ne tenait pas debout à ses yeux. Pourtant, le jeune homme s’y attardait encore, avait l’air pensif, ailleurs. Jusqu’à ce que cette même voix ne lui parvienne à nouveau aux oreilles et qu’il sursaute à nouveau.

Et devant lui se tenait une femme qui avait l’air bien peu commode. Déjà rien que sa voix imposante ne rassurait pas le jeune Jeremiah, mais les traits durcit qu’elle arborait n’arrangeaient rien du tout. La bouche légèrement entrouverte, ce dernier ne quittait pas la nouvelle venue des yeux alors que Yume cherchait à lui expliquer la situation. Fabiola? Et c’était qui? Sans doute une femme très respectée. Peut-être crainte. « Je dois être ce qu’on appelle… Un Perdu. » Pas à l’aise. Pas à l’aise du tout. Il fallait le comprendre, il était entouré de deux inconnues, dont une plus si inconnue que ça mais bref. « Mais mon nom c’est Oski. Oski Jeremiah. Et je viens d’Angleterre. » Et tout au fond de lui, il espérait qu’au moins une personne connaissait son pays. Bien que ce soit peu probable. Pourtant, il ne devait pas être le seul dans ce cas là, à avoir été soi-disant maudit.

Oski avait vécu une journée bien mouvementée, bien qu’elle ne soit pas encore terminée. Il avait fait une bonne action en sauvant une jeune fille d’une tentative de viol in extremis. Bon, en contre partie il s’était pris plusieurs coups, mais au moins, ce dernier avait une chance d’avoir un toit, bien qu’il soit temporaire. Du moins, c’est ce qu’il avait cru comprendre. Et maintenant que cette Fabiola était arrivée, le jeune homme appréhendait un peu la suite.
ft. Yume  // Le Clos du Lys

© kristen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Natif
avatar
Natif


Feuille de personnage
ÂGE: 17 ans
OCCUPATION : Prostituée
ADHÉSION : Aucune


INSCRIPTION : 01/08/2014
MESSAGES : 63
HAUT-FAITS : 1
SEXE : Féminin

MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   Dim 17 Aoû - 23:28

RP terminé ! ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: « Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]   

Revenir en haut Aller en bas
 
« Chaque rencontre a pour clé le destin. » ▬ Oski [Finished]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Chaque chose à sa place pour s'y retrouver plus vite
» ✰ Le Destin réunit parfois deux amants, simplement pour qu’ils se déchirent.
» Accord : " Un avenir pour chaque postier "
» [Projet à l'étude] Fabrication plaque numérotée pour chaque voiture
» Produits Aphogee pour cheveux très abimés

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-