Gefängnis



 

 
 A good-bye is never painful, unless you're never going to say hello again. [PV. Oski]
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MessageSujet: A good-bye is never painful, unless you're never going to say hello again. [PV. Oski]   Dim 4 Jan - 1:02


Un jour, un Ange passe, et l'autre jour, il trépasse.

« Pv. Oski Jeremiah. »

« Tu veux bien t’occuper de mes cheveux, Mama ? »

Les tristes cernes de la jeune femme s’étaient légèrement étirées, autant que les rides se formant lors d’un sourire. Vous savez, ces petits plis du bonheur, de la joie. Quelque chose qui arrive si peu. Tout cela, en concert avec celui de la gamine, qui détachait sa longue et magnifique chevelure noire. Rien. Pas un seul client cette journée. C’était tout de même fou, n’est-ce pas ? Tant qu’elle arrivait à se sentir toute légère. Pas un seul. À croire qu’ils avaient été payés pour laisser la gamine respirer aux côtés de maman. Ça faisait du bien, c’était comme des vacances. Les yeux fermés, elle se retrouvait donc à enlever les quelques nœuds cassants, alors qu’une grimace suivit d’un soupir venait briser cette bonne entente, ces si bonnes ondes. Elle allait devoir les couper. Au moins couper les pointes qui fourchaient. Il fallait dire que voilà déjà un certain que sa tignasse n’avait pas connu de ciseaux. Il était certainement temps pour eux de connaître à nouveau ce mot. Surtout que tout l’ensemble restait si fabuleux que l’on croirait à une sirène si elle n’était pas tout simplement dépourvue de ces grands demis-corps  aux nageoires miroitantes.

Chante pour moi, Mama.

Envoûtée par la voix chantante et les odeurs si familières des huiles essentielles maternelles, la jeune fille aurait pu s’endormir. Enduite des racines jusqu’aux pointes, cette pâte collante s’était tout simplement liquéfiée pour finalement pénétrer vitesse éclaire dans la fibre, un surplus voulu restant sur les contours afin de protéger le tout. C’était dingue, malgré tout cela, la jeune fille ne remarquait pas l’huile au toucher. Ceci même si à l’œil elle se remarquait assez légèrement. Elle avait comme les cheveux mouillés. Mouillés sans l’être. Elle adorait cette impression. C’était comme aller dans l’eau sans y aller réellement. Et les ondulations dansaient sur tout son corps, frêle, doux, provocant, et pourtant rachitique, timide, caché sous cette petite tunique qui descendait jusqu’à mi-cuisses. Ça suffisait bien, de toute manière, il n’y avait que des femmes, et elles étaient pratiquement toutes engouffrées dans leurs chambres à crier de plaisir. Ou non, d’ailleurs. Pour certaines, c’était vrai. Il ne fallait pas croire que Yume était une généralité. D’ailleurs, c’était même parfois le contraire,  tant qu’on lui rabâchait sans cesse qu’elle était avant tout là pour avoir du désir et du plaisir, et non seulement crier pour le bonheur du client. Même si cela était aussi une nécessité pour avoir de l’argent. De son côté, la jeune femme se disait simplement que de toute manière, depuis le début, ces hommes, aussi rabat-joie étaient-ils, revenaient et continuaient sans même se soucier de ce qu’elle pensait. Alors pourquoi faire des efforts quand malgré tout cela marchait ? Elle ne disait pas qu’elle n’avait pas été surprise par la douceur de certains, par cette crainte d’autres de la casser, mais en voyant qu’il ne s’agissait que de minorité, effectivement, il y avait de quoi se dire que de toute façon, c’était bien plus que peine perdue.

Ce fut les cheveux lâchés, soigneusement décorées de quelques fleurs bleues que la jeune femme embrassait la joue de sa mère afin de sortir de cette grande chambre dont elle sortit elle-même afin de déguster un simple thé. En théorie, la jeune fille aurait pu aller au marché, faire autre chose dehors pour se changer un peu les idées, mais à la place… Elle se contentait tout simplement de regarder le fantôme qui semblait la traverser.
Il était passé ni vu ni connu, en réalité, elle ne savait même pas si c’était réel. Mais dans tout les cas, cela l’avait arrêté devant une porte. La porte du concierge. Ou bien du larbin, comme l’appelaient les autres putains. Enfin non. La porte de cet homme. L’homme qui était resté, malgré tout ce qu’il avait fait pour elle, une énigme parmi toutes les énigmes qu’elle n’avait pas forcément réussi à résoudre. Elle ne savait pas comment le considérer. Alors pendant tout ce temps, elle n’avait fait que lui adresser quelques tristes sourires, des bonjours, de choses bien mornes, alors qu’elle sentait qu’en ce moment, chez lui, ça n’était pas réellement la joie. Qu’avait-il ? Elle aimerait tant le savoir. Oui, elle serait prête à tout pour le savoir, elle qui était si curieuse en fin de compte. Et ceci depuis toute petite, elle ne le niait certainement pas.
Allait-elle frapper ? La prostituée ne le savait pas elle-même. Mais ce qui était sûr était certain, c’était bien qu’elle avait déjà sa main en poing tendu vers la porte. Et qu’elle était pratiquement sûre d’y arriver. Toquer, en se demandant encore s’il désirait sa présence. Cette personne dont elle parlait ? Cette personne qu’elle avait cru voir passer, et qui n’était qu’un fruit de sa piètre imagination afin de répondre à ses questions les plus folles ? Ne pas croire qu’elle était si courageuse, voilà quelques jours déjà qu’elle cherchait à savoir sans réussir à accomplir le miracle d’ouvrir le grand battant coloré qui lui faisait face. Et jamais il ne tentait de ressortir pendant qu’elle se trouvait devant. Jamais elle ne lui avait demandé quoique se soit à table, avec les autres filles qui n’en cessaient plus de piailler telles de véritables mouettes. Elles étaient si joyeuses, ces coquines. Et lui était si malheureux. N’y avait-il que l’adolescente pour le remarquer ? Elle ne désirait pas le laisser seul.
Seule, elle serait morte. Sans lui, elle serait décédée. Oui. Seule, elle serait morte. Elle se devait d’y aller, si elle ne voulait pas qu’il sombre à son tour.

Toc, toc… Toc.

Légère hésitation suivant à la fin, alors qu’elle haussait un peu les épaules. Le bruit du bois face à son éclat était si doux, si fin qu’il ne pourrait s’agir que d’elle. Comme un souffle, une plume ; c’était le code d’entrée de notre Yume.

Tic, tac. Tic, tac.

Et elle espérait. Oui, elle priait même pour qu’il ouvre. En se demandant encore si elle avait fait la bonne chose, pris la bonne initiative. Prie Yume, prie tant que tu le peux encore. Elle n’osait pas parler. Elle n’osait même pas dire qu’il s’agissait d’elle, afin de le rassurer.

S'il-te-plaît... N'ouvre pas cette porte...

Son cœur battait la chamade. Elle avait tellement peur qu’il lui dise de partir. De le laisser tranquille. Elle aurait tellement honte, elle se sentirait si inutile. Alors que lui avait déjà sauvé la vie deux fois et ne cessait au final jamais de s’inquiéter pour elle. Pourquoi d’ailleurs ? Voilà encore une question sans réponse. Une énigme. Dont cette fois-ci, le jeune homme était peut-être la clef.


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MessageSujet: Re: A good-bye is never painful, unless you're never going to say hello again. [PV. Oski]   Jeu 5 Fév - 0:21

Laver, récurer. Laver, récurer. Il ne faisait que ça de la journée. Il n’avait que ça à faire, à vrai dire. Il ne voulait rien faire d’autre. Son temps libre, il le passait enfermé dans sa chambre. Nulle ne savait ce qu’il y faisait et nulle ne semblait réellement s’en soucier. Parce qu’il restait silencieux. Et pourtant, au fond, il espérait que quelqu’un entende son coeur hurler sa souffrance et sa solitude. Incapable de le dire lui-même haut et fort. Sans doute trop fier pour ça. Peut-être trop stupide. Oski ne s’en souciait pas plus que ça apparemment. Il se contentait d’avancer, lentement, soupirant, le regard vide. Les traits tirés. Sans un mot ni un regard pour qui que ce soit, il avait passé son chemin et regagné sa chambre. De toute manière, ce n’est pas comme si la compagnie de quiconque allait la ramener. Elle n’était plus et ça, personne n’y pouvait quoique ce soit. La vie est tellement injuste.

Si l’on pouvait vraiment appeler ça une vie. Son travail ne lui plaisait pas. Il faisait ça uniquement pour avoir un toit et de quoi se remplir le ventre, voilà tout. Qui voudrait passer sa vie à nettoyer, encore et encore? Puis ce n’était pas tout. Lui, il n’avait personne. Plus personne. Car la seule qui lui accordait un tant soit peu d’attention, la seule qui l’aimait avait disparu. À jamais. Et la culpabilité le ronge. Parce qu’il aurait peut-être pu faire quelque chose. Faire en sorte qu’elle soit encore de ce monde. Il se dit que tout aurait pu être différent. Qui sait, peut-être n’aurait-il jamais été dans un tel état. Peut-être qu’il serait auprès d’elle, là, tout de suite. Mais trop tard Oski. Trop tard.

Tu ne le savais pas ?
L'oubli est la vie que nous menons


L’oubli serait donc la seule solution? La chose capable de panser ses blessures, de soulager ses douleurs? Mais il ne veut pas oublier. Il ne veut pas l’oublier. Il voudrait juste qu’elle revienne. Ou bien venir à elle. Peu d’option, l’une d’elles étant clairement impossible, irréalisable. Jamais elle ne reviendrait. À moins que ce ne soit qu’un rêve. Sauf qu’il avait déjà vérifié. Une dizaine de fois au moins. En attendant sa réponse, en attendant d’avoir fait son choix Oski préférait se morfondre dans son coin. En restant seul, éternellement et sempiternellement seul. Dans une chambre, petite, étroite, triste. Sans vie, sans chaleur. Cette chambre dans laquelle il s’était pourtant réfugié, allongé sur son lit de fortune. Il était le larbin après tout, ce dernier n’avait pas besoin d’une chambre des plus spacieuses.

Le larbin.

Il détestait lorsqu’on l’appelait ainsi. Pourtant, toutes les prostituées le faisaient, sans aucune gêne. Mais il avait beau haïr ce surnom, il savait qu’il n’était pas tout à fait hors contexte. Parce qu’il devait faire tout ce qu’elles désiraient s’il espérait pouvoir vivre un peu plus longtemps ici. Heureusement, la plupart du temps, elles n’abusaient pas de leur “pouvoir”. Elles n’étaient pas méchantes à vrai dire. Le plus souvent, ces dernières se contentaient de l’ignorer, voilà tout. C’était frustrant. Mais c’était peut-être mieux ainsi. Il ne devrait même pas être ici, à la base.

Le brun était allongé sur son lit. Il pensait rester ainsi, longuement sans quitter sa chambre. Comme d’habitude. Sans que personne ne vienne le voir. Sans que personne ne vienne le déranger. Parce que personne ne le faisait jamais. Sauf cette fois-ci. Et même s’il n’avait pas envie de se lever, même s’il n’avait envie de voir personne, le jeune homme se demandait tout de même qui pouvait bien s’intéresser un minimum à lui à un moment pareil. Ah, mais mieux valait ne pas se faire de fausses idées. On avait sans doute uniquement besoin de son balais et de sa serviette. Et donc, dans un soupir léger, Oski s’était levé pour ouvrir tout naturellement la porte.

Pour finir surpris. Surpris de la voir elle ici. « Ohw. » Quelque chose de simple pour exprimer sa surprise, alors que la même expression stoïque, neutre restait ancré sur son visage. Il n’allait pas se faire de faux espoirs. Il en a eu durant trop longtemps déjà. Grandis un peu, Oski. « Tu dois être là pour me dire qu’il y a une chambre à nettoyer, c’est ça? Laquelle? » Et non, il avait écarté la possibilité qu’elle puisse s’intéresser à son malheur. À sa tristesse. Pourtant, au fond, il espérait tellement que ce soit le cas...
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MessageSujet: Re: A good-bye is never painful, unless you're never going to say hello again. [PV. Oski]   Jeu 5 Fév - 20:16


Weakness, oh my dear Lord.

« Pv. Oski Jeremiah. »

La pression se faisait sentir, dans cette attente apparemment infernale. Elle se crispait, avec violence. Sans trouver un moyen de calmer le cœur qui ne cessait plus de battre dans cette poitrine en feu. Respirant à grosses bouffées en agrippant sa tunique de ses petites mains d’enfant, elle regardait le sol, se tétanisant de plus en plus au fur et à mesure que les secondes semblaient mesurer chaque dixième battement de son palpitant affolé. À croire qu’elle allait tomber sur le sol. Puis arriva alors le moment où elle abandonna. Rien ne se passait. Et elle commençait donc à reculer. Avant qu’un craquèlement de bois n’attirât son attention. Lève ta tête.

Et recule. Recule !

Elle recula tellement qu’elle manqua de perdre l’équilibre et de tomber sur son coccyx. Elle recula tellement qu’elle dû s’arrêter violemment et avoir l’air d’une folle. Revenant sur l’avant pour s’accrocher au mur et tout bonnement paraître cachée derrière le mur. Seule sa petite tête de femme restait visible à l’entrebâillement. Et elle dû lever rapidement les yeux pour rencontrer le regard sans vie du jeune homme. Sans émotion, pour être plus clair, plus précis. Et voilà que les secondes paraissaient cette fois-ci mesurer le temps un peu plus flou où le cœur de la jeune fille eut cessé de battre. Avant de reprendre de plus belle. Et, les voilà qui se regardaient, se reconnaissaient, sans un sourire. Pas même elle, qui se trouvait encore désorientée, déboussolée. Jamais elle n’aurait cru qu’il allait ouvrir. Mais il l’avait en effet fait. Et dans un regard plus fuyant, plus farouche, elle paraissait vouloir dire quelque chose. La lèvre inférieure pendante, tremblante. Mais rien ne sortit. Absolument rien. Si bien qu’elle caressa à peine le bois de ses mains si douces, et pourtant si nerveuses. Et qu’elle regardait le sol, comme soumise, loin d’être aussi diplomate et sûre d’elle que les autres prostituées que l’on pouvait entendre gémir avec intensité de l’autre côté du couloir. Elles avaient l’air heureuses. Détendues. Libérées. Tandis que leur consœur baignait dans l’hésitation. Vu comment il était… Hm, il allait lui dire de passer son chemin, à tous les coups. Du moins, c’était bien ce qu’elle avait cru.

Relève la tête. Regarde-le. Assume un peu.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un regard sang s’opposait alors au sien, perdu dans une certaine obscurité alors que rien n’avait été allumé dans cet étrange corridor. Si bien que les  vagues noires dans le dos de la jeune fille se remarquaient à peine. Seules ces magnifiques pierres bleues se reflétaient dans la si douce pénombre dans laquelle elle baignait. Et ce fut là un moment qu’elle haïssait presque. Pour son inutilité, pour cet air si effrayé et pataud qu’elle avait pu prendre. D’abord surprise par l’entrée triomphale et pourtant si pathétique du jeune homme, mais aussi pas sa taille qu’elle ne pourrait pas même égaler avec les talons – que dire, plutôt les échasses – de l’une de ses homologue. Mais elle n’allait pas reculer, cette fois. Elle allait dire quelque chose. Allez. Un peu de nerfs Yume !
Mais, non.
Il l’avait devancé. La rendant encore plus muette qu’elle ne pouvait l’être. Elle qui croyait que le silence était déjà le summum de son incapacité. Mais il lui avait fait. Il lui avait enlevé sa cette fonction quelques secondes encore. Lui enlevant toute parole comblant auparavant sa gorge. Et en se renfrognant, plissant un peu les yeux, faisant disparaître un peu sa tête dans ce noir léger, elle déglutissait. Que dire désormais ? Qu’elle n’était jamais venue pour cela ? Qu’elle s’inquiétait pour lui ? C’était bien le cas. Mais vu comment c’était parti… Il n’allait jamais la croire. Il n’allait jamais lui accorder cela. Et il allait railler et ne lui accorder rien d’autre qu’une porte violemment fermée à clef. Ou… Peut-être que non ? Peut-être qu’elle se fourvoyait ? Qu’il allait bien le prendre ? Elle ne savait pas. Elle ne le connaissait pas. Elle ne connaissait pratiquement personne ici. Elle ne se connaissait même pas elle-même. Elle connaissait Mama. Sa si belle mère. Belle et exténuée. Et pourtant, Dieu savait qu’elle voulait apprendre à mieux le connaître lui. Pourquoi lui ? Parce que… Au fond d’elle, elle imaginait qu’il lui ressemblait. Après tout, il ne venait pas d’ici. Il était seul. Il se sentait mal. Elle ne pouvait savoir comment. Mais assez pour rester enfermé dans sa chambre toute une journée. Tandis que les autres souriaient. Parlaient avec gaieté. Et lui, il restait dans l’ombre. Il restait en dehors de tout. Il était ce qu’il était, aux yeux de tous. Le mignon. Le gamin. Celui qui savait tout faire. Le larbin. Celui qu’on ne connaissait que pour ces talents de nettoyage. Et évidemment… Celui dont on disait beaucoup que, sans problème, les filles seraient prêtes à lui proposer une soirée en tête-à-tête, et plus si affinités. Après tout, n’était-il pas « bon à manger tout cru » ?  Oui, chaque être masculin entrant dans cette grande et singulière maison était sujet à une allusion sexuelle, surtout si cela changeait de l’ordinaire. Mais, parfois, c’était assez mal venu. D’ailleurs, aux yeux de la jeune fille, c’était immonde.

« Je… »

Premières paroles qu’on put lui arracher, alors qu’elle eut cru qu’il était déjà parti. Car longtemps là encore, elle était restée perdue dans ses esprits. Elle en fut extirpée alors qu’elle se rendait compte qu’il n’avait pas encore claqué le battant à son nez. Que dire ? Que faire ? S’en aller, ou bien exprimer clairement et sans complexe toute la vérité ? La deuxième option était sûrement la meilleure, mais n’excluons certainement pas la peur.
Si bien qu’elle dut baisser les yeux, directement, brusquement, avant de se plaquer davantage contre le mur, la joue presque collée contre l’entrebâillement de la porte.

« Je voulais savoir… Comment tu allais… »

Ses paroles résonnaient à peine. Cela équivalait aux couinements d’une petite souris. Blanche et minuscule. Salie par la suie de quelques canalisations austères. Et dans un soupir affolé, elle finit par regarder sur le côté, exposant son visage à la lueur présente dans la chambre du jeune homme. Dans ses yeux bleus dansait un léger feu, laissait briller l’azuré de ses pupilles. Trop émotive. Trop, beaucoup trop. Cela se voyait sur son regard, son visage. C’était gravé dans sa peau. Elle s’emmêlait les pinceaux.

« Tu… On ne… Ne t’entend jamais… Et… On ne… Te voit jamais… Et… Et… »

À croire qu’elle était sincère. Même si elle ne te regardait pas. Mais, tu sais, elle l’était. Elle ne pouvait pas l’être plus, et ne demandait pas à l’être moins. Cela pouvait être surprenant, mais peut-être jamais tu ne trouveras plus honnête dans cet endroit, que la jeune fille frêle et peu rassurée qui se tenait là. Juste devant toi. Aussi insignifiante qu’une poussière, qu’inutile dans ses manières. Mais elle ne fléchissait pas. Elle voulait en savoir plus sur toi.
Elle désirait t’aider. Comme personne ne l’a jamais réellement fait.


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MessageSujet: Re: A good-bye is never painful, unless you're never going to say hello again. [PV. Oski]   Jeu 26 Fév - 13:58

Elle avait l’air d’aller mieux que toutes les fois où il avait été en sa compagnie. Tant mieux, en voilà au moins une pour qui la vie semblait s’améliorer ne serait-ce qu’un tout petit peu. Contrairement à lui malheureusement. Tout allait mal pour lui. Puis il n’essayait même pas d’aller mieux, pour être tout à fait honnête. Il avait plutôt l’air d’attendre patiemment que son heure n’arrive. Sans pour autant mettre fin à ses jours lui-même. Ce dernier avait déjà tenté une fois, on voyait le résultat. De toute manière, il ne pouvait pas tomber plus bas, n’est-ce pas? Y avait-il pire que cet endroit? Oski en doutait fortement. Et puis même si c’était le cas, il préférait ne jamais le savoir. Tout ça vaudra mieux pour lui. Mieux valait rester dans cette prison que de descendre encore un peu plus bas en enfer. Enfin. Il était tout de même très peu probable qu’un lieu pire que celui-ci puisse exister. Alors calme-toi jeune homme et cesse un peu d’être défaitiste.

Il se trouvait donc là, devant cette porte entrouverte à observer la jeune fille et attendre qu’elle s’exprime. Qu’elle lui dise ce qu’elle venait bien faire là. De quelle chambre il devait s’occuper cette fois-ci. Mais non. Non ce n’était pas pour ça. Pas du tout. Et il avait beau avoir l’air surpris, c’est ce qu’il avait attendu depuis tout ce temps. Qu’on vienne le voir, non pas parce qu’on avait besoin de lui. Qu’on vienne le voir en se montrant un minimum concerné par sa personne. Et elle venait de le faire. On ne le voyait jamais. On ne l’entendait jamais. Tel un fantôme. Parce qu’il allait et venait sans adresser un mot, un regard à qui que ce soit. Et Yume l’a remarqué, elle. « Ah. » C’est tout? Voyons Oski, fait un effort. Elle qui est venue juste pour te voir. Enfin, c’est ce qu’elle prétendait en tout cas.

« … J’ai connu de meilleurs jours... » De bien meilleurs. Sauf que ce temps était révolu désormais. Et soit il s’y faisait, soit il faisait le nécessaire pour ne plus souffrir. Enfin, il n’en était pas encore là. Pas encore, car cela pouvait arriver n’importe quand, très bientôt même. Qui sait s’il serait capable de supporter la disparition d’un de ses proches. Qui sait s’il aura un mental assez fort pour ne pas commettre l’irréparable. « Hum... » Il avait l’air d’hésiter, d’être gêné. Son expression s’était même légèrement adouci. Et, alors qu’il frottait sa nuque d’une main, il ouvrit un peu plus la porte de l’autre, s’écartant du chemin. « Tu peux entrer. Si tu veux. » Il l’invitait ainsi, mais il ne savait pas ce qu’ils allaient faire, pour être tout à fait honnête. Peut-être que la jeune fille voulait s’assurer qu’il ne chialait pas comme un gros bébé et ensuite repartir. Dans ce cas-là, elle refusera sans doute l’invitation.

« Quoique… J’imagine que tu as autre chose à faire. » Oui, il faisait allusion à son travail. Elle n’avait donc pas de client? Bah, c’était tant mieux pour elle dans un sens, étant donné qu’elle n’aimait pas ce travail. Ce qui était compréhensible. Oski aurait du mal à supporter en tout cas. Il le savait sans même avoir essayé. Sauf qu’il ne prétendra jamais pouvoir comprendre sa douleur.
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MessageSujet: Re: A good-bye is never painful, unless you're never going to say hello again. [PV. Oski]   Sam 18 Avr - 23:44


Ouvre-moi ta porte, ouvre-moi ton coeur.

« Pv. Oski Jeremiah. »

Elle avait l’air. Tout n’était que semblant avec cette jeune fille. Tout n’était qu’une question d’impression. Une question d’air. Et pourtant, était-il si facile de faire plus honnête qu’elle dans un monde aussi sordide, crépitant le malheur et refoulant la traîtrise ? C’était comme impossible. Sans vantardise aucune, elle était un peu comme l’or au milieu du charbon. L’ange au milieu de tant de démons. De tocards. De bâtards. Ou simplement des malchanceux. Comme on disait, il y avait les loups et les brebis, les dévoreurs et les dévorés. Surtout dans un endroit si dévasté. Celui que les Rêveurs souhaitaient éviter. Et pour cause. Tellement qu’ils intriguaient la jeune fille qui regardait le pauvre garçon décharné droit dans les yeux, avant que ses yeux bleus ne s’en retournèrent sur le sol. Elle ne savait pas quoi lui dire. Alors que lui parlait, s’exprimait tristement, en de quelques mots, par-ci, et par-là. Morose. Oui, c’était bien ce qu’il était. D’une morosité à en perdre les pédales. Si bien qu’elle en perdait les mots. Qu’elle les cherchait encore. Avant qu’il n’arrive à lui en faire sortir deux.

« Autre chose… »

Ce n’était même pas une phrase, seulement un vague répétition à laquelle elle n’avait pas réellement fait attention. Quelque chose de sourd, de douloureusement marmonné. Autre chose ? Comme quoi ? Qu’est-ce qu’une prostituée pouvait faire d’autre qu’être dans une chambre avec un client ? Dieu sait qu’elle apprécierait faire autre chose, mais tout était tellement dangereux, pas delà les grandes portes du clos. De toute façon, aujourd’hui, c’était un peu cocooning. Elle était restée pratiquement toute la journée aux côtés de sa mère. Comme dans sa jeunesse, lorsque les grands froids se faisaient quasiment ardents, et que les environs étaient aussi glacés que les petites joues de la jeune fille qu’elle était. Ah, ce qu’elle redemander corps et âme de temps là… C’était terrible. Et dans un sourire un peu triste, l’adolescente relevait sa tête vers lui avec intérêt et désolation. Si elle avait autre chose à faire ? Bien heureusement, non. Elle en était bien contentée. Pourquoi autant ? Tout simplement parce qu’elle ne subissait rien aujourd’hui, tout comme sa mère, évidemment. Elles allaient de pair. Elle ne pouvait pas se sentir bien en sachant que sa pauvre génitrice se trouvait seule dans une chambre à souffrir à chaque présence d’un simple et redoutable amant. Surtout que la plupart n’étaient pas des plus tendres, malgré les surveillances de Dame Fabiola. Il y avait toujours des écarts et elle n’en était pas inconsciente, mais encore fallait-il pouvoir les choper.

« Je n’ai rien à faire quand… Quand je ne suis pas dans ma chambre… »

On croirait presque que la jeune fille allait se contenter de fondre en larmes. Déjà ? Pas du tout. Vraiment, elle allait être forte pour une fois. Rien qu’une fois, elle allait suivre ce qu’elle désirait réellement faire, et non pas ce que son cœur fragile lui dictait. Et dans un soupire douloureux, elle regardait alors à nouveau le sol. Que pouvait-elle rajouter d’autre ? N’était-ce dont pas suffisant ? Elle aimerait bien. Mais elle voulait qu’il comprenne qu’elle était là pour lui, et non pour satisfaire une quelconque curiosité. Elle ne cachait pas du tout qu’elle était curieuse, oh non, loin de là, mais il y avait des limites à la bêtise. Là, pour le coup, elle avait juste mal. Mal pour lui, car elle le comprenait. Elle aussi, elle avait le mal du pays, et ça la pesait. Autant qu’Oski, tout du moins. Oski… Quel prénom peu banal, et pourtant si agréable à entendre au final. Pourquoi ? Du moins, parce qu’il s’agissait d’une personne qu’elle connaissait, autant que d’une personne qui lui avait sauvé la vie. Deux fois. Ah oui, dit comme ça c’était beau. Mais d’une tristesse en sachant qu’il était Perdu. Et s’il n’avait pas été là, hein ? S’il avait toujours été dans son monde à lui ? Elle serait morte. Bien évidemment, ça ne changeait pas, ça. Toujours aussi simplette, toujours aussi bête.

« Je voudrais… Te… T-… Tenir compagnie… S'il-te-plaît... »

Ils étaient seuls. Tous les deux. Alors pourquoi ne pas en profiter ? L’un pourra soutenir l’autre, comme ça. Et ils pourront parler au lieu de se morfondre douloureusement dans leur chambre respective. N’était-ce pas bien mieux ainsi ? Elle songeait comme cela. C’était d’ailleurs ça qui l’avait emmené jusqu’à lui, même si elle pensait bien évidemment aux bienfaits de ce contact pour lui et certainement pas pour elle, elle l’avouerait bien. Il fallait bien noté qu’au moins, malgré sa timidité légendaire, elle l’avait dit. Elle voulait passer du temps avec lui, lui tenir compagnie. Et elle ne mentait pas. Même si ça pouvait en donner l’air à cause de sa voix un peu tremblante et cet air mal à l’aise. Mais après, c’était Yume. Quand on la connaissait un minimum, on comprenait bien qu’elle était toujours comme ça. Et qu’il serait difficile de la changer. Et donc, en le regardant encore difficilement, elle se rabattit finalement, la tête bien basse, les mains jointes devant son petits corps mince, ses cheveux noirs cachant son teint laiteux. Si bien qu’on ne voyait qu’une simple masse voluptueuse à la place de ses beaux yeux d’un bleu étincelant. C’était dommage. Elle qui était si belle avec les quelques tâches de rousseurs qui pigmentaient à peine son petit nez chafouin.

« Enfin… Si… Si toi tu… Tu veux bien… »

Évidemment, s’il ne désirait pas de toi, tu pouvais parfaitement bien tracer et passer ton chemin, il n’y aurait aucune sorte de problème. Tu n’arriverais même pas à être blessée. Tu comprendrais, tout simplement. Toi-même si avais souvent besoin de calme, de silence, d’être seule, n’était-ce pas le cas, jeune fille ? Même si entre nous, cela faisait longtemps qu’il était dans sa chambre. Un peu trop longtemps à son goût, hein Yume ? Enfin, est-ce que tu pouvais vraiment le dire sans que l’hôpital ne se foute de la charité ? Puisqu’elle était quand même payée de logis et de nourriture juste pour rester dans une chambre. Principalement avec un homme. Alors, elle ne pouvait pas dire ça comme ça, le lancer comme un paquet de sottises. De toute manière, là n’était pas le débat. Le vrai centre de toutes les frustrations étaient le devenir du garçon. Pauvre jeune homme. Que se passait-il ? Elle voulait savoir. Elle désirait comprendre. Elle crevait d’envie de l’aider.


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