Gefängnis



 

 
 Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume
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MessageSujet: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Mar 19 Aoû - 22:58



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Il ne saurait dire le nombre exact de jours depuis lesquels il se trouvait là. Une dizaine peut-être qui sait, Oski n’avait pas compté. Le Clos du Lys était devenu un refuge pour ce pauvre Perdu qui serait éternellement reconnaissant envers Yume et Fabiola qui lui avait permis de séjourner ici. Oui, tout ça malgré les tâches ingrates qu’on pouvait lui donner à faire. Le malheureux ne pouvait refuser et c’était son seul moyen de paiement en échange de l’hospitalité de la proxénète. Oski n’avait rien, pas de boulot, donc pas d’argent et logiquement pas de toit lui appartenant. Et si pour éviter de dormir dehors près des poubelles il devait répondre aux caprices des prostituées, le brun n’allait pas se montrer bien difficile. Les tâches n’était pas forcément dures, mais disons que celles-ci n’étaient pas reposantes non plus. Oski le exécutait pourtant toujours sans réellement broncher.

Et puis, il réfléchissait au fait de trouver un vrai boulot afin de pouvoir vivre de lui-même. Et ainsi cesser d’abuser de la gentillesse d’autrui. Ou de la pitié, qui sait. Cela lui importait bien peu désormais. Avec le temps, ce dernier avait fait connaissance avec quelques personnes travaillant au Clos du Lys, plus particulièrement Yume. Oui vous savez, la jeune fille qu’il a sauvé in extremis d’une agression? Il n’avait pas de raison particulière pour s’être rapproché d’elle plutôt qu’une autre. Quoique, c’était tout de même grâce à cette dernière qu’Oski avait un toit en ce moment, bien qu’il soit provisoire. Naturellement, ce dernier était plus à l’aise aux côtés de la jeune prostituée qu’une autre personne se trouvant au Clos.

C’est d’ailleurs pour cela qu’un beau jour, il s’était intéressé à son état, lui avait demandé ce qui n’allait pas. Oski n’était pas bête ni aveugle, ce dernier avait bien vu que la prostituée n’était pas dans son assiette. Sans aucun doute à cause de son boulot. Évidemment, elle lui avait dit que tout allait bien, avec ce faux sourire qui se voulait rassurant. Comment le savait-il? L’habitude et l’expérience. Lui-même faisait exactement pareil. Yume lui avait dit qu’elle sortait un moment, sûrement pour décompresser un peu. Et Oski, n’ayant plus de corvée à faire décida de l’accompagner. Une façon comme une autre de découvrir quelques recoins de Gefängnis, histoire qu’il ne se perde pas à chaque sortie qu’il faisait seul.

« Alors, où allons-nous? » Non pas qu’il se méfiait, il savait désormais que Yume serait incapable de faire du mal à une mouche. Mais, le brun était tout de même curieux de savoir où est-ce que cette dernière comptait se rendre. Sachant qu’il était sensé l’accompagner, ce qu’il faisait en ce moment même d’ailleurs. Le jeune homme ne se rappelait pas être déjà passé par ici et Dieu sait combien de temps il a passé à vagabonder seul dans ce monde. « Et aussi… T’es sûre que ça va? » La première réponse ne l’a pas satisfait. Pourquoi? Parce que c’était un mensonge et que n’importe qui aurait pu le remarquer. Néanmoins, il ne lui en voulait pas. La jeune fille ne cherchait pas à le prendre pour un idiot, c’est juste qu’elle ne voulait pas trop attirer l'attention. Enfin, d’après ce qu’il avait pu comprendre lui-même.
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Jeu 21 Aoû - 2:42


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

Fatigue. Lassitude. Pleurs. C’était les yeux bien rouges que la jeune fille avait quitté la pièce, en ce début de matinée chargé de détresse. Sa chambre, c’était là où elle s’était terrée toute la soirée. Toute la nuit. Terrible nuit. Certainement pas seule à dormir dans son lit. En réalité, elle avait peut-être réussi à fermer l’œil quatre heures, tout au plus. Le reste du temps, elle s’avouait trop occupée à plaire, satisfaire, tandis que son âme désespère. Chassons les mauvais démons, elle n’avait pas d’autre choix que l’abandon. C’était dans ce tout nouvel atmosphère qu’elle regardait autour d’elle, caressait le bas de ses épaules, enroulait ses bras autour de son corps bien frêle. Soutenant à peine de ces deux baguettes une poitrine non dénuée de beauté. Une poitrine à l’habitude effarouchée d’être palpée. Dans un soupir léger, la pauvre brunette s’était laissée plaquée contre le mur. Seule. Comme si une force invisible l'y avait obligée. Nouvelle fatigue. Nouvelle lassitude. Ne pas craquer, pas à nouveau. Une seule fois était suffisante. Autant à ses yeux qu’à ceux de Fabiola, très certainement. Là n’était pas le moment opportun pour s’apitoyer sur son pauvre sort. Il y avait encore des hommes à complaire. Des familles à briser. Des enfants à rendre malheureux. Des femmes dont le cœur n’avait pas été écartelé. Triste vie. Triste facilité. Grimace légère, elle se redressait. Croisait un nouveau regard. Celui qu’elle n’avait pas ignoré l'autre jour. Rictus bien aimable, hochement de tête. Il restait là, il la regardait. Il lui demandait si ça allait. Elle répondait naturellement par une bien fausse réalité. Il avait l’air suspicieux, elle ne le scrutait plus. Elle disait qu’elle voulait partir, qu’elle avait besoin d’aller quelque part. Dehors. Partir. Prendre la fuite. Reprendre ses droits, la liberté. Ne plus y penser, cacher sa honte et bannir tous ces horribles songes.

Il avait demandé à l'accompagner. Pourquoi ne pas l’emmener ? Lui qui ne connaissait rien, autant lui apprendre. Autant qu’il marche, au lieu d’écouter sans cesse les lamentations de chaque dame de la Maison, tel un simple eunuque. Acculé par Fabiola. Persécuté de méfiance par la proxénète qui le surveillait toujours de près. Et il s’exécutait. Il faisait tout, il sacrifiait son temps. Pour la lessive, pour le ménage, pour tout. En échange d’un toit et de nourriture. Piètre compensation en temps normal, aubaine terrifiante dans un tel endroit. Il avait l’air heureux désormais, de pouvoir casser la croûte dignement entre deux tasses de thé. Pourtant, malgré tout, il avait ses manières. Étaient-ils tous comme cela dans son monde ? Cette impression d’être toujours propre sur lui, assez soigneux, méticuleux, sans paraître pourtant condescendant. Ce qui était une bonne chose. Sinon, pauvre Yume ne pourrait pas le supporter. Elle n’aimait pas l’aristocratie. Elle n'aimait pas les doigts levés, les regards plissés, les pompons et les froufrous qui frétillent au gré des critiques. Ironie du sort, il n’y avait qu’eux pour les payer, la plupart du temps. Il n’y avait qu’eux pour les rendre amantes d’un soir, pendant que leur femme donnait le sein à leur progéniture braillarde. Née avec une cuillère d’argent dans la bouche. Le regard un peu vide, un peu mouillé, toujours rougi, elle prenait donc le temps d’un chaperon, posé sur ses épaules, épinglé à sa gorge, avant de lui demander s’il était intéressé. Il l’était.

La voilà donc flanquée d’un Perdu. Qui la suivait. Docilement. Elle ne disait rien, regardait autour d’elle. Cheveux toujours attachés, bien maladroitement. N’était-il pas temps de faire quelque chose ? De les dévoiler ? De sourire à cette pseudo-renaissance ? Ah mais, ils n’y étaient pas encore. Non, ils ne pouvaient pas. Trop loin encore pour cette résurrection. Cependant, ça n’allait pas tarder. Elle avait forcé le pas aussi rapidement que le soleil se glissait petit à petit au plus haut point dans le ciel. Il fallait rattraper. Quoi ? Le temps perdu dans cette chambre. Elle qui voulait sortir. Elle qui voulait voir autre chose que les ruelles souillées de Close. La voilà autre part. Disparue dans un petit amas d’arbres, au pied de la Douce Danseuse, qui lui paraissait si belle aujourd’hui. Voilà longtemps qu’elle n’était pas venue.

« Tu vas voir. C’est joli. Ça va te changer du Clos. »

Cela faisait si longtemps que la pauvre putain avait troqué l'Acrobate avec le Paon. Question de praticité, au grand dam de la gamine qui aurait préféré vivre autre part que dans un tel endroit. Ah, au final, de quoi se plaignait-elle ? Elle vivait bien. Elle avait du soutien. Elle avait les filles, la cheffe en cheffe. Elle avait son lit vide. La nourriture, la propreté. Elle avait le jeune homme qui l’avait sauvée. Elle n’avait pas énormément fréquenté depuis qu’il était là. Disons qu’il était devenu comme cette âme qui apparaissait et s’en allait aussi rapidement qu’elle s’était manifestée. Celle qui arrivait dans les chambres, prenait les affaires et s’en allait pour laisser les autres faire leurs affaires d’une soirée. L’histoire de quelques minutes, écrite sur un papier rongé et éclaboussé. Assez parlé du Lys.

La voilà au bon endroit. La voilà, bottines fortement plantées dans le sol. L’échine courbée vers l’eau si profonde qui lui tendait les bras. Elle n’avait pas parlé de tout le reste du trajet. Un dos redressé, une inspiration exténuée, des poumons rassasiés. Ce fut le corps frissonnant qu’elle défit subitement son chaperon pour le laisser tomber à terre. Tournée vers le jeune homme, elle lui avait faire subir un visage plus détendu, sans qu’il ne sourit pour autant, avant de dire à nouveau, dans une plénitude si nouvelle :

« Nous voilà arrivés, à ce qu’on appelle la Douce Danceuse… »


Haussement d’épaules, rictus grimaçant et pourtant sûr de lui. Elle ne savait plus comme faire, la pauvre petite. Elle ne connaissait plus le talent d’esquisser un sourire. Alors, ce fut un léger rire qui la laissait animer son petit être fragile, qui se tournait à nouveau vers le fleuve, pour se laisser lourdement tomber au sol, en soupirant. Paupières basses. Écoute un peu ce bruit, Mama. Le murmure d’un liquide empli de quiétude. J’aurai aimé que tu sois là. Avec Papa. Une chimère transperça l’esprit de la jeune fille, finissant par lever le voile de cette âme saccagée, baisser ce dernier sur la surface translucide de la Ballerine, puis finir par mordiller à peine sa lippe. Ne pas tergiverser.

« Ça va beaucoup mieux maintenant. »

Il ne lui suffira que d’un contact avec la sérénité d’un lieu. La voilà qui prenait racine, ses mains caressant à peine l’herbe grasse qui humidifiait ses genoux. La voilà qui partait à l’aventure dans des eaux plus plaisantes que celles trop tumultueuses d’un quotidien douloureux. Oublier, oublier et ne pas se remémorer. Pas maintenant. Pas tout de suite. Ce serait du gâchis. Elle ne voulait pas tout foutre en l’air. Profiter, profiter, encore profiter, laissant égoïstement le jeune homme au second plan, occupée à écouter sur le premier, les vagues excédées d’un courant trop peu animé.

Oublier. Pardonner. Profiter.


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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Sam 23 Aoû - 2:15



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Du changement. Oui, il en avait besoin. Changer d’air, quitter le lieu de travail des prostituées qu’il ne connaissait pas plus que ça. L’atmosphère n’était pas des plus chaleureuses à son goût, lui qui se sentait légèrement seul entre ces quatre murs. Il ne s’était pas plaint une seule fois, sachant qu’il devrait s’estimer d’avoir rencontré des personnes généreuses qui on bien voulu l’accueillir, lui, un simple Perdu. Apparemment, Fabiola aussi, était ce qu’on appelait une Perdue. Pourtant, ça ne l’empêchait pas d’être extrêmement méfiante envers Oski qui s’efforçait de faire de son mieux en espérant finalement gagner sa confiance. Accomplissant toutes les tâches qu’on lui confiait en quatrième vitesse, ne touchant en aucun cas aux prostituées… Bref, il jouait l’employé modèle, celui qui ne commettait aucune faute et qui faisait et se contentait de ce qu’on lui donnait sans broncher. En vain. Que faire de plus? Il n’en savait rien et cela avait tendance à irriter le jeune homme.

Alors oui, une petite sortie ne pourrait sans doute pas lui faire de mal sauf peut-être si la jeune fille se faisait à nouveau agressée. Bien évidemment, si cela devait arriver, le brun interviendrait immédiatement. Néanmoins, ce dernier préférait éviter ce genre de situation car il y avait de grandes chances qu’il se reprenne à nouveau des coups et les risques de représailles n’étaient pas minces non plus. Que ce soit pour lui ou la jeune prostituée. Qu’il suivait docilement en ce moment même, tel un chien de garde. Car oui, Oski était à l’affût. S’il y avait bien une chose que ce dernier avait appris durant son court séjour en ces lieux, c’est que personne n’était jamais vraiment à l'abri. Bref. Passons. Les deux jeunes gens étaient finalement arrivés en ce lieu que Yume avait qualifié de joli. Et ça l’était.« Un nom assez étrange pour un fleuve. » Bien qu’en y repensant plus longuement, ça ne devait pas être bien mieux en Angleterre concernant les villes et autres.

Le jeune Jeremiah supposa que cet étrange rictus qui s’installa sur le visage de la brune était un sourire. Cela y ressemblait plus ou moins, il n’était pas sûr. Dommage, un véritable sourire était capable d’embellir même les visages les plus tristes. Enfin au moins, Yume affirmait que ça allait mieux et cette fois, ça n’avait pas l’air d’être un mensonge. Tant mieux de ce cas, ils étaient venus ici pour soulager sa peine après tout. Et accessoirement faire découvrir les environs au Perdu qui ne connaissait encore rien de son nouvel habitat. Pourtant, Dieu sait depuis combien de temps il y avait atterri. Elle s’était installée sur l’herbe tandis que son accompagnant restait debout, l’observant un instant avant de poser son regard un peu plus loin, s’intéressant longuement au fleuve. Silencieux. Observant le mouvement de quelques vagues peu conséquentes. Ne sachant pas spécialement que lui dire. « Qu’est-ce qui te tracassais? » Bon moyen d’engager la conversation. Ou de réduire à zéro la bonne humeur sans doute fragile de la jeune fille. Il fallait bien qu’il dise quelque chose, ce silence ne lui plaisait, mais alors pas du tout. Et puis, il fallait aussi savoir qu’Oski était parfois un jeune homme un brin trop curieux et que la raison du malheur de la prostituée l’intriguait. Bien qu’en réalité, il ait déjà une petite idée là-dessus. C’était juste histoire d’être sûr.

« Le travail, c’est ça? » Il ne savait pas ce que cela faisait de vendre son corps à des inconnus, mais il savait parfaitement que ça ne devait pas être agréable du tout. Et que, même à son époque, son monde, la prostitution était sans doute l'une des pires activités qu’une femme pouvait pratiquer. Enfin, les hommes aussi le faisaient, il ne fallait pas croire que c’était un métier exclusivement réservé aux femmes. Comme quoi, même lui, Oski Jeremiah le paumé originaire d’Angleterre pourrait vendre son corps au plus offrant et ainsi devenir un gigolo. Sauf que cette idée ne lui plaisait pas, autant rester à la rue et peut-être crever de froid qui sait. Trouver un autre boulot était aussi une solution et sans doute la meilleure. Eh bien oui, ce dernier n’allait tout de même pas rester toute sa misérable vie au Clos du Lys - quoique, qui sait s’il ne mourra pas jeune -. Le brun s’était assis à son tour, à une distance raisonnable de Yume, ne voulant pas la perturber d’une quelconque manière. Les mains appuyées derrière son dos, le jeune homme ferma ses paupières et pris une grande inspiration.

« Tu peux m’en parler tu sais. Je sais faire autre chose que la lessive et le ménage. » Ce n’est pas comme si écouter était la chose la plus difficile au monde. Pas besoin d’avoir un diplôme ou quoique ce soit d’autre pour y parvenir.
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 25 Aoû - 2:35


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

Changer. Partir. Le fond de l’eau refroidissait l’atmosphère qui la faisait frissonner. S’en aller, fuir le quotidien de femme soumise à divers hommes sautillant d’excitation. Elle qui glissait ses mains sur chacun de ses bras, l’avant de ceux-ci croisé, caressant du coude jusqu’aux épaules, comme cherchant un piètre réconfort. Celle-ci remontées sur son cou, la pauvre brunette regardait encore l’eau, telle une boule de cristal pleine de mystères. Elle paraissait vouloir y tomber, la tête la première, tant elle y était penchée. Tant qu’elle se trouvait torsadée par ses propres membres. Elle aurait tellement apprécié pouvoir y plonger. Mais, être nue, elle ne pouvait plus. Elle n’y arriverait plus. Elle désirait seulement y toucher, s’y tremper, rien qu’un peu, et profiter du bienfait de l’eau. Se délecter d’autre chose qu’une couche souillée mais vide. Se permettre un sourire. Un rictus qu’elle n’avait pas réussi à donner au jeune homme. Un rictus qui lui ferait presque mal tant elle crispait ses zygomatiques. Et elle était pourtant là, la pauvre fille se laissait seulement caresser par le vent. Elle laissait le garçon de côté, écoutant pourtant le moindre de ses faits et gestes. Car elle avait peur. Cette idée d’être isolée avec la gent masculine lui faisait drôle. Elle n’arrivait plus à faire totalement confiance à ce genre d’individu. Aussi inoffensif qu’il pût être. Il restait un homme à ses yeux. Il restait de cette catégorie potentielle de personnes qui ne la voyaient pas autrement qu’un vide-testicules et un catalyseur de plaisir. Triste petit Rêve qui ne songeait qu’à de très vilaines choses à son égard, rapportait aussi ses pensées idiotes sur les gens. Cependant, comment lui en vouloir ? Car, combien de malheur lui avait-il fallu pour qu’elle comprenne le regard des autres ? Tantôt amusé, tantôt attiré, tantôt dépité. Tantôt agressif et démesuré. Autant que les paroles. Espèce de trainée ! Arrêtez ça, s’il-vous-plaît. Vous ne servez qu’à satisfaire nos maris ! Ce n’était pas comme ça que la pauvre gamine l’avait imaginé. Tout ce qu’elle avait à jamais désiré n’était que soutenir sa mère et trouver à manger. Arrêter de vivre dans des épaves, dans des bicoques abandonnées. Consommer entre les rats et les pestiférés.

Mais tout cela n’était plus, tout s’envolait, attendant un prochain coup de moue pour atteindre à nouveau la gosse trop fragile. Nouveau bol d’air frais et frémissant dans ses poumons. Vent prenant fouettant ses joues rosies. Le corps emmitouflé dans sa propre fatigue, adoucit par sa propre chaleur. Qu’elle perdait au fil des jours passés à Close. Qu’elle regagnait dans un tel endroit de ballets et de tendres musiques. Un, deux, trois, quatre. bruit des feuilles crépitant au zéphyr levant. Quatre, cinq, six, sept. Le chant des oiseaux gazouillant de bonheur dans leur nid tremblant. Sept, huit, neuf, dix. Que tout s’arrête et ne reprenne en cœur. Une sérénade de douceur. Une farandole de sentiments prenants et enjôleurs. Des sensations hors du commun. Le froid, le chaud, l’humide, le sec, le clair, le sombre. Le beau, et encore le beau à ne plus s’en passer. Tout paraissait parfait. Un peu trop parfait pour cette pauvre putain qui cherchait encore le Salut.

« Ferme les yeux… Écoute… Le bruit de l’eau… Le vent… Et… Et regarde… Comme les feuilles semblent danser sur l’eau… »

Elle était hésitante, elle se concentrait peut-être un peu trop sur tout ce qui lui faisait réellement du bien. Ah, un tel endroit était peut-être son seul soulagement. Cette seule chose qui lui donnait du plaisir. Cet amour inconsidéré et inconcevable. La nature. La liberté. Elle ne se sentirait presque plus prostituée. Relevant ses lourdes paupières, elle se permit alors un sourire, qui sait, peut-être un peu plus franc, alors qu’elle se relevait pour ôter ses bottines. Une paire en hauteur, assez grosse et d’imperméable, dévoilant alors de petites chevilles, tout comme de minuscules pieds. Autant que pourrait s’avouer être la taille qu’elle pouvait avoir dans sa totalité. Une taille qui faisait atteindre ses cheveux pratiquement au niveau des fesses. Une taille qui faisait tomber ses pointes à terre. Voire même plus. Pointes désormais déployées, noires et luisantes, les nombreuses épingles maintenant disparues dans les hautes herbes du bord d'eau. De longues mèches obsidiennes, légèrement ondulées, d’une effroyable beauté. Mais pour le moment virevoltant dans son dos, elle laissait l’herbe courir un peu sur ses palmes miniatures, avant qu’elle n’enlève finalement son collant, doucement, an trop le filer, avant de le poser négligemment sur le côté, et se rassoir pour plonger gracieusement ses petites jambes à l’intérieur. Jusqu’aux mollets, cela sera bien suffisant. Et Yume sentait déjà la bienfaisance du cours léger et froid parcourir son corps, la laissant grelotter à vue d’œil, alors que son sourire s’agrandissait un peu plus. Menton relevé, portes de l’âme à nouveau fermées, elle laissait alors son faciès s’apaiser, ses muscles se détendre. Priant pour rester comme cela des années entières, s’il le fallait.

Mais voilà. Ombre sur le beau tableau de suie et de bois verni, voilà que quelques minutes à peine après cette euphorie interne, le jeune homme vint tristement baisser sa tête, la laissant courber à nouveau ton dos. Cauchemar. Elle déglutissait. Plissait les yeux. Se crispait à nouveau. Comment répondre à cela ? Elle ne voulait pas en parler. Elle ne voulait pas l’agacer. Pourtant, elle ne tenait pas non plus à discuter de cela. Son semblant de sourire s’était effacé, n’espérons pas à tout jamais.

« Le… Travail… »

Elle mordillait sa lèvre, reprenait ses épaules, paraissait à nouveau à peine torturée. Peut-être pas de dos non. Mais de face tout s’assombrissait. Elle bredouilla quelques mots. Incompréhensibles, d’une voix un peu brisée. Elle déforma sa lèvre, mangerait presque ce pauvre bout de chair hydraté.

« Je… »

Ne pas s’y obliger. Elle ne tenait pas à en parler non, non. Elle préférait songer au beau temps, lui communiquer cette soudaine béatitude qu’elle avait perdu d’un coup. Sa faute ? Il n’aurait pas pu savoir. Lui aussi avait besoin de tergiverser autre part, d’imaginer une autre vie. Celle d’avant, qui devait être bien plus agréable que celle qui vient de commencer. Il voulait qu’elle lui en parle. La jeune femme ne savait pas du tout ce qu’elle était censée répondre. Elle ne comprenait pas comment il était possible de raconter ce qui la tracassait. De toute manière, oui, c’était son boulot. Oui, c’était les patients. Oui, c’était son quotidien. C’était douloureux. Il pourrait certainement comprendre. Même si elle apprécierait, au plus grand bonheur de cet homme - comme du sien effectivement, elle s’imaginerait en parler autre part. À Close, et ce n’était pas une option, puisqu’elle y passait la majeure partie de son temps. Pourtant, n’était-ce pas si bien choisi, comme lieu pour engager une vraie conversation ? Ah, la prostitution n’en était pas une. Naturellement. Alors, pourquoi ? Pourquoi porter à nouveau le lourd fardeau du présent sur ses épaules quand on pouvait en être débarrassée quelques temps ? Elle avait trouvé. Le moyen de ne pas en parler.

« T-… Je… Pense que… Qu’il faudrait… Penser à... Autre chose que… L-le Clos… »

Ce qui ne durerait pas. Ce qui ne tiendrait pas. Il n’était que trop facile de te connaître pour savoir que tu allais craquer, Yume. Ton corps de femme frêle délivrait peut-être cette impression de femme forte pour aller chercher des hommes dans la rue, mais pour l’assumer, il n’y avait certainement plus personne.


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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Jeu 28 Aoû - 23:06



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
C’est ça, ferme les yeux Oski. Écoute et détends-toi, oublie un peu les tracas du quotidien. Cette nouvelle qui ne te convient guère. Ferme les yeux et écoute, découvre la nature de ce nouveau qui désormais était tien. Prends note de ses paroles, fais comme elle dit, tu ne le regretteras pas. C’est agréable, pas vrai? Si agréable et pourtant, le jeune homme avait choisi de gâcher ce moment en évoquant le travail. C’est de ta faute si elle a perdu son sourire, tu sais? Elle était sur le point d’aller un peu mieux, tu le savais ça? Et l’hésitation de la jeune fille indiqua à Oski qu’elle ne souhaitait pas en parler. Il avait compris, il n’était pas bête. Mais curieux, bien trop curieux. Elle pense, non elle veut penser à autre chose que le Clos du Lys ce qui avant un peu de recul était tout à fait compréhensible.

« Ouais sans doute. Désolé. » Tu peux l’être. Désolé d’être trop curieux, trop insistant. Alors tais-toi un peu, laisse-la tranquille. En fait, tu n’aurais peut-être pas dû venir, rester au Clos et travailler avec ardeur. Légèrement mal à l’aise, il avait dégluti alors que son regard ne se détachait plus de l’eau. Puis il s’était pincé les lèvres avant de laisser échapper un long soupir. « Ma famille me manque. » Simple, direct. Réplique sortie de nulle part, un visage crispé par la tristesse qui pourtant ne faisait pas face à la jeune fille. Elle n’était pas là pour déprimer et pourtant lui était sur le point de lui donner des raisons pour. « Je ne sais même pas s’ils vont bien. » Et c’était, oui, tellement pesant. Impossible d’avoir des nouvelles de ses proches, on se croirait presque à la guerre. Pas une seule fois il ne pose à regard sur Yume. Non, le sien est ancré droit devant avec son air mélancolique.

« Peut-être qu’ils ne savent même pas que je ne suis plus avec eux. » Qui sait. Peut-être qu’en arrivant ici, son existence dans l’autre monde. Comme dans un film. Au point où il en est, tout semblait possible. Mais, cette idée l’effrayait plus que tout. Ici, il n’avait personne. Il était seul et sans doute le restera-t-il. Un changement trop brusque, un environnement beaucoup trop différent pour qu’il s’y habitude rapidement. Peut-être même qu’il ne s’y habituera jamais. Ce serait tellement triste pour lui. Mais, bon nombre de personne s’en moquait alors ce n’est pas très grave. Non, c’est normal. C’est un Perdu après tout, il s’intègre ou il ne s’intègre pas c’est tout. C’est ce que le jeune Jeremiah avait compris en tout cas. « Je crois que c’est bientôt l’anniversaire de mon frère. » Et un rire lui échappe, un rire pathétique, un rire qui n’avait rien d’un amusement. « Je ne sais même pas quel jour nous sommes. » Mardi, peut-être mercredi? Si ça se trouve, c’était un samedi ou un dimanche. Il ne savait pas, il ne savait plus. Oski était perdu, Oski en souffrait. Ce dernier voudrait tellement rentrer chez lui, reprendre son ancienne vie au pire, mettre fin à celle-ci. Ce serait lâche, mais tellement plus facile. N’avait-il pas essayé de quitter ce monde avant d’arriver ici? Serait-il seulement allé jusqu’au bout? Maintenant, le Perdu n’en était plus du tout sûr. Et même si l’on considérait cela comme un acte lâche, il en fallait du courage pour commettre un suicide. Désormais, sans doute n’avait-il plus une once de ce courage. Pauvre garçon.

Finalement, il ose poser un regard sur la prostituée. Un sourire triste, un regard peut-être suppliant qui sait. Alors que la pauvre n’y pouvait rien. « Désolé. On est pas là pour parler de ça. » Pourtant il s’était confié le jeune homme, il avait ouvert une partie de son coeur, peut-être minime mais il espérait tout de même que Yume ferait de même. Car la curiosité et l’envie d’aider du jeune Jeremiah étaient sans doute bien plus fortes que lui. « Il fallait juste que ça sorte. Et c’est tombé sur toi. » Il ne la regarde plus désormais Oski. Ses yeux se sont de nouveau intéressés à l’eau, alors que ce dernier y plongeait doucement sa main, expirant longuement. Frissonnant en entrant en contact avec la Douce Danseuses.
ft. Yume  // La Douce Danseuse

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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 1 Sep - 2:03


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

Entourée, enfermée dans cette boule noir et gaufrée qu’étaient ces cheveux de soie qui se baladaient sur ses épaules. Noir, noir, un voile, une prison de douceur trop bien peignée. Trop bien entretenue pour être soutenue à longueur de journée, par de viles mains d’hommes parfois arrachée. Noir, magnifique noir. Absence de lumière, elle y voyait pourtant plus clair devant la beauté de ces lieux effarouchés. Cependant, après le blanc, revoilà le gris, menaçant. Puis le noir. Un autre noir. Vil, agressif, celui qui n’était pas désiré. Le noir n’était certes pas toujours apprécié. Cauchemar, malheur, tristesse. Elle étouffait. Sortir de là, partir, au revoir. Il commençait à tout lui raconter. Il l’avait réveillée. Elle tournait à peine le regard vers lui. Remarquait qu’il était bien trop près. Inconsciemment peut-être, certainement, elle avait eu cette impression de glisser sur le côté, aller plus loin, comme pour allonger la distance. Un homme. Elle en tremblerait de peur si elle ne le connaissait pas. Si elle n’était pas sûre qu’elle ne lui ferait rien. Et même si elle le savait, elle était là, elle s’arrêtait une fois satisfaite, l’écoutait toujours, n’avait lâché aucun mot, le quittait des yeux, plissait les siens. Oh, désarroi, désespoir, elle ne savait que répondre. Tant qu’au final, elle se demandait si elle le pouvait. Répondre ? En avait-elle le droit ? Peut-être bien. Mais pas le pouvoir.

Car petite Yume n’était pas courageuse, pas même avec ces gens qu’elle croyait connaître. Petite Yume allait se contenter de l’écouter. C’était son tour de passer au confessionnal. S’il avait pêché ? Qu’importe la sentence. Qu’importe ce qui l’avait emporté ici. Non, il disait ce qu’il avait dans le cœur. Il parlait de sa famille. Il ne savait pas ce qu’il advenait d’elle, si elle se rappelait de lui. "Je n’espère pas pour eux." C’était ce qu’elle aurait voulu dire. Mais elle se rendait bien compte que ça pourrait être mal compris. Qu’il pourrait se dire qu’il était une mauvaise personne, ce genre d’individu qu’aucun ne portait dans son cœur. Alors que tout cela était bien faux. Depuis qu’il était là, toutes les prostituées ne cessaient plus jamais de répéter que le nouveau était agréable, peut-être un peu trop, que ça les surprenait pour un homme aussi imposant. Grand à l’extérieur, petit à l’intérieur ? Ah, sans chercher à paraître égocentrique… Pouvait-il être plus petit que la putain qu’il accompagnait dans cet endroit où il aurait sûrement préféré ne pas être ? Lui qui paraissait être si mal, si déprimé, si dépravé. À croire qu’il avait du mal à apprécier ce qu’il avait réussi à avoir il y a peu. Alors que certains attendaient encore un miracle dans les coins sordides et pisseux de Close, gisant dans leur propre maladie et déchets organiques. Parfois une maigre bouteille de rhum dans la main.

S’ils allaient bien. L’anniversaire de son frère. Oh, il avait un frère ? Petit frère ? Grand ? Combien de fois Yume ne cessait-elle de se dire qu’elle aurait apprécié avoir un cadet ou une cadette. Mais voilà. Mama n’avait pas pu. Mama ne l’avait pas prévu, mais bébé était mort en elle. Bébé était sorti de Mama avant d’avoir pu rester assez longtemps pour vivre sans être dans son ventre. Et bébé, qui aurait dû être une fille, était parti pour te laisser fille unique de la maison. Ça n’était que maintenant que tu y repensais. Ce n’était qu’aujourd’hui que tu t’y remettais, comme dans tous ces moments où tu te disais qu’il était peut-être mieux pour cet enfant d’être mort, au final. Un frère, disait-il ? Ah, elle se demandait bien ce que ça faisait. Elle aurait voulu lui demander, là encore, elle ne sentait pas qu’il s’agissait d’une bonne idée. Doublé du fait qu’il ne s’agissait pas du bon moment. Oh non certainement pas. Le voilà qui se demandait le jour qu’il était. Puis plus rien, un petit silence. Elle se recroquevillait sur elle-même. Elle déglutissait encore, comme peu sûr d’elle – ce qui était le cas. Elle ne pensait pas que ça allait se passer ainsi. Qu’il vide son sac. Pourquoi ? Parce que l’environnement était trop calme ? Trop reposant ? Ah, quelle énigme. Nouveau regard plissé de maquillage, chargé, lourd, notamment au niveau des yeux. Elle qui voulait s’en défaire, la voilà qui ne pouvait plus quitter le bord. Elle devait l’écouter. C’était presque ne obligation. Mais là, voilà le silence, après qu’il se soit excusé.

C’était tombé sur elle donc. Elle n’en était certainement pas offensée. Peut-être même flattée ? Ou bien peut-être ne devrait-elle pas ? Ça aurait pu fracasser le crâne de quelqu’un d’autre. Mais, ça te faisait plaisir quand même. Pas d’avoir le crâne imaginativement défoncé. Non, juste le fait que le jeune homme lui en ait parlé à elle et pas à un autre. Le cœur de la pauvre gamine n’avait fait qu’un tour alors qu’elle le regardait mollement. Cela se faisant, elle avait rebaissé sa tête, en s’accrochant aux pans mal rajustés de sa robe trop décorée. Trop serrée. Lui faisant une poitrine plus grande plus une taille plus petite. Pourtant, tu restais belle, Yume. Mais elle était aveugle, elle ne se rendait compte de rien. Un soupir léger, ferait croire que tout cela l’agaçait, avant qu’elle n’hésitât, ne bégayât, pour finalement sortir enfin :

« O-oh... Ce... Ce n’est pas un problème, je… C’est mieux que ça sorte… L-le plus tôt est le mieux… Avec n’importe qui… »

Un ami à lui, étant donné qu’il s’en allait parfois autre part. Seul ? Ce serait triste. C’était bien pour cela que la charmante fille l’imaginait avec quelqu’un. Quelqu’un qui le réconfortait, qui lui faisait du bien. Quelqu’un qui arrivait peut-être à le faire sourire ? Ou bien d’autres choses encore. Cette pensée allumait davantage la jeune fille, qui elle, avait encore la chance d’avoir une mère qui entre deux pleurs l’apaisait, lui caressait les cheveux, appréciait la tendresse d’une enfant aimante. Mère qui savait qu’elle était partie. Mais pas avec quelqu’un. En espérant qu’elle ne s’inquiète pas. Ne t’inquiète pas pour toi, Mama. Inquiète-toi plutôt pour toi.
Elle aurait voulu y aller avec elle, mais elle était bien trop fatiguée. Elle avait mal dormi. Elle rêvait souvent de Papa. Trop souvent. Elle souffrait. Il n’était pas rare de l’entendre dire qu’elle voulait le rejoindre. Mais Yume était là. Oui, la chose qu’elle avait osé mettre au monde la retenait ici et l’obligeait à faire des choses horrifiantes avec d’autres hommes. Pour vivre. Pour survivre.

« Mais… »

Une interpellation, elle voulait penser à autre chose. Elle osait songer à un autre tracas, plus actuel, qu’elle vivait en ce moment, en prime time. Le mal être de quelqu’un d’autre. Quelque chose qu’elle avait longtemps cherché pour se sentir utile. Cependant…

« J-je suis désolée… Je ne peux... Pas t’aider… Je ne sais pas co-comment retourner dans ton monde… »

Ignare. Voilà ce qu’elle était. Elle n’était qu’une ignoble fille qui ne savait rien. Sans lecture, sans écriture, sans éducation. Elle ne savait pas compter, peut-être savait-elle tous les doigts de sa main et encore. Grand-mère n’avait jamais trouvé le courage d’apprendre à Mama quoique se soit. Trop douloureux de se rappeler du monde d’avant. Là où elle habitait avant. Dans son pays natal. C’était ce que la mère du minuscule Rêve appelait Japon. Elle n’en savait pas plus. Même si elle aurait voulu. Ainsi donc, après s’être mollement mordue la lippe, encore toute peinte d’un rouge assez mat, elle finit sa piètre intervention, visiblement toute crispée, les épaules bien contractées, toute petite, encore plus fine sous cette impression de gamine punie :

« Et… Je… J’ai cessé de compter les jours… »

Oh, que le Ballet de Douceur ne fît un signe pour leur venir en aide. Pour les apaiser. Pour les empêcher d’y penser.

Pour écarter ce noir un peu trop intense à son goût.


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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Sam 6 Sep - 1:03



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Tu parles trop Oski. Il s’en est rendu compte, sans doute trop tard. Il n’avait pas encore tout déballé, mais déjà une grande partie. Et maintenant, il se dit qu’il n’aurait pas dû gâcher encore un peu plus ce moment de tranquillité dont Yume désirait sans aucun doute jouir. Mais il devait s’exprimer à ce sujet, le plus tôt serait le mieux. Il aurait pu retrouver Capucine, peut-être au Paon Pervers. Mais, ne serait-ce pas de l’abus? Elle qui l’aidait à se reprendre lorsqu’il faisait des cauchemars ou des crises de panique, il n’allait pas non plus lui demander d’écouter ses malheurs. « Je ne pense pas qu’il y aurait autant de Perdus si quelqu’un savait comment quitter cet endroit... » À ses yeux, n’importe qui voudrai quitter cet Enfer et retrouver la vie bien plus facile ne comparaison qu’ils avaient dans leur monde. Même Oski qui avait sérieusement songé à se suicider ne désirait plus rien d’autre que de retrouver sa maison, sa famille. Hélas, c’était déjà trop demander. On ne cessera jamais de le lui répéter : faudra t’y faire mon gars, la vie est dure, la vie est une pute. Une expression assez déplacée sachant que la jeune fille qui se trouvait à côté… Enfin bref peu importe.

« Et toi, tu n’as jamais eu envie de quitter cet endroit? » Quelle drôle de question. Peut-être qu’elle ne connaissait rien de chez toi et qu’elle n’en avait pas grand chose à faire. Yume était peut-être du genre à croire qu’elle avait déjà bien assez de peine à avoir une vie potable ici pour avoir le temps de penser à un autre monde. Enfin, cela pouvait faire du bien de rêver un peu, surtout en connaissant la signification de son prénom. Peu de personne devait la connaître de toute manière. « Ici, c’est un peu triste… » Il passait ses journées à nettoyer, cuisiner et répondre aux caprices des prostituées du Clos. Ensuite, soit il rendait visite à Capucine, soit il retournait dans sa chambre sans échanger de parole avec qui que ce soit ni rien pour s’occuper. Ce n’est pas le genre de vie qu’un jeune homme âgé de vingt ans devrait mener. En tant normal, il serait entrain de poursuivre ses études afin de réaliser l’un de ses rêves, effectuer un métier qui lui plaît. Désormais c’était peine perdue.

Il ne la regardait plus désormais, les yeux posés sur le sol. L’air… Notalgique? Dans tous les cas, ce n’était pas du bonheur. Oski commençait franchement à avoir le mal du pays. « C’est beau, “dehors”. Il y a plein de choses et de lieux à découvrir. » Et là-bas, il avait une famille, des personnes qui pensaient à lui, s'inquiétaient pour lui, tenait à lui. Ici il ne s’était vraiment lié d’amitié qu’avec une personne et encore, ce dernier n’avait pas l’occasion de la voir aussi souvent qu’il le désirait. Souvent, les prostituées n’avaient pas le temps ni l’envie de discuter avec lui. Et donc, Oski effectuait son travail sans un mot, tel un muet. Il ne souriait pas, ne riait pas. Le brun broyait du noir, se demandait parfois ce qu’il faisait encore ici, dans ce monde. Que la vie ne lui fera jamais de cadeau et que si c’est pour souffrir toute sa vie, autant qu’elle soit courte. Sans qu’il n’ait vraiment eu l’occasion de sa jeunesse, mais peu importe. Il disait sans doute cela sur le coup, énervé, agacé par la fatigue et le travail à faire.

« Ma mère était une professionnel en cuisine. » Un sourire. Un changement de sujet soudain, sans doute involontaire. Mais, il fallait que cela sorte, Oski devait se vider l’esprit, peu importe l’ordre. Le jeune Jeremiah saisit une pierre et tenta de la faire ricocher sur l’eau. Loupé. Alors il retente, l’air un peu absent. Encore et encore alors qu’il regardait droit devant lui. N’osant apparemment plus poser ses yeux sur la jeune prostituée. « Je dois avouer que sa cuisine me manque un peu… » Non, énormément. Ce n’est pas que la nourriture du Clos n’est pas bonne, c’est juste que l’on est toujours mieux chez soi et un plat préparé avec l’amour d’une mère avait toujours plus de valeur et de goût. Finalement, Oski s’était tu un instant, trouvant lui-même qu’il parlait peut-être un peu trop, monopolisait la conversion et empêchait sans aucun doute Yume de décompresser en ce lieux. Pourtant, après quelques minutes de silence il finit par se tourner vers elle et lui adresser un sourire, sans doute triste. Il n’avait même pas remarqué que celle-ci s’était légèrement décalé et ça ne le dérangeait pas vraiment. Si cette dernière cherchait à l’éviter, il aurait sans doute fallu le dire tout de suite, Oski aurait évité de venir avec elle dans une tenue pareille. En plus, il ne tenait pas vraiment à ce que tout le monde débarque et se foutent bien sa gueule. « Désolé. Je parle trop, sans doute. »
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 13 Oct - 16:40


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

Il parlait, peut-être trop. Mais elle l'écoutait, sûrement pas assez. Elle se demandait bien ce qu'il y avait d'aussi extraordinaire, là où il se trouvait auparavant, pour dire que leur monde était triste, malheureux. Elle qui n'avait connu que la tristesse d'un monde noir, trop noir, aussi noir que ses cheveux. Un hoquet la fit se cambrer un peu, alors qu'elle continuait, l'oreille attentive, à balancer un peu son corps, de l'avant vers l'arrière, comme une balançoire un peu bancale et décalée. Telle un enfant dont l'âme trop fragile se voyait défigurée par la démesure d'un Univers qui était et serait éternellement sien. Éperdument, elle attendait qu'il ne marque une pause. Il lui racontait, comme une belle histoire, un conte de fées, ses plaintes, semblant d'immaturités. Comment ne pas le comprendre ? Comment ne pas reconnaître que ce monde était tout bonnement insupportable ? Comment ne pas se dire qu'il n'avait pas raison. Il n'y avait bien que les hauts placés pour songer à ce genre d'ineptie. Elle étouffait. Trop de vérité, trop de réalités qu'elle ressassait sans cesse dans un coin bien sombre et sinueux de sa tête, presque tout le temps, tout les jours, toutes les nuits alors qu'elle inhalait l'air un peu trop humide et serrait douloureusement les couvertures richement décorées, ainsi que sauvagement souillées, d'une chambre où tout passait et repassait sans cesse. Là où l'intimité ne désignait absolument pas intimité. C'était un peu ce qu'on pouvait appeler un hall de gare. Tout le monde stationne, pilonne et part, vite vite, toujours plus vite, haletant, pour se ralentir une fois arrivé à destination. Soupir, soulagement, on y était arrivés, et on repartait, en laissant une gare vide et morne, malheureuse, où les rails crissaient, suintaient, gardant en elle le passage indélébile d'un engin impitoyable. Engin qu'elle redoutait plus que tout au monde, alors qu'il devait s'avouer être une entité à part entière. Quelque chose de mondain, de journalier. De quotidien.

Ce que tu aimerais pouvoir connaître ce monde-là toi, mon petit Rêve. Lui qui affirmait à celui-là qu'il était mieux, qu'il y avait d'autres choses plus intéressantes, plus belles à voir. Qu'elle pourrait y sourire à nouveau.

Ah, si seulement les Perdus trouvaient le moyen. Si seulement les Rêveurs réalisaient enfin leur objectif, leurs idéaux. Si seulement. Y croire ? Elle apprécierait. Mais elle ne songeait plus à rien, elle n'imaginait plus, elle se contentait plutôt de survivre. Elle voudrait y croire, ou bien peut-être qu'en fait elle y croyait, au moins pour le jeune homme. Ah, la voilà confuse. La voilà qui ne sait plus et s'embrouille dans ses propres idées, dans ses propres croyances, dans ses chimères. Là voilà qui se noyait désormais dans des larmes qu'elle espérait maintenant éphémère. Inclinant sa tête de telle sorte à ne pas être vue, ne pas être remarquée, elle continuait de l'écouter. Ne pas céder. Et le voilà qui s'arrêtait en disant qu'il parlait trop. Peut-être parlait-il trop ? Son manque de courage aurait tendance à lui dire que les sillons qui coulaient sur ses joues l'empêchaient de l'écouter assez. Entendre de nouveaux désespoirs, de nouvelles désillusions, comme si elle n'en n'avait plus jamais assez. Qu'elle se trouvait être une jarre à tristesses. Là où tout s'accumulait sans cesse, comme un vase trop plein. Et malheur !  Malheur ! voilà que la dernière goutte assène au récipient le coup fatal.

Pourtant, elle avait tout suivi, tu en étais pratiquement sûre. Tu avais encore une détermination, une seule : venir en aide aux gens. Ceux que tu croyais apte à recevoir de l'aide. Ce genre de personne qu'elle disait apte à recevoir un appui, un soutien. Et le larbin du Clos était ce genre de personne. Lui qui l'avait sauvée. L'unique qui avait croisé sa route et lui était venu en aide. Lui dont elle était entièrement reconnaissante. Elle lui en devait une. Elle lui en devait une. Il lui avait sauvée la vie, certainement. Des meurtres, ça arrive, même au Clos du Lys. On n'était jamais à l'abri de rien.
Le silence était complet. Peut-être était-il entrain de la regarder ? Elle ne désirait pas en être sûre. Autant rester dans le vague et tenter de se cacher encore un peu. Mais, et si elle parlait ? N'était-elle pas déjà bien dévoilée ? À tous les coups, sa voix partirait en quelques bégaiements peu onéreux et totalement inintelligibles. Ou bien plus grisonnants, tremblants et trop incontrôlables pour être pris autrement que trop sérieusement. Il y avait bien trop de « trop » dans cette partie de leur récit. Certainement plus péjoratifs que mélioratifs.

Mais venait maintenant le moment où elle annonçait, elle s'exprimait, dans une pauvre voix piteuse, ressortant d'un intérieur large et impénétrable – ou presque - pour être clairement entendu. Mais elle éclaircissait sa voix malgré tout, et put être par la suite entendu, après avoir bredouillé de malheureuses complaintes que personne, pas même elle, pas même la nature, ne comprit réellement :

« Je... Je n'ai rien connu d'autre que cet endroit. »

Rien d'autre ? Ne mens pas, petite illusion, petite chose fragile et désabusée. Tu as connu mieux. Elle avait connu cet endroit où elle souriait, riait, courait et criait. Où tout était plus facile malgré la difficulté du froid mordant et du danger encombrant. Sûrement y en avait-il moins que maintenant, dans cette ville. Le blanc de la neige lui manquait tellement, face à la pénombre de cet capitale qu'elle aurait apprécié ne pas connaître aussi intimement.

« J'ai connu... La douceur de... D'un pays plus froid... Là où... Tout me semblait plus facile... déglutit-elle maladroitement, Mais il est loin... Tellement loin... »

Elle reniflait, elle se recroquevillait, elle perdait de sa crédibilité au fur et à mesure où ses sursauts grandissaient, alors qu'elle se cachait toujours piteusement, le visage rosissant au niveau des pommettes, elle se sentait mal. Elle voulait s'exprimer, et pleurer toute la journée s'il le fallait. Fondre le liquide salé de son propre corps aux tendres murmures de la Douce Danseuse.

« C'était peut-être un rêve... »

Comme elle ? Oh, elle pensait très franchement qu'il s'avouait, aussi proprement ancré dans sa mémoire, être bien plus radieux que cette pauvre tache noir et blanche, intense et pâle en même temps, qui caractérisait la pute souillée, tirée, richement et ridiculement loquée que pouvait être Yume. Ce fut dans ces nouvelles paroles, totalement négatives, qu'elle renchérissait, la gorge crispée, les larmes coulant sournoisement entre ses lèvres, entre ses mains, entre ses seins :

« Je ne connais que les paysages d'ici... Je ne connais que les malheurs d'ici... La froideur d'ici... La nourriture d'ici... Les choses d'ici... »

Elle ne savait ni lire, ni écrire, encore moins traduire. Elle ne savait rien faire à par se faire baiser piètrement en faisant croire au monde qu'elle était heureuse, que ça lui faisait du bien, qu'elle appréciait. Et silencieusement, en croyant encore qu'il ne la voyait pas, elle sanglotait, les mains encadrant ses tempes, le visage pourtant déjà perdus dans ses cheveux, là encore trop longs et trop noirs.

Trop. Trop, tout est de trop. Tout devait cesser. Le froid, le noir, la peur, le malheur. Ses larmes. Elle en laissait tomber, trop encore trop, chaque aube, chaque matin, chaque soir et chaque nuit.


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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 13 Oct - 21:18



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Égoïste, il ne pensait pas à ce qu’elle pouvait bien ressentir en l’écoutant se plaindre durant ces quelques minutes. Les mots sortaient tout seuls et apparemment, il ne cherchait même pas à y remédier. Si parler pouvait l’aider à se sentir mieux, le jeune homme ne voyait pas d’inconvénient à tenter le coup. Pauvre Yume, c’est sur elle que c’est tombé. C’est à cette pauvre fille de l’écouter se plaindre, ressasser un passée qu’il ne connaîtra sans doute plus jamais. Il ne s’agit pas là de pessimisme, juste de réalisme. Il n’existait aucun moyen pour quitter ces lieux et il doutait fortement que quelqu’un y parvienne un jour. Que c’est malheureux. Mais pleurer ne servirait à rien, se lamenter non plus. Pourtant, que faisait-il en ce moment même? C’était plus fort que lui, autant ne pas lui en tenir rigueur. Loin d’être aveugle et stupide, Oski déduit rapidement que la jeune prostituée pleurait. Aurait-il été blessant? Aurait-elle été émue? Peu probable, il n’y avait rien d’émouvant dans son minuscule monologue. Alors quoi? Serait-ce des souvenirs plus ou moins douloureux? Séparant ses lèvres, le brun s’apprêtait à lui demander si tout allait bien, lorsqu’elle prit finalement la parole.

Pour lui dire qu’elle n’a jamais rien connu d’autre que ce monde si triste. Alors il eut un pincement au coeur pour elle, bien que ça ne l’étonne pas plus que ça. Il s’en doutait déjà. Cela voulait donc dire que sa vie a toujours été aussi morose? Qu’elle n’a connu que très peu de moment de bonheur? Non. Elle avait connu le bonheur, elle avait eu une belle vie, il y a un moment apparemment. Pourquoi avoir troqué cette vie pour celle d’une pauvre prostituée? Ca n’avait aucun sens pour Oski, lui qui ne connaissait pas les circonstances de ce départ. Lui qui ne savait rien. Alors, il l’écoutait en espérant en savoir plus. En espérant la connaître un peu mieux. Il en avait marre de ce sentiment de solitude… Marre d’être un simple larbin aux yeux de tous. Sauf qu’il ne savait comment s’y prendre alors que la jeune fille pleurait. La toucher d’une quelconque façon serait sans doute une très mauvaise idée. « Tu voudrais y retourner..? » Question stupide. Évidemment qu’elle préférerait y retourner, quitter cette vie de merde pour enfin être heureuse.

« Je peux comprendre ce que tu ressens... » Parce qu’en y réfléchissant bien vous êtes un peu dans la même situation, non? Sensiblement différentes, mais cela n’avait pas d’importance. C’était tout aussi douloureux. « Mais tu sais… Tu pourras peut-être y retourner un jour. Penser ainsi te permettra peut-être de te sentir mieux... » Chose qui ne fonctionnerait sans doute pas avec toi, alors pourquoi avec elle? Bah, qui sait. Oski ne savait pas vraiment comment la réconforter alors c’était déjà ça. « Puis pleurer aussi, ça peut t’aider à aller mieux aussi... » Et il finit par poser une main timide sur son épaule, ne sachant vraiment pas que faire, comme s’y prendre de peur qu’elle s’indigne ou n’importe quoi d’autre de négatif. Tout ce qu’il voulait au fond, c’était se rendre utile autrement qu’en faisant le ménage et la vaisselle.

« Et je suis toujours là si tu as besoin de parler. On ne se connaît pas vraiment, tu ne me fais sans doute pas confiance mais bon… Je peux toujours écouter ce que tu as à dire... » Quelle piètre tentative pour se lier d’amitié. Disons qu’il n’avait pas l’habitude et que la timidité de la jeune fille ne lui facilitait pas la tâche. De toute manière, si Oski cherchait réellement la facilité, il aurait déjà abandonné la simple idée d’engager une conversation avec la brune. « Alors, il y a de la neige ici…? Je n’en ai pas vu… Pourtant j’ai quand même erré pendant un moment. »
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 13 Oct - 22:31


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

L’égoïsme ne lui était certainement pas propre, loin de là. Car la voilà là, qui regarde le sol en se lamentant entre deux, trois, quatre larmes qui ne cessaient plus de descendre encore et encore. Les paupières finalement closes, elle cherchait un réconfort, ne serait-ce que dans l’air tiède de l’atmosphère qui flattait encore doucement sa peau d’enfant. Un soupir parcourut cet endroit que tu croyais devenir à nouveau ce hameau de calme et de paix que tu avais connu. Pourtant, il fallait bien croire qu’il ne l’était qu’une fois seule. Et voilà que revient ton propre égoïsme. Et tu t’en voulais. Seulement parce que tu te sentais mal, parce que ça n’allait plus, qu’il fallait que ça revienne, ce temps où la pluie coulait à même des joues, exprimant son désarroi. Le corps tremblant, celui-ci fut ébranlé alors que le jeune homme se permettait de poser une simple question. Y retourner ? Si seulement c’était possible. Ah, si seulement, si seulement ! Elle l’emporterait avec elle pour qu’il ne cesse de se plaindre et qu’il profite de cet âtre bien déterminé à perdurer dans une cheminée gracieusement recouverte d’une suie à peine maculée. Elle voulait retrouver tout cela. Les moments de détente au creux du feu. Celui qui l’avait bercée pendant dix longs années dans les bras protecteurs de sa mère, parfois son père. La respiration douce, légère, troquée malheureusement avec cet habituel souffle douloureux et intense qu’elle supportait davantage jour après jour. La jeune femme désirait tout cela. Ardemment. Elle le voulait plus que n’importe quoi. Plus encore que s’en aller du Clos. Cette pensée, cette simple pensée de revenir à ses racines fit redoubler ses sillons, envieuse d’un tel endroit. Envieuse de ce Paradis qui lui paraissait oh oui, tellement loin.

Tellement blanc, tout de blanc et parfois de couleurs froides, il avait toujours été ce qu’elle préférait. La voilà se noyant dans une absence continuelle de couleur et de lumière. Toujours pourrait-elle dire que le destin lui avait fait rencontrer des personnes comme celui qui supportait maintenant cette crise passagère. Sans qu’il ne la blâme. Sans qu’il ne fasse quoique se soit. Sans qu’il ne paraisse vouloir la secouer. Peut-être était-elle mieux ainsi après tout. Piteuse, comme toujours depuis bientôt sept ans. Fallait-il donc croire qu’elle n’était faite pour ça ? Allez savoir, peut-être que cette ville l’avait réellement changée. Radicalement. Ah, si seulement tout le monde savait, à quel point elle avait sourit, à quel point elle avait ri ! Cela en étonnerait plus d’un. Sauf sa pauvre mère.

Ah, pauvre elle, pauvre génitrice. Elle qui ne désirait que le bonheur de sa fille depuis sa naissance, malheureusement le destin l’avait vu autrement. L’avenir, comme déjà tout tracé, avait fait d’elles des prostituées, des femmes loin d’être respectées, mais au fond bien protégées il fallait l’avouer.

Le garçon continuait à parler, elle avait peine à l’écouter et ne faisait que déchiffrer à partir de quelques paroles décryptées. Pleurer, penser positif, tout ça était bon pour elle ? Peut-être bien. Et pourtant, pleurer maintenant lui faisait tant de mal, tant de mal pour si peu de bien à l’arrivée. Elle était torturée. Elle voulait de l’aide. Ou ne serait-ce qu’un véritable réconfort. Un réconfort que le sexe ainsi pratiqué ne lui apporterait pas. Un réconfort que le thé à la menthe pourtant si bon de la maison close ne lui permettrait pas d’accéder. Elle ne savait plus quoi appeler son réconfort. Peut-être n’en avait-elle-même jamais eu, au final.

Un sursaut l’anima fortement, alors que sa compagnie, se sentant peut-être délaissé, ou peut-être peu écoutée, passait une main se voulant réconfortante sur ton épaule écartelée de soubresauts. Elle s’écarta un peu. Posant un regard totalement rouge sur lui, humide, le totale délabré et transformé en un torrent de tristesse et de désespoir. À croire qu’elle n’était réellement faite qu’à ça. Soupirer, se plaindre, puis recommencer, entre deux tasses d’eau parfumée, alors que chacune de ses amis tapotaient de cette manière son épaule en disant tristement « c’est la vie ! » Ah, quelle vision étrange qu’elles pouvaient se faire de la vie. Car vivre était d’être constamment rabaissé ? Car vivre était de se sentir souillée et objet en permanence ? Ah, difficile de se dire qu’elle faisait ce sacrifice pour sa mère, à croire qu’elle ne le faisait que pour éviter de se retrouver à la rue ou bien. Mais c’était simplement pour rester avec elle et souffrir. En silence si possible. Ce qu’elle faisait la plupart du temps. Mais là, là, il était temps pour elle d’éclater après autant de temps dans l’ombre.

« C’est tout blanc… C’est parfois gris… Il y a… Plein d’étoiles dans le ciel… Un feu dans la cheminée et… Tout était beau… »

Tout était beau oui. Tout était plus facile à tes yeux, malgré la faim qui te collait parfois au ventre. Mais ça t’allait, même si en bon enfant, tu te plaignais un peu, la vivacité des lieux te rassasiait autant qu’un râble de lapin. Tout cela était ce que tu nommais l’Inconcevable, ce que tu croyais perdu à jamais. Alors qu’il suffisait simplement à ce pauvre Rêve de croire en ses motivations pour y retourner. Car elle le pouvait. Tout était possible. Ou presque.

« Maintenant on ne voit plus les étoiles… »

Qu’elle pense alors à ce pauvre garçon qui ne reverrait certainement plus les étoiles de son monde. Voué à une existence terrifiante entre les quatre murs de cette prison. Ah, quel sort terrible, quel sort horrible, personne ne pouvait être là vraiment envieux. Personne et pas même les morts, qui devaient bien s’en retourner dans leur tombe à l’annonce d’un nouveau prisonnier à Gefängnis. Lui qui pourtant paraissait si innocent. Parfois si mélancolique. Parfois totalement dépressif, peut-être un peu trop impassible. Car oui, la jeune fille avait bien du mal à le comprendre, et elle ne le niait pas. Il était assez difficile à cerner. Énigmatique. Il fallait aussi dire qu’elle ne prenait pas vraiment le temps de s’y coller, entre les clients et les pleurs, elle avait bien d’autres chats à fouetter malheureusement.

« Maintenant tout est noir… Et… On est tous tapis dans le noir… On ne voit plus… Personne ne se regarde et… Et tout le monde se tue… »

C’était presque poétique et pourtant totalement tragique en même temps, elle qui baissait ses yeux, honteuse de se présenter ainsi devant le jeune homme alors qu’il avait pu voir ouvertement ses seins la première fois qu’ils se sont rencontrés.

« Je… Il ne faut pas en parler… »

La voilà qui faisait tourner la balance, de sa voix chevrotante, pitoyable, et non là en faveur du garçon. Dommage pour lui, lui qui paraissait assez intéressé, lui qui désirait sûrement encore l’aider. Mais elle ne se rendait compte de rien, innocente, inconsciente, presque insolente, elle se recroquevillait davantage, fermant les yeux en posant sa joue sur ses genoux, déglutissant bruyamment, la gorge tellement nouée qu’elle en perdrait l’usage de sa voix. Ah, tant de mal pour vivre. Tant de mal pour ce qui était appelé vivre. Tant de mal pour ce qu’elle appelait survivre, voire périr.



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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Ven 17 Oct - 0:43



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Ses doigts glissaient sur l’herbes, tandis que la jeune fille répondait à ses questions. Il n’avait pas retenu le rejet de celle-ci alors qu’il avait simplement tenté un geste sensé être réconfortant. Oski n’allait pas lui en tenir rigueur, après tout, elle ne le connaissait pas. Alors son geste était peut-être un peu déplacé. Était-il si effrayant que ça? Constituait-il une menace à ses yeux? Étant donné à quel point elle se méfiant, ce ne serait pas étonnant. Oski ne comprenait pas. Parce qu’il lui avait sauvé la vie et qu’égoïstement, il pensant que cette dernière lui était un minimum redevable. Allons Oski, tu ne pouvais pas lui en vouloir, tu ne savais rien de ce qu’elle a bien pu vivre. Alors il faisait un effort, n’en disait rien, se disant que tout ira peut-être mieux plus tard. Même s’il savait qu’il ne pourra rester éternellement au Clos. Alors il l’écoutait décrire son ancienne maison, là d’où elle venait, sans doute son Paradis actuel. Ça lui manquait, ça se sentait. En même temps, Oski ne pouvait que se montrer compréhensif. Il savait parfaitement ce que c’était, ce qu’elle pouvait bien ressentir. Sauf qu’elle avait une chance d’y retourner. Lui, aucune.

Dans tous les cas, ce qu’elle lui décrivait lui donnait envie. Le Clos n’était pas un taudis, mais il savait pourtant s’en contenter, bien qu’il ne se sente pas chez lui. Tout simplement parce qu’il ne l’était pas et qu’il ne le sera sans doute jamais. Et le triste monologue de la brune n’arrangeait pas les choses, elle qui s’exprimait de manière si enfantine. Oui, on aurait vraiment dit une petite fille. Il aurait bien dit que c’est adorable si le contexte était différent, plus joyeux. Là il se sentait mal, écoutait Yume malgré tout. Par respect. Par curiosité. Par intérêt. Pourtant, elle ne voulait plus en parler. Sans doute était-ce trop douloureux. Mais Oski voulait savoir, il voulait connaître un minimum le monde dans lequel il allait vivre désormais, aussi pourri et triste soit-il. Et surtout se rendre utile. « Pourtant, en parler un peu pourrait te faire du bien.. » C’est une façon comme une autre de faire comprendre qu’il lui offrait son aide. Espérons qu’elle comprenne et saisisse la main qui lui était tendue.

« Ce monde me fait peur. Je ne connais rien ni personne, je ne suis pas désiré. Mais je veux quand même avoir une vie. Une belle vie de préférence. » C’était peut-être trop demander pas vrai? On ne l’a pas envoyé ici pour qu’il trouve le bonheur, n’est-ce pas? Ce serait trop beau pour être vrai. Le jeune homme arrachait les brins d’herbe, le tordant entre ses doigts, fixant droit devant lui. Comme s’il n’osait pas lui faire face. « Je ne pourrais sans doute pas réaliser mes rêves. Sauver des vies, fonder une famille, avoir une grande et belle maison… Je ne serai peut-être même pas heureux. Mais j’espère et je veux pouvoir vivre. » Au mieux oublier le passé, ce qui était impossible. Alors autant s’y raccrocher, en faire une force. Il avait beau se dire ça, le jeune Jeremiah avait de la peine. Beaucoup de peine. C’était encore trop récent. Au fond, ce dernier pensait encore qu’il ne parviendrait jamais à s’y faire. Oski se tourna finalement vers Yume, lui adressant un triste sourire qu’elle ne verra sans doute pas. « Mais c’est peut-être trop demandé. »

Peut-être même mourra-t-il jeune, ce soir, demain, dans deux jour, dans deux semaines… De toute manière, son espérance de vie a gravement chuté, ce ne serait pas étonnant. Le plus tard sera le mieux, mais sans doute était-ce trop demander, encore une fois. « Puis je dois t’ennuyer avec tout ça... » Toujours à se plaindre alors que c’était à elle de se livrer. La jeune prostituée qui pleurait et qu’Oski ne savait comment consoler. Un contact quelconque était strictement interdit apparemment. Voilà qui est bien problématique.
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 20 Oct - 17:45


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »



Elle l’avait bien écouté, mais rien ne semblait la perturber, pas même ces allusions à une aide quelconque qu’il pourrait insinuer. Cette main lui paraître pourtant si difficile à atteindre. Cette main, qu’il pouvait lui tendre, l’unique depuis des années ; pourquoi ne pas la prendre, effectivement ? Allons Yume, ne te prive pas d’une telle opportunité ? Ce serait stupide, non ? Alors ? Pourquoi hésitais-tu désormais ? Ah. Parce qu’elle avait peur. Elle était effrayée, malgré cette envie, sans doute infernale, incontrôlée, pourtant emprisonnée en elle, de ne plus se sentir seule, de ne plus être livrée à elle-même. Elle voulait être accompagnée, elle voulait se sentir protégée, se sentir entourée, comme pourrait le permettre la bonté du Clos, mais là n’était pas sa véritable place, et Dieu seul le savait peut-être mieux que quiconque. Peut-être même mieux qu’elle, qui se contentait de se soumettre à la vie pour ne plus être cette pauvre folle qui se cachait dans tous ces coins de rues un peu trop insalubres. Cette abrutie qui ne cessait plus de pleurer et endiguer le sang qui coulait d’une plaie un peu trop infectée. Combien de fois aurait-elle pu y rester ? Profondes sur les jambes, profondes au niveau des bras, parfois la hanche et même le flanc. Il n’était pas si impressionnant de voir quelques petites cicatrices, un peu partout. Douces, qui petit à petit, commençaient à disparaître, s’avouant trop sensibles au temps pour rester indéfiniment sur la peau. Le visage crispée, elle s’avançait alors, au niveau de cette eau si translucide, sans réfléchir, se penchant pour mieux la regarder. Se penchant, les pieds accrochés au niveau du bord, comme pour ne pas tomber. Ah et malgré tout, la voilà, le nez touchant presque sa surface de glace, cette si belle surface miroir qu’on croyait envoûtante. Car telle Narcisse, on aurait pu croire qu’elle se regardait. Avec intérêt. Mais tout ce qu’elle fit à son reflet, après l’avoir vaguement reconnu au-dessus de la beauté fluviale, fut de grimacer. Une grimace lourde sens, qui la fit fermer les yeux alors qu’elle déglutissait. Elle se trouvait laide. L’artifice de muqueuses bien trop noir pour son visage si blanc. De même pour l’ombre des paupières. Trop de rougeurs synthétiques sur ses joues excessivement pâles. Trop, encore trop de peinture sur ses lèvres si fines et terriblement lisses.

S’en débarrasser. Une idée tellement belle, qui se prouverait être au combien agréable ! Au combien bénéfique pour cette peau d’enfant. Celle que tu arborais tellement bien une fois défaite de tant de faux pigments. Elle qui se trouvait horrible, tandis que d’autres la trouvaient assez belle pour entraver ses poignets et ainsi la laisser partager un plaisir qu’elle ne ressentait jamais, dans une douleur qui la faisait crier uniquement de douleur. Douleur que certains imbéciles – tous apparemment – appelaient ça de l’envie. Peut-être que finalement, cet aspect de poupée était le sien ? Si certains étaient assez fous pour la trouver jolie, peut-être n’était-elle une belle pomme qu’ainsi ? Cette pomme, si rouge, si brillante et intimidante. Celle qu’elle aurait préféré être plutôt que cette chose noire et pourrie, pourrie, souillée, jusqu’à la moelle épinière. Cette chose qu’elle ne pouvait plus supporter, qu’elle préférerait annihiler. Un suicide ? Comment ne pas y penser.

S’en débarrasser. Retirer l’artifice, quitte à se noyer. Elle ne savait pas nager, et alors ? Le bord n’était pas aussi loin, elle pouvait s’en sortir. Elle en avait vu d’autres. Elle avait survécu à bien d’autres manières plus dangereuses que Nature put lui prodiguer – au grand dam de celle-là. Ainsi donc, elle commençait à retirer ses pans, un, puis deux tours. Le troisième, bien scellé, dévoila un corset bien trop étriqué pour son petit corps fatigué. Un habit qui lui coupait presque nettement la respiration. Et elle ne bronchait pourtant pas de toute la journée, avec cette chose qui lui lacérait les côtes. Pour en avoir déjà cassé une à quelques-unes, pour avoir déjà étouffé à mort quelques autres, il fallait bien avouer qu’elle avait quand même de la chance en soi. En enlevant, laissant ici se remarquer un corps pratiquement nu malgré la fraîcheur de l’air, elle prit une inspiration, lourde, reprenant ses esprits, appréciant cette intense bouffée qu’elle ne pouvait pas prendre avant. Ce ne fut qu’à partir de ce simple moment qu’elle commençait alors à regarder plus attentivement. Elle avait gardé ses collants, sans peur, se fichant se les effilocher tant il y en avait dans le manoir où elle vivait.

Une inspiration, douloureuse main bien présente. Une peur assez conséquente. Mais elle désirait s’en débarrasser. Tant pis pour les pots cassés.
Elle se laissa tomber.

La tête la première. Elle disparut. Elle se laissait aller dans ce liquide où elle ne respira plus pendant d’uniques et interminables secondes. Elle ne se sentait pas réellement en manque d’air. C’était comme… Une sorte de plénitude inexplicable, quelque chose qu’elle ne comprenait pas, qu’elle ne pouvait pas non plus décrire. Quelque chose qui paraître indélébile. Tout cela lui paraissait impossible pourtant. Elle était enveloppée, dans le froid, mais c’était là où elle se sentait bien. Depuis son enfance, hein ? Son enfance, cela lui revenait à l’esprit. Doucement. Papa. Mama. Un soupir. Presque un sourire. Un soupir qu’elle n’aurait jamais dû faire. Elle expira, machinalement. Et avala de l’eau.

L’hécatombe. Tout partit. S’envola, d’un coup. Comme un miroir que l’on brisât avec force. Et elle expira, elle commença à s’affoler, remontant son visage avec rapidité. La pauvre prostituée prit une respiration, violemment, tenta de barboter. Mais rien. Pourtant, elle n’avait plus du tout son apparat. Mais, non. Elle retomba, brusquement. Comme si une puissance invisible la tirait à l’arrière. Et elle se battait avec cette eau qu’elle trouvait auparavant si belle et qui désormais se trouvait être un ennemi invincible. Ah oui, comment te trouvais-tu maintenant, pauvre ignorante ? Sale gosse. Noies-toi donc, tu ne méritais que cela. La douleur d’un liquide trop acide parcourant des poumons fragiles. Ses poumons. Ses pauvres poumons qui allaitaient, demandaient de l’aide, commençaient à se gonfler, gonfler, gonfler. Se vidaient de leur oxygène sans plus en recevoir. La fin ? Aucune idée, et même si longtemps avant elle aurait demandé à mourir, comme un insecte, un indésirable, elle se débattait. Encore, encore et encore.



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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Mar 21 Oct - 18:48



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Tu ferais mieux de te taire Oski, apparemment elle n’en avait rien à faire de ce que tu pouvais bien lui dire. Peut-être parce que tu parlais trop à son goût, peut-être parce qu’au final, ta présence l’importunait plus qu’autre chose. Peut-être que tu aurais dû rester au Clos et continuer de travailler. Après tout, c’est là qu’était la place d’un larbin non? En plus, il faisait plutôt bien son boulot apparemment. Il le fallait bien pour séduire et garder la confiance de son hôte et ainsi bénéficier d’un toit un peu plus longtemps. Dire qu’auparavant il faisait partie d’une famille aisée. Dire que grâce à l’argent, tout le monde pensait qu’il ne manquait de rien. Le voyait aujourd’hui à récurer les chiottes d’un bordel. À tenter d’apporter son aide à une jeune fille qui n’en avait apparemment strictement rien à faire de lui. Qui pour prendre sa place? Le brun avait beau se sentir très légèrement vexé et invisible, il n’en fit pourtant rien à part lâcher un soupir, proche d’un grognement. Eh bien quoi? Tu allais faire la tête? Pauvre chou. Mais c’est qu’il aurait très bien pu rester là et la fermer tout du long que ça aurait été pareil.

Mais, n’était-ce pas un peu trop égoïste de se plaindre de l’inattention de la brune? Même si lui-même l’écoutait à chaque fois qu’elle daignait se confier. C’était rare, mais ça arrivait. Et dans ces moments-là, le jeune Jeremiah avait l’impression d’être une personne privilégiée alors qu’il en était loin. De toute manière, il finissait toujours par redescendre sur terre ensuite. Heureusement d’ailleurs. Bref. Oski avait jugé bon de ne plus rien dire à partir de maintenant. De toute manière, ce n’est pas comme s’il pouvait faire autre chose que se plaindre constamment. Sans un mot, il avait regardé la prostituée s’approche du bord, se pencher et admirer l’eau. Avant qu’elle ne commence à se déshabiller, apparemment sans gêne. Surpris, le brun n’avait pourtant pas pris la peine de détourner son regard. De toute manière, ce dernier avait déjà vu sa poitrine à découvert alors… Quoique, ce n’était pas vraiment une excuse pour lui permettre de la voir nue. Mais, peu importe.

Il l’avait aussi regardé plonger sans s’alerter. Pour lui, si elle s’aventurait dans ces eaux-là, c’est qu’elle savait nager. Pour sa part, il passait son tour. Le jeune homme n’aimait pas spécialement se baigner. Surtout pas après ce fameux incident. Mais voilà que tout ne se passait pas comme prévu. Oski savait reconnaître une personne en difficulté dans l’eau et il constata avec effroi que c’était le cas de Yume. Elle avait donc plongé en sachant pertinemment qu’elle ne savait pas nager? Qu’elle risquait de ne jamais atteindre le bord? Jeune inconsciente ou simplement suicidaire, il n’en savait rien. Et honnêtement, ce n’était pas le plus important pour le moment.

Lance-toi Oski.
Elle a besoin d’aide, tu ne vois pas?
Si tu vois.
Qu’est-ce que tu attends?
C’est la peur qui le paralyse. Une imagine encore bien trop nette dans son esprit.
Il déglutit, inspire, expire. Paupières closes.
Il plonge et nage, nage.

Et c’est par la taille qui saisit la jeune prostituée pour la ramener vers le bord. Et c’est l’adrénaline qui le pousse à braver sa peur, qui lui permet de ramener Yume saine et sauve. Mais c’est un soulagement hors du commun qu’il ressent lorsqu’il quitte l’eau, tandis qu’il reprend ardemment son souffle. Oski tremblait. Oski était en colère. « Putain, mais qu’est-ce qui t’as pris?! » Tu lui as fait peur, tu sais ça? Tu aurais pu mourir, tu sais ça? « Quelle idée de plonger la tête la première quand on ne sait pas nager!? » Oski n’a pas envie de revivre ça, tu sais. Il n’a pas envie que tu meurs. « Putain... » Il n’est plus en colère Oski, il est effrayé. Il en tremble encore, tu peux le voir?
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Ven 24 Oct - 22:27


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

Elle n’avait jamais dit qu’elle n’était pas égoïste. Jamais. Peut-être était-elle-même l’une des gamines les moins fréquentables de ce stupide pays. Stupide pays, et cette stupide eau, qu’elle avait pitoyablement affolée. Une frénésie qu’elle payait d’une noyade assez peu agréable. Bien fait. Que ça te serve de leçon, sale putain. Que ça te rappelle à quelle point la vie était une chienne, à quelle point tu étais manipulée par une sorte d’esprit qui, sans cesse, telle une marionnette, jouait avec toi. Oui toi, vulgaire pantin maquillé et pratiquement déshabillé. La honte ? Quelle honte ? La pudeur ? Ah, à quoi bon. À quoi bon quand chaque jour, chaque soir, plusieurs hommes se ruaient dans la chambre de la gamine. Un de plus comme un de moins, plus rien ne l’affectait. Puis, à part le dessin doucement remarquable de ses seins, leur superbe galbe rebondissant, là encore, que pouvait-il remarqué ? Elle avait gardé ses bas. Elle avait gardé un faible haillon qui cachait son ventre. Oui, qui l’avait caché, avant qu’elle ne se jette à l’eau. Maintenant mouillé, trempé, on pouvait bien remarquer, une fois sortie de l’eau, jusqu’à la forme de son nombril, la maigreur de son petit être, sans réellement les deviner entièrement effectivement. Ça n’était pas encore transparent.

Parce que oui, petit bébé ne savait pas nager. Et petit bébé avait été sauvé comme un bébé se devait d’être ménagé. Ah, saleté de bébé va. Pourquoi ne pas l’avoir laissée périr ? Certains auraient vulgairement sorti qu’elle n’obtenait que ce qu’elle méritait. Ne l’avait-elle pas cherché ? C’était bien bête à dire là encore, mais non, elle ne l’avait pas cherché. Elle ne l’avait pas demandé. Sinon, elle l’aurait fait sans compagnie. Sinon, elle n’aurait pas accepté de venir avec Oski. Autant tout faire dans l’ombre. Pour ne pas laisser le monde dans l’embarras. Pour ne pas les voir avoir peur, les entendre hurler de terreur. Ça n’était pas la peine, pas pour elle, il y avait d’autres douleurs un peu partout dans le monde. La sienne était futile, à côté des maladies, des tortures et des idéaux vides de sens. L’air lui revint donc, d’un coup, alors que tout se coupait, pour laisser place à des toussotements étranglés, gras, violents, tumultueux. Tout tremblait en elle, alors qu’elle se débarrassait les bronches, demandait absolument de l’air, la bouche grande ouverte, la langue en panique, le menton frissonnant. Tout coulait de noir sur ses joues, la peinture sur ses joues et ses lèvres s’en étaient allée. Comme une peau qui se retirait et laissait place à une nouvelle, la prostituée laissait place à la jeune fille. Elle se frottait les yeux, ça piquait, tout le noir lui rongeait les cornées. Elle frottait donc, s’aidait de son piètre chandail, continuait encore, avant que tout ne s’efface, perdu sur la surface de son haut qu’elle frictionnait péniblement à son tour pour tout faire disparaître entre ses doigts tout à fait crispés. La pauvre était transite. De peur, de douleur, toussant encore, les épaules relevées. Elle humectait plusieurs grosses bouffées d’air, maintenant qu’elle le pouvait, maintenant qu’elle ne toussait plus. Libérée. Déchainée. Elle avait vraiment cru y rester. Ah, quelle sotte.

Un nouveau sursaut la prit. Soudainement. Le garçon la secouait un peu. Elle le regardait, les contours des yeux un peu noirs. Il avait l’air énervé. Il avait l’air accablé. Il jurait. Ses étranges rubis scintillaient d’une lueur qu’elle décrirait d’indescriptible. Elle le fixait, autant qu’il pouvait désormais la scruter, violemment. Intensément. Les mains tremblantes. Le corps tremblant. Tout son être était choqué. Et l’adolescente était tapie, juste là contre lui. Elle le fixait oui, elle n’arrêtait plus. Yeux contre yeux, elle était intimidée. Elle ne savait pas quoi faire d’autre. Impuissante. Frémissante. Elle déglutit alors, dévorant presque, timidement, sa lèvre inférieure qui finit par l’abandonner alors qu’elle bégayait, cherchant ses mots, sans le lâcher d’une semelle, œil persécuté, pupille rétractée, traumatisée. Ne faisant pas attention à ses phalanges gelées, maintenant perdues sur son ventre qu’elle caressait, petit ventre sans faim, qu’elle serrait davantage.

« E-… J-… J-j-… Je… »

Le petit Rêve ne savait pas. Sa petite voix, si belle, si douce, comme une berceuse, était perdue. Non, elle ne paraissait plus là. Elle croyait le regarder, alors que de l’extérieur, elle était encore ailleurs. Et elle ravala encore cette salive trop épaisse, trop produite, par cette impression d’avoir gaffé. Ce qui était le cas, sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Non. Pourquoi réagir d’une manière aussi violente ? Pourquoi ne pas simplement se dire qu’elle avait eu une chance que certains n’ont pas eu que beaucoup d’autres et n’auront pas ? Elle resta crispée, après ce bref aparté, avant de se sentir emportée par le froid, par la frayeur. Le choc retombait de plein fouet. Pauvre petit visage, si beau maintenant sans maquillage. Déformé par la peur, il se retrouve sans valeur. Ne pas réfléchir, ne pas s’abstenir. Les yeux grands ouverts, certainement trop expressifs, d’où émanait grièvement trop de détresse, le cœur battant sans paresse, la brunette finit par se retrouver contre le jeune homme, basculant vers l’avant, comme si ses maladresses relationnelles et sa légendaire défiance s’étaient envolées en même temps que cette noyade bien spéciale.

« … S-su… Suis désolée… »

Oui, encore, elle parlait – elle essayait, ses paroles accentuées par des soubresauts. Elle tremblait, elle avait froid. Elle était apeurée. Comme une enfant. Une enfant à battre. Que vienne la punition. Ah, et pourtant, elle avait l’air déjà de l’avoir reçue. Que deviendrait-elle avec deux trois coups de bâtons, ou bien d’autres réprimandes ? Autant ne pas la tuer, cette minuscule poupée. Son vinyle était déjà si fragile. Déglutissant encore, elle répliquait, encore ainsi, frissonnante, accrochant désormais ses petits doigts tétanisés aux longs ongles de porcelaine sur le haut trempé du garçon :

« J-je s-uis d-désolée… »

On aurait cru qu’elle avait pleuré. Encore, pour changer, mais non, c’était simplement telle une voix d’enfant terrassé. Si elle faisait pitié ? Elle l’inspirait, certes. Cependant, peut-être était-il mieux de s’inquiéter pour la réaction et la tremblote du grand brun qui lui servait d’appui. Il avait l’air totalement horrifié pour le coup. Elle ne l’avait pas ressenti autant qu’en entendant son cœur maintenant. Il criait, tambourinait, explosait littéralement sans sa poitrine. Pourquoi donc ? Pourquoi tant d’implication ? C’était si effrayant que cela, une personne qui se noie, quand on savait pertinemment qu’on pourrait la secourir ? Ah, malheureusement, elle ne pourrait guère savoir. La jeune Yume ne savait pas du tout ce que cela faisait, étant donné qu’elle n’avait jamais secouru personne des eaux. Encore heureux, sinon il y aurait eu deux morts ce jour-là. « Excuse-moi… » C’était plus lourd de sens, plus violent car la pauvre ne tenait plus à se laisser mordre par le froid qui l’enveloppait. Elle voulait lui dire franchement, carrément, mettre les pieds dans le plat, elle voulait montrer sa confusion. « Je suis désolée… » Et elle continuait, encore une, deux, trois, quatre, énième fois, avant qu’elle ne tousse à nouveau, reposant mollement sa joue à peine rose sur son torse, sans réellement le remarquer. Elle ne faisait plus attention à rien, cette insolente, même si elle savait dans un coin de son esprit, qu’être repoussée était une possibilité. Tant de choses, pendant qu’elle expirait, une fois second torrent pulmonaire, moins impressionnant, passé. Et son palpitant s’affairait encore. Mais elle ne le relevait pas. Elle se contentait plutôt, une ultime fois :

« J-... Je ne... Vou-... Voulais pas... »

Pauvre gamine, va.


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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Jeu 6 Nov - 22:40



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Désolée, désolée, désolée. Tu pouvais l’être jeune fille. C’était bien la pire chose que tu aurais bien pu faire. Tu ne savais pourtant rien de ce traumatisme qui hantait le jeune homme depuis trop longtemps déjà. Peut-être aurais-tu été plus prudente si tu avais su? Peut-être t’en aurait-il parlé si tu lui avais démontré un peu plus d’attention? Peut-être que ça ne serait jamais arrivé. Malheureusement, vous n’avez pas eu cette chance. Et Oski tremblait, encore et encore. Il devait avoir l’air bien pathétique, pas vrai? Un jeune homme comme lui ne devrait pas perdre ses moyens aussi facilement, non? Oski ne répondait point, sans doute encore trop choqué pour dire quoique ce soit. Pourtant, il devra bien s’excuser de s’être emporté de cette façon. De lui avoir parlé d’une manière aussi rude. Mais pour le moment, le jeune Jeremiah ne pouvait s’empêcher de la penser une grande partie responsable et de lui en vouloir un minimum. Calme toi Oski. Tout va bien. Tout le monde va bien.

C’est ce qu’il aurait aimé penser. Mais lui, il n’allait pas bien. Pas du tout. Il ne souffrait pas physiquement, non. Mais voilà une chose qu’il n’aurait jamais voulu revivre. Serait-ce le karma? Le jeune homme qui ne croyait pas à ce genre de chose commençait désormais à douter légèrement. Aurait-il fait quelque chose de mal pour mériter tout cela? D’abord d’avoir été envoyé en ces lieux. Ce n’était pas vraiment le moment de se plaindre de ceci pourtant. Oski n’allait rien lui faire, il n’allait pas la frapper, il n’aller pas hausser un peu plus le ton. Il n’était pas son père, pas son frère, il n’était rien pour elle. Enfin, là, tout de suite il était tout de même l’homme qui lui avait sauvé la vie. Ce n’était pas rien. « Plus jamais... » Et qui es-tu pour lui dire ça? Qui es-tu pour espérer pouvoir l’empêcher de recommencer? Pour le moment, elle avait bien trop choquée pour retenter le coup de si tôt.

Paupières closes, il reprenait son calme, sentait son coeur ralentir progressivement sans réellement se rendre compte de la proximité avec la jeune fille. Et puis ce n’est pas dans un moment pareil qu’il allait se gêner ou quoique ce soit d’autre. Au contraire, il l’avait laissé faire sans broncher, comprenant qu’elle pouvait encore être sous le choc. Oui au final, la prostituée ne cherchait sans doue pas à se tuer. Juste que cette dernière n’a pas été assez prudente. Heureusement qu’Oski était là d’ailleurs. Celui-ci déposa d’ailleurs son propre vêtements sur les épaules de la brune qui devait sans doute être morte de froid. Puis il l’avait laissé reposer sur son torse, sans penser à une quelconque ambiguïté. Ce dernier jouait simplement le rôle d’un soutien.

« Désolé… Je me suis emporté... » Elle ne pouvait pas comprendre. Elle ne savait rien de cette fameuse histoire. Parce qu’Oski ne voulait pas en parler. Parce qu’Oski détestait en parler. Peut-être qu’un jour elle saura, peut-être qu’un jour il dira. Mais encore faut-il qu’il survive jusque-là. Rien n’est moins sûr. Le brun ferma ses paupières, expirant profondément, sentant toujours cette petite joue contre son torse. La pauvre. La chose positive, c’est qu’Oski n’était désormais plus persuadé que la jeune fille le trouvait effrayant. Il lui faisait peur, pas vrai? Enfin, peu importe. Là n’était pas la question. « Tu... » Il déglutit, inspire et expire. Et la voix légèrement tremblante, il recommence : « Tu as froid…? »
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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Lun 17 Nov - 22:10


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

« Je ne voulais pas... »

Elle ne voulait pas non. Elle ne le désirait pas. Mais elle n'avait pas eu le choix. Pas sur le moment, non. Elle avait été comme happée par les eaux, happée par la tendresse de cette Ballerine aux doux murmures de cantatrice. Tentatrice. Elle la maudissait, sur le coup. Elle la maudissait, qu'après tant de temps passé en sa compagnie, après tant de moments, comme complices, à s'échanger quelque sursauts et calmes paroles, la Danseuse eut pu permettre à la jeune fille de s'évanouir entre ce qui faisait d'elle ce qu'elle était. Ce fut comme un filet au moment même où elle eut commencé à se débattre, Et rien que ces sombres pensées, celles qu'elle aurait très bien pu succomber là, enlacée, enchaînée, harcelée par une force qu'elle considérait comme amie, la rendait folle. Tout cela la dépassait. Tant qu'elle passait un tissu déjà profondément mouillé à la hâte sur son petit teint pâle et dénudé de toute peau artificielle, afin de se débarrasser de toute sorte de mal. Elle ne voulait pas mourir. Elle avait bien décidé de le faire, de nombreuses fois. Mais il y avait un fossé énorme entre les pensées et les actes, appelé résolution. Ce qu'elle n'avait pas franchi. La transcription n'avait pas été faite. Et là, la voilà entre deux eaux, telle une variable incontrôlable. La voilà,  oui, suggérant sa mort un temps, et s'accrochant à la vie de l'autre.
La voilà d'ailleurs qui se crispe, se déchaîne sur les habits du garçon en s'obligeant pourtant à ne pas pleurer. Restant un minimum forte, ne tenant pas à se montrer plus laide qu'elle ne l'était déjà. Un soupire ébranlait tétanie, faisant de son corps une véritable cocotte minute alors tandis qu'elle cherchait à se calmer. Tremblante, tremblante, elle se reposait enfin quand elle ferma les yeux et songeai t à autre chose.  Écoutant le cœur un peu trop rapide du garçon.

Elle aimerait bien le calmer. Le petit être aimerait énormément servir à quelque chose, se sentir plus utile à son bien-être, à lui, pour une fois, mais hormis se laisser faire, le laisser l'agripper, se soumettre à de quelconques pulsions masculines et bestiales, elle ignorait comment soulager un homme d'une frustration diverse. Tant qu'elle apprécierait connaître finalement d'autres manières, car il n'avait pas l'air apte à ce genres de choses. Tant mieux pour elle, elle ne tenait pas du tout à s'infliger ceci en dehors de ses horaires de travail.

Profitant du repos de son torse, elle en profitait alors davantage pour se reposer, pour reprendre ses esprits, pour ne pas succomber à la peur ambiante  qui peut tristement l'occuper en ce moment. Certainement moins que le jeune homme, étrangement. Il avait l'air traumatisé. Prenant donc appui contre lui, les mains placées contre sa cage thoracique, bien plates, elle le scrutait alors, encore tout à fait collée à lui. Plus jamais ? Bien, plus jamais. Elle ne fera plus rien. Là, pour le moment mon garçon, elle était contre toi, et elle ne risquait pas de retomber dans l'eau de sitôt effectivement, Le karma. C'était ce qu'il pensait. C'était la conclusion qu'elle pourrait également donner, elle qui pourtant ne croyait absolument en rien. Rien à part le Paradis. Pourquoi donc ? Parce qu'elle l'avait connu. Du moins, elle a déjà vécu dans le sien. L'unique, le véritable. Là où elle avait tristement tout quitté. Et qui animait une question bien triste : Y a-t-il encore du feu dans l'âtre chaud de ma maison ? Sa maison. La sienne. Elle ne supporterait pas de voir quelqu'un d'autre dedans, si un jour elle se retrouvait miraculeusement à rejoindre cet endroit.
Mais là n'était pas le moment de rêvasser. Cesse de te faire du mal. Cesse de penser à toi, ne serait-ce que trente petites secondes. Cesse de te lamenter sur ce sort qui de toute façon était depuis longtemps scellé. Reste collée encore un peu là, en espérant que tu lui fasses du bien, que tu le réconfortes. Enroule-toi dans cette longue veste qui te couvrait presque toute entière. Il paraissait ne pas vouloir te regarder au départ, alors que tu le fixais, ton menton frôlant à peine le tissu imbibé du peu de vêtements qui lui restaient. Et en posant à peine son regard sur toi, il finissait par t'adresser la parole. Froid ? Hum. Froid. Effectivement, elle avait froid. Mais, aucun problème, elle pouvait forcément le surmonter. Tes petits yeux bleus, revenus à la normal, caressait son visage avec douceur, le regardant à droite, puis à gauche, vagabondant un peu partout sur son visage d'homme alors qu'elle déglutissait un peu.

« Je... Ce serait à moi de te demander... »

Et au Diable qu'il se soit emporté, au Diable qu'il eut pu mal lui parler. C'était sa faute à elle, entièrement sa faute et il pouvait parfaitement lui en vouloir. Et en se crispant une dernière fois, elle finit par poser un regarde un peu perdu sur lui, quelque chose de plus enfantin, de plus attristé, alors que sa petite voix balbutiait :

« Je suis désolée... De ça... Je ne pensais pas tomber... Pas comme ça... Et... »

Elle cherchait réellement à se faire pardonner. Yume ne supportait pas faire du mal aux autres, et préférait amplement se faire un unique et propre mal. Ce qui était visiblement assez compréhensible. Alors, en expirant brutalement, elle dit dans un tremblement léger :

« Ton cœur bat tellement vite... »

Tant que toi, petite prostituée, ça t'en ferait perdre le souffle. Tant que tu t’en voudrais encore davantage alors que tu continuais de le fixer, tandis que d’un soupire simple, grimaçant un peu, tu baissais la tête. Ah, petite chose avait peur d’autres réprimandes. Elles n’aimaient pas ça. Elle ne pouvait pas se permettre d’en supporter plus. C’était égoïste, mais elle n’aimait pas ça, voilà tout. Elle était comme ce genre de petite fille malheureuse à chaque problème que l’on réglait en la secouant un peu trop. Fragile, fragile. Trop fragile. Elle était indécrottable. Elle était insupportable. Et c’était comme ça qu’elle comprenait finalement qu’elle s’avouait trop… Yume.



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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Mer 26 Nov - 22:20



« Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes. »
Évidemment qu’elle ne voulait pas. Elle n’aurait de toute façon pas pu franchir le pas, pas vrai? C’est ce qu’il disait pour se rassurer, se convaincre qu’une chose pareille ne se reproduirait jamais sous ses yeux. Devra-t-il en parler à la mère de la jeune fille? Elle qui avait la chance d’en avoir encore une. D’ailleurs, le brun ne comprenait pas comment elle pouvait laisser la chair de sa chair pratiquer une occupation pareille. La prostitution. Oski ne pouvait s’empêcher de penser que ce boulot était extrêmement dégradant pour la femme et même les quelques hommes qui avaient le malheur de la pratiquer. À moins qui l’aient fait par choix, mais ça lui paraissait bien peu probable. Mais ce n’était pas à lui de juger après tout. Peut-être qu’ils n’avaient pas pu faire autrement.
Il n’avait pas bronché lorsqu’elle s’en prenait violemment à ses vêtements. À vrai dire, il n’en avait pas grave chose à faire. Limite s’il ne le remarquait même pas. Ce n’est pas comme si elle lui faisait du mal ou qu’elle l’importunait. Et ce n’était en aucun cas à cause de la distance minime qui le séparait qui faisait battre son coeur de cette manière. Non, c’était juste la peur. Peut-être qu’elle ne comprenait pas pourquoi il se sentait si mal alors qu’il n’est pas celui qui a bien failli se noyer. Mais ça, c’est parce qu’elle ne connaissait pas toute l’histoire. Parce qu’Oski ne daignait la raconter à personne. Parce que personne n’avait besoin de le savoir.

« Moi ça va… Ca va... » Et pourtant il avait bien besoin de chaleur et de réconfort. Pas avec la manière où Yume était sensée exceller, non. Quelque chose de sincère, de réelle. Chose que cette dernière ne pourra sans doute pas lui procurer, étant donné la manière dont elle se méfiait de lui. Pourtant, là, tout de suite, la proximité ne semblait pas la déranger. Peut-être ne se rendait-elle pas vraiment compte qui sait.
Alors tout ça, ce n’était pas volontaire? Jamais elle n’a voulu mettre fin à ses jours en choisissant la noyade? Ce n’était qu’un simple accident. Et heureusement que le jeune homme l’avait accompagné jusqu’ici, sinon Dieu seul sait ce qu’elle serait devenue. Sans doute ne serait-elle plus de ce monde, pauvre jeune femme qu’elle est.

Puis il inspirait, expirait profondément, tentant d’atténuer les battements de son coeur beaucoup trop rapide. Et ça commençait à devenir assez dérangeant. Puis il avait posé son regard sur la jeune prostituée qui justement, se permettait un commentaire sur la fréquence de ses battements. « Oui mais ça va allez…. Ca va se calmer… C’est juste… L’adrénaline... » Et la peur. Mais le jeune Jeremiah estimait qu’il n’avait nul besoin de le préciser car Yume devait déjà l’avoir remarqué. Qu’il se pissait à moitié dessus. Aaah quelle honte d’avoir perdu son calme aussi facilement. Oui, Oski avait honte, Oski aurait voulu supprimer ce moment-là de la journée. Il aurait voulu que tu se passes bien, il aurait préféré que la brune reste muette toutes la journée plutôt que de la voir se noyer. Mais bien évidemment, c’est trop demandé.

« On devrait rentrer maintenant... » Pour éviter que quiconque attrape un rhume et parce que le jeune homme ne voulait pas rester une minute de plus ici, au bord de cette eau meurtrière. S’ils pouvaient déguerpir d’ici le plus vite possible, ce serait génial. Oski en serait bien plus que rassuré. Disons plutôt soulagé, bien que ce soit sensiblement la même chose. « On risque d’attraper froid… Puis les autres doivent s’inquiéter pour toi aussi... » Les autres, celles que la jeune fille devait sans doute considérer comme des amis. Celles qu’Oski ne connaissait que de vu.
ft. Yume  // La Douce Danseuse

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MessageSujet: Re: Parfois le chagrin est trop grand pour les larmes ✘ Yume   Mar 23 Déc - 19:05


Parfois le Chagrin est Trop Grand Pour les Larmes

« Pv. Oski Jeremiah. »

« Rentrer… »

Elle l’écoutait à peine. Elle avait l’air totalement déboussolée. Comme si elle ne comprenait plus rien. Comme ce genre d’enfant un peu perdu dans les marchés. Ceux qui se faisaient bousculer. Qui se sentaient acculés. Privés de leurs mères. Et finalement tués ? La plupart du temps. Ici, un enfant seul avait peu de chance de survivre. Et elle se demandait même encore comment elle, pauvre enfant, continuait à vivre. Comment faisait-elle pour ne pas mourir. Ah, à croire que la chance était derrière elle. Fabiola était de son côté. Et Oski l’avait sauvé la dernière fois. Par chance oui, c’était même plus que de la chance. Il aurait pu s’enfuir, ou bien poursuivre son chemin comme s’il n’avait rien vu. Et, elle serait morte. Ou dans le pire des cas, totalement traumatisée. Car oui, elle était fragile. Car oui, même après tant de journées, de soirées, à s’adonner à un jeu qui n’était pas pour elle, un jeu un peu trop privé, elle savait qu’elle était totalement désorientée quand il s’agissait d’activité sexuelle. Une prostituée non habituée, à croire que c’était le monde à l’envers, n’est-ce pas ? Bonne à rien au final. Mais rien ne disait qu’elle ne le faisait pas. Parce qu’elle pensait à sa mère, qui avait besoin de soutien. Qu’on le sache, la pauvre femme n’avait pas obligé sa fille à ce genre de pratiques. Non, au contraire. C’était sa progéniture qui s’était appliquée à la suivre dans ce mouvement, ce cercle vicieux. Parce qu’elle ne voulait pas l’abandonner. Elle ne désirait pas qu’elle subisse cela toute seule. Alors elle l’avait suivie. Et elle ne le regrettait pas, malgré ses larmes de crocodile à longueur de journée. Parce qu’au fond d’elle, dans cette noirceur, elle se doutait bien qu’emprisonnée dans une cage et petit à petit empoisonnée, l’espoir s’obstinait à grandir, maigre comme il est. Et chaque instant en sa faveur le lui rappelait. Que ce soit les sauvetages d’Oski, ou encore les sourires de sa mère, et les encouragements de Fabiola. Les compliments des filles.

Le regard fatigué, clos, elle continuait d’écouter le cœur du garçon, qui apparemment réchauffé, commençait à se calmer. Et comme une contagion, celui de la jeune prostituée faisait de même. Ah, c’était si agréable, tout à coup… Si agréable que de se sentir aussi doucement bercée par la tendresse d’un battement progressivement aussi paisible. Est-ce que sa présence, sa piètre présence, la présence de cette pauvre noiraude, vivante, juste là dans ses bras, lui faisait du bien ? Elle n’y croyait pas. Absolument pas. Même si elle aimerait au final. Qu’elle servait, rien qu’un fois, à autre chose qu’à satisfaire ce qu’il se trouvait entre des jambes du jeune homme. Et dans un soupir, elle relevait timidement la tête vers lui.

« Rentrer… ? »

Pourquoi ? Elle ne voulait pas rentrer. Elle était bien là ! Elle était même carrément bien… Mais peut-être préférait-il être loin d’elle maintenant… Peut-être qu’il ne l’appréciait pas au final. Qu’à cause de ça, sa compassion et sa gentillesse étaient parties à tout jamais. Parce qu’elle était incapable de s’occuper d’elle-même sainement. Et elle le comprenait au final. Alors, résignée, elle lui avait souri. Autant ne pas faire la gamine capricieuse. Ce qu’elle n’était pas réellement, puisqu’elle ne cessait jamais de pleurer hors du regard de tous. Pouvait-on appeler tout de même cela une gamine pourrie gâtée ? Pas réellement. Et dans un sourire léger, elle s’était contentée de se défaire de lui, sans montrer son non enchantement.

« Oui… Désolée… Ce… Hm… »

Elle ne savait pas du tout quoi dire, non. Elle était comme piégée dans un carcan de réserve, désormais. Puis, de toute manière, il avait raison. Ils risqueraient d’attraper froid, ou bien pire encore. Comme une pneumonie, ou bien une maladie terrible en hiver, qu’on assimilait à une nécrose des poumons. Parce qu’il était difficile de respirer. Parce que le froid finissait toujours par purger les rues. Les hommes par nettoyer les cadavres. Ah. Elle n’en finissait plus de pleurer ces pauvres gens également. Elle qu’elle voulait aider. Mais elle n’y parvenait pas. Elle aurait du faire dans l’humanitaire. Pitoyable. En se relevant calmement, quoiqu’un peu désorientée, elle finit par rendre le haut du jeune homme, qu’il avait préalablement mis sur les épaules tremblantes de la jeune femme. Trop de gentillesse oui. En reprenant sa cape et ses jupons, qu’elle remit donc malgré son corps encore mouillé, elle finit par expirer et tendre sa petite main tremblotante.

L’adolescente ne parlait pas. Elle n’en avait aucune envie. Elle ne tenait pas à rendre la situation encore plus difficile et honteuse qu’elle ne l’était déjà. Se déplaçant pour remettre ses bottines, elle relevait ses cheveux inondés afin de les attacher, assez fermement pour ne pas avoir l’air négligée. Et elle débarrassait ses lèvres, ses joues, ses yeux du restant un peu coulé de son maquillage inerte. Le visage au naturel, avait-elle l’air plus belle ? Elle apprécierait tellement que ce soit le cas. Elle qui se trouvait si laide avec tous ces coups de pinceaux. À gauche, à droite. Sur la bouche, sur les pommettes. Au niveau des cils et des sourcils. Trop coquette, sans vraiment l’être. Et pourtant, même si cela la vieillissait, elle était magnifique, presque fatale. Bien que sa mère ne s’arrêtait plus de dire que ça ne lui allait pas. Qu’elle ne méritait que la nature, et la beauté douce de son teint naturellement crémeux et laiteux. Aussi blanche que la lune, les lèvres rosées comme la couleur irisée d’une fleur mouillée.  Ah oui, elle était fichtrement belle, cette saleté de putain.

Ne regardant plus le garçon, elle consultait la robustesse de ses pieds, apparemment assez stables pour pouvoir marcher malgré la fraicheur de l’eau qui faisaient encore claquer ses os. Ceux de sa mâchoire s’entrechoquaient encore. Elle avait froid, oui, mais elle ne s’en plaignait pas. À quoi bon ? À cette époque de l’année, tout le monde subissait la froideur de l’hiver. Son petit nez était rouge, la rendait encore plus gamine. Et donc elle marchait, expirant, la buée paraissant au bout de sa lippe. Ah. Pas étonnant qu’autant de porcs la demandent au final. Elle ne s’en rendait pas compte, mais sa candeur la rendait désirable.


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