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 Un air de mort. #aradia #bliss
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MessageSujet: Un air de mort. #aradia #bliss   Sam 10 Jan - 13:21

Hurle n'est pas un sentimental. Rares sont les personnes qui pourraient faire cette erreur. Même quand on ne le connaît pas, la simple vue de son visage ravagé aux yeux mauvais laissent entendre quel genre de personne il peut être. Pourtant, il serait faux de penser que le chef des Rafleurs est dénué de sentiments. C'est faux. L'homme qui est très certainement considéré comme le plus insensible de toute la prison cache simplement ses émotions au plus grand nombre. Il n'a dit à personne où il allait. Et, pendant que tout le monde croit que le chef des Rafleurs est allé accomplir quelque obscure mission, Hurle s'est esquivé en douce pour aller se recueillir sur la tombe de sa mère. Quand bien même le cercueil est vide, il ressent ce besoin d'aller à un endroit précis où il pourrait, en quelque sorte, communiquer avec elle. Le cimetière en vaut un autre, vu que leur maison a brûlé. Il a proposé à Aradia de venir avec lui, la veille. Elle viendra si elle le voudra. Peut-être ne désire-t-elle pas montrer sa douleur à son frère qui s'inquiète trop pour elle. Hurle parvient à peine à contrôler sa propre douleur. Pourtant, cela fait déjà dix ans. Toutefois, sa souffrance est exacerbée par l'horrible sentiment de culpabilité qui le traverse. Hurle, au fond, n'est rien de plus qu'un incapable qui essaie de changer ce monde qui l'a vu si faible. S'il réécrit l'histoire, ses propres faiblesses seront oubliées. On ne pensera plus qu'à sa force. On le verra comme quelqu'un capable d'aller au bout de ses idées.
Bien sûr, cela ne ramènera jamais sa mère, ni la voix d'Aradia.

Arrivé au cimetière, à proximité de la tombe de sa mère, il aperçoit deux silhouettes familières. Il reconnaîtrait la première peu importe la situation : il s'agissait de sa sœur. Comme toujours, elle lui paraît si petite, presque une enfant, alors qu'elle a déjà seize ans. L'autre silhouette est celle d'une jeune femme que Hurle reconnaît comme étant un de ses capitaines. Bliss, c'est son nom. L'homme fronce les sourcils. Pourquoi sont-elles là ensemble ? Depuis quand se connaissent-elles ? Il se pourrait qu'elles ne se soient jamais croisées avant, toutefois, elles se font face, et il est sûr que Bliss est en train de parler. Impossible de savoir la teneur de leur conversation, en revanche. Peut-être même que Bliss finira par s'énerver parce qu'Aradia ne parle pas ? Mais surtout, la question de Hurle se pose est la suivante : que fait une Rafleuse aussi près de la tombe de sa mère ? Hurle ne parle jamais de son passé. C'est le meilleur moyen de déconstruire le mythe qu'il tente patiemment de mettre sur pied. Tout le monde sait qu'il est orphelin et qu'il a une sœur, toutefois, il n'a jamais dit qui était sa mère. Comment Bliss pourrait-elle le savoir ? A moins qu'elle ne le sache pas, et qu'elle soit là pour une toute autre raison. Bref, le mieux, ça reste d'aller voir ce qui se passe. Hurle s'approche des deux jeunes femmes et les interrompt sans ménagement. « Dîtes, je peux savoir ce que vous faîtes ici ? C'est un cimetière, pas un lieu de rencontre. » Les sourcils froncés, la voix froide, Hurle s'est glissé dans la peau du maître des Rafleurs. Celui qui ne tolère aucune insubordination. Celui qui n'a aucun talent pour la médiation. La partie de sa personne que sa sœur doit très certainement le moins aimer. C'est pourquoi il se tourne vers Bliss, le regard toujours sévère. « Serais-tu en train de m'espionner, capitaine Bliss ? Ou pire encore, tu t'en prends à ma sœur ? Ce n'est pas un chemin que je te conseillerais d'emprunter. » Il pose une main sur l'épaule d'Aradia en un geste très possessif. C'est sa sœur. Il n'a pas envie de la voir fréquenter une personne capable de commettre un meurtre sur ses ordres. Qu'elle ait un meurtrier en grand frère, ça suffit déjà bien assez.
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MessageSujet: Re: Un air de mort. #aradia #bliss   Lun 12 Jan - 12:11

Un air de mort
Ta respiration est lente, calme. Les yeux fermés permettent aux oreilles de se concentrer sur ce qu’elles entendent, cette douce mélodie qui te berce, cette chanson qui tu écoutes et réécoutes tous les ans ; le même jour. Les notes sont légères, emportant tes pensées dans des contrées paisibles, où le malheur n’existe pas, ou la douleur disparait.

La musique s’arrête lentement, cassant cet instant harmonieux; tu rouvres les yeux en te souvenant que tu es dans ta chambre. Une pièce morne, vide de vie. Si les draps n’étaient pas faits et que le bureau n’était pas encombré de feuilles gribouillées on pourrait croire que personne ne vit ici. Tu regardes l’heure. Un soupir s’échappe alors que tu te lèves lentement pour t’assoir en position du lotus. Dehors, il fait sombre, comme toujours. Tes grands yeux verts regardent par la fenêtre, vides d’expression. Pourquoi est-ce qu’il faut toujours qu’Hurle veuille aller là-bas à cette période de l’année? Ce n’est pas suffisant de sentir le vide tous les jours, à chaque instant, à chaque coup dur? De toujours penser au fait qu’elle est partie beaucoup trop tôt, que sans elle vivre est un calvaire, que garder la tête haute est une expression bien difficile à mettre en pratique? Tu aimes ton frère, au fond, mais pas aujourd’hui. Pas quand il te demande de l’accompagner au cimetière, voir votre mère. Non.

Et même si c’est un enfer pour toi de te lever pour enfiler tes bottines et ton manteau, tu le fais quand même et tu pars en claquant la porte derrière toi.

Tes pas sont lents. Tes pieds trainent ton corps lourd. La motivation n’est pas là, elle n’est jamais présente en fait. Tu ne travailles pas aujourd’hui, heureusement que ton patron est compréhensif. Même si inconsciemment tu aurais préféré qu’il ne t’octroie pas ce congé histoire que tu aies une excuse à balancer à ton frère. Tu n’es jamais tendre avec lui quand il parle du sujet qui fâche. Tu l’envoies bouler comme tu peux en lui faisant comprendre que tu en as marre d’entendre le mot “maman” sortir de sa bouche. Merde. Oui elle est partie, oui c’est aujourd’hui son “anniversaire”, mais il ne faut pas abuser.

Arrivée au cimetière, tu remarques qu’il n’y a toujours personne. Tu es arrivée en avance, impressionnant Aradia. Tu vois quand tu veux tu peux faire plaisir à ton frère. Tes jambes t’amènent lentement devant la tombe pour s’arrêter à hauteur des pots de fleurs qui commencent à jaunir, laissant des fois des pétales fanées tomber sur le sol. Tu n’as pas le temps de t’y recueillir que quelqu’un se poste déjà à côté de toi. Tu tournes la tête t’attendant à trouver Hurle, mais à la place tu vois une femme. Euh. En même temps ce n’est pas une silhouette qui ressemble à l’homme qu’il est devenu, mais tu n’as pas vraiment fait attention. Tu ne laisses cependant pas ton étonnement transparaitre, trop occupée à retrouver le calme que tu avais trouvé quelques secondes plus tôt. Cependant voilà que madame se met à parler. Tu n’écoutes même pas ce qu’elle dit, tu ne prends même pas la peine de la saluer de la tête. Elle comprendra tôt ou tard que de toute façon tu ne lui répondras pas. Et surtout pas aujourd’hui.

Tu n’as pas besoin de lui faire comprendre que tu veux qu’elle la ferme, une voix masculine s’en charge. C’est Hurle. “Capitaine Bliss”, alors comme ça ils se connaissent, super. Il ne manquait plus que tu te trouves en compagnie de deux rafleurs devant la tombe de ta mère. Sa voix est dure, déterminée. Il sait comment faire passer des messages de menace subtilement en tout cas. Ayant fini sa tentative de frérot protecteur, tu enlèves sa main de ton épaule et en profite pour lui pincer légèrement le bras, comme ça il est obligé de te regarder. Son regard… Ce regard glacial, inquiétant. Tu n’aimes pas ça.

Tu te dépêches de faire tes signes - signes que vous avez tous les deux appris quand vous avez finis par comprendre que tu n’allais pas reparler de si tôt - pour lui transmettre un gentil Je sais me débrouiller toute seule, merci. assez sec. Tu poses ensuite tes mirettes sur l’inconnue pour l’observer un peu plus en détails. Avec la fainéantise que tu as à sortir le petit calepin de ta poche intérieure, tu décides d’attendre de voir ce que la femme va répondre à ton frère. Tu n’es qu’une simple spectatrice pour l’instant.
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MessageSujet: Re: Un air de mort. #aradia #bliss   Dim 18 Jan - 16:57


Un air de mort.
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Les rayons d'un soleil timide transpercent sans précaution tes rideaux grisâtre. Les couleurs chatoyantes viennent éveiller ton visage aux beautés d'une journée comme les autres. Tu n'es pas souriante ce matin, non tu es d'une humeur maussade, ton regard n'est que façade et plus une lueur ne s'y aventure. C'est une de ces journées Bliss, une de celles qui suivent les nuits où tu te souviens.
Cette nuit tu as rêvé à nouveau, et au réveil tu te rappelle encore en détail de ton songe. Tu les revois, tes parents, la statue du traître. Tu revis ce jour encore une fois. Tu es sans cesse propulsée dans ton cycle d'impuissance, te projetant dans une situation que tu connais dans un corps qui était le tient auparavant, et tu sais ce qu'il va se passer au fond, mais tu n'y peux rien. Tu revois tout, tu entends tout à nouveau.

" When someone else instead of me
Always seems to know the way
"

Tu t'étais alors vite habillée, camouflée, une longue cape couvrant ton corps. En passant devant une habitation calme, tu avais coupé une rose. Tu te dirigeais vers le cimetière, le visage baissé et le regard dans le vide enchaînant de rapides foulées sans regarder autour de toi. Ce lieu était ton havre de paix. Tu y étais seule et en même temps avec eux. Au fond de toi, l'idée qu'ils pouvaient te voir même ailleurs, te glaçait le sang. Tu ne savais pas d'eux autre chose que ce que ton frère t'avais raconté, tu avais souvent préféré chassé l'idée d'un jugement qu'ils pourraient avoir sur tes actes. Tu avais honte, tellement honte. Alors tu te ruais dès qu'un simple élément venait te repousser dans tes souvenirs, courant toujours, seule vers leurs tombes.
Face au granite noir orné des informations posthumes de tes parents, tu ôtais la rose fanée du mince vase sombre et tu y glissais celle que tu venais de couper.

" Then I look at you
And the world's alright with me
"

Tu restas là longtemps, seule, subissant la brise qui glaçait tes joues. Le cimetière avait été vide depuis ton arrivée. Comme souvent, la compagnie des morts n'était pas la préférable aux regards des habitants de la prison. Tu le concevais.
Tu entendis quelqu'un franchir les grilles. C'était un véritable vacarme. L'étranger courrait et se précipitait. Intolérable. Tu te retournas, passablement énervée qu'un individu entre dans le cimetière qu'à cet instant tu percevais comme tien. C'était une fille, une maigre brune au visage pâle. Elle te disait quelque chose, vaguement. Tu te calmais, désormais tu devais te ressaisir, ôter toutes marques de faiblesse, te vêtir de ton sourire le plus faux, le plus sociable. Tu te dirigeais vers l'étrangère, poussée par ta curiosité, désireuse de connaître son identité.

En quelques instants, alors que tu n'avais fait que saluer la brune, elle était restée totalement impassible à ton approche. Puis Hurle était arrivé, visiblement énervé que tu sois là. En quelques instants on t'agressait. La tristesse, et la douceur qui s'était installée en toi depuis ton réveil se transformait rapidement en amertume.
Sa sœur, le suivre ? Était-il devenu stupide du jours au lendemain. Peu importe qu'il n'ai pas compris tes actes, en fait tu ne pouvais rien y faire, il était ton supérieur, non... tu n'avais rien le droit de dire.

« Je passais par là pour couper sur mon trajet, je me suis perdue finalement. Je ne l'avais jamais vu ta sœur de plus je suis arrivée avant toi, alors comment voudrais-tu que je te suives. »


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MessageSujet: Re: Un air de mort. #aradia #bliss   Dim 18 Jan - 21:07

Les devoirs que Hurle a vis-à-vis de sa famille défilent sous ses yeux. En tant que seul parent encore en vie d'Aradia, c'est à lui de la protéger. De lui assurer une vie plus heureuse que celle qu'elle a toujours connue. De lui éviter toute tristesse, toute douleur. Une tâche titanesque, presque impossible, au fond - un châtiment pour Hurle, plus qu'autre chose. Une vaine recherche du pardon impossible à obtenir. Les blessures qui déchirent le cœur de l'homme ne seront jamais guéries, très certainement. Parce qu'il refuse de les guérir. Parce qu'il pense devoir tout encaisser, assumer seul le fardeau de la mémoire et de la lutte, et surtout, maintenir Aradia éloignée du monde réel, en l'enfermant dans un cocon. Elle est déjà enfermée dans le silence, condamnée à ne jamais s'exprimer avec une voix ; comme elle est muette, il semble à Hurle qu'elle ne pourra jamais s'exprimer qu'avec lui seul, parce que le reste du monde n'a que faire de quelqu'un qui ne peut parler autrement que par des signes. Aradia est un mystère à déchiffrer. Et le chef des rafleurs ne peut rien faire d'autre que de l'enfoncer dans cette part d'ombre. La condamner à n'être qu'une anonyme - car le nom de Hurle est beaucoup trop connu pour qu'elle soit épargnée par cette notoriété, aussi désire-t-il qu'elle reste dans l'ombre. Une autre ombre que la sienne. Peut-être plus lourde à porter, car non volontaire. Qui plus est, Hurle existe dans la peur des autres. Aradia peut-elle en dire autant ? N'a-t-elle pas à souffrir, au final, d'être la sœur d'un homme ravagé, qui en est devenu un monstre ? Il doit la tenir à l'écart car c'est nécessaire. Et ne pas se mélanger à sa vie de Rafleurs. Car Hurle, alors, est un autre homme. Un homme qui n'a même plus de cœur. Le capitaine Bliss ne doit certainement pas être au courant de cette part fragile de son chef. Elle n'a jamais connu que l'homme dur, exigeant, l'incarnation même de l'autorité. Un homme qui colle avec cette figure de protecteur, qui pose sa main sur l'épaule d'Aradia comme s'il s'agissait de sa propriété. Au fond, ce geste ne traduit pas d'amour. Mais un rapport de prédation.

Pas étonnant, dès lors, qu'Aradia se dégage de sa prise et lui pince le bras - le signe qu'elle réclame son regard. Hurle n'ose d'abord pas le faire, se sentant légèrement gêné par sa réaction. Comment Bliss va-t-elle réagir en voyant quelqu'un qui ne semble visiblement pas impressionnée par la présence de Hurle ? Elle a appris qu'il s'agissait de sa sœur, ce ne doit donc pas trop l'étonner. Hurle n'a pas la moindre envie de faire preuve d'autorité avec Aradia, il n'en a pas le droit, il n'a pas réussi à la protéger des horreurs du passé. Et puis, il l'aime trop pour cela. Toutefois, il s'inquiète des répercussions que cela peut avoir sur sa relation avec sa capitaine. Voir son chef céder face à une frêle jeune fille alors qu'il est censé être impassible et cruel - ce qu'il est, d'une certaine façon - peut peut-être soulever des questions. Le plus simple serait très certainement de la tuer, mais... Aradia lui en voudrait très certainement de ne penser qu'à ce genre de solutions. Incertain sur l'attitude à adopter, Hurle pose alors le regard sur Aradia, fixant ses yeux avec une certaine froideur qui ne lui est pas coutumière. Simplement une façon d'être impassible, de ne pas se laisser submerger par ses sentiments. Au sein de cette rencontre, il lui semble qu'il porte une sacrée responsabilité. A lui de faire en sorte que la rencontre entre les deux femmes se déroule sans encombres. Sa sœur articule alors quelques gestes. Lui signalant qu'elle peut se débrouiller seule. Hurle ne dit rien, et s'efforce de garder son visage neutre. Toutefois, la façon dont il se crispe ne doit pas échapper à Aradia.

Bliss essaie de désamorcer la bombe qu'elle sent prête d'exploser. Qu'elle ait effectivement tenté de communiquer avec sa sœur ou non, là n'est pas le problème : il faut bien que quelqu'un en endosse la responsabilité, et Hurle ne peut l'attribuer à Aradia. C'est triste pour la capitaine, mais il semblerait bien que son chef ne soit pas de son côté pour une fois. Ce qui n'est pas forcément une bonne chose pour elle. Car oui, Hurle envisage de la tuer, juste parce qu'elle sait à quoi ressemble sa sœur. Cela constitue une arme de poids pour qui essayerait de s'en prendre à lui. Pour Aradia, Hurle serait prêt à n'importe quoi, y compris vendre ses propres hommes. Ce n'est pas un chef assez stable pour eux, et il vaut mieux que les Rafleurs ne soient pas mis au courant de ce détail. Si Bliss ne lui est pas totalement fidèle, alors... « Je n'en sais rien, capitaine Bliss. Ce n'est pas à moi de deviner les détails, c'est à toi de t'expliquer. » Il n'en démordra pas. Sur ce point, il est en position de force et il le sait : c'est lui, le chef. Il devine toutefois que la situation ne doit guère plaire à Aradia. Il s'agit d'une partie de lui-même qu'il voudrait bien ne pas lui montrer, car il n'est pas sûr qu'elle serait capable d'accepter cette part de lui. Hurle se tourne alors vers sa sœur et ajoute, dans le même langage des signes qu'elle utilise, et qu'il a appris lui-même par précaution : C'est une Rafleuse. Elle est dangereuse, tu es sûre que ça ira ? Il ne l'empêchera pas de se débrouiller par elle-même si elle le désire. Enfin, pas tout à fait. Jamais Hurle ne laissera sa sœur sans protection, c'est contraire à sa façon d'être. Il ne se le pardonnerait pas si elle était blessée parce qu'il n'avait pas réagi à temps. Il finit par ajouter : Merci d'être là. Parce que l'anniversaire de mort de leur mère est très important pour lui, peut-être même plus que pour elle. Il a marqué le début de sa nouvelle existence, de sa nouvelle personnalité. C'est aussi son propre anniversaire, d'une certaine façon. Une nouvelle naissance.
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MessageSujet: Re: Un air de mort. #aradia #bliss   Mer 21 Jan - 15:36

Les squelettes dansent en rond
Les mots de l’inconnue sont francs, vrais. Toute tristesse que tu aurais pu déceler quand vous n’étiez que toutes les deux a totalement disparu, laissant place à de la fermeté. Ses mots sont durs, agressifs. Tu ne sais pas quelle relation ils entretiennent. Ou peut-être que tu en sais plus que tu ne crois. Bliss, ce nom ne t’es pas complètement inconnu. Tu l’entends assez régulièrement à la maison, ça te revient maintenant. Alors c’est elle. C’est elle le pion qu’il aurait pris sous son aile. Il ne l’a jamais dit comme ça bien entendu, mais c’est ce qui t’a marqué. Bliss.

Alors qu’ils s’expliquent, tu jauges la demoiselle d’un oeil nouveau. Elle est belle, ne semble pas stupide. Tu peux enfin mettre un visage sur ce nom fantôme qui trotte dans ta tête depuis bien trop longtemps. Instinctivement, tu te renfrognes, encore plus stoïque que tu ne l’étais déjà. Tu voudrais partir, laissant les deux coéquipiers parler de torture et de mort des chimères tranquillement même si pour l’instant cette discussion n’est pas au rendez-vous. Surtout pas ici, devant la tombe. Ton regard suit tes pensées pour se poser sur la dale, vide d’ornements, accompagnée d’un simple pot de fleurs fanées. C’est pathétique d’être venue ici Aradia, tu n’aurais pas dû.

Hurle te sort de tes pensées, signant rapidement, toujours avec cette froideur qui lui colle à la peau quand il est dans son rôle de rafleur. Un rôle que tu n’as que trop vu. Bliss, elle, doit sûrement être habituée à cette image de lui. Peut-être qu’elle ne connait que ça même. Cette enveloppe glaciale, et ça ne doit pas l’embêter plus que ça. Hurla serait alors respecté pour cette image qu’il donne. En est-il content? Tu soupires.

Tu manques d’échapper un sourire lorsqu’il finit de s’exprimer à l’aide de ce langage silencieux que seuls vous deux comprenez ici. C’est une rafleuse, elle est dangereuse. Si tu avais pu tu aurais éclaté de rire. Instinctivement tu réponds Et toi, t’es quoi? sans trop te poser de questions. C’est la réponse la plus logique d’après toi. Si tu réussis à vivre sous le même toit que le chef des Rafleur ce n’est pas une capitaine qui va t’embêter, surtout qu’Hurle est là. Peu importe ce que tu “dis”, tu sais que si les choses tournent au vinaigre il ne restera pas sans rien faire. Cette idée te dégoûte, ravalant ton rictus avec.

Merci d’être là. Ca par contre, tu ne t’y attendais pas. Pas maintenant, pas devant elle. C’est dans ces courts moments que tu retrouves ce frère qui a toujours gardé un oeil attentif sur toi, qui s’est occupé de toi. Et ça te tue. Si seulement il pouvait n’être que malveillance ce serait facile pour toi de le détester et de partir pour ne plus jamais le revoir. Mais, tu sais qu’au fond il est toujours ce garçon qui n’était pas rongé par la haine. Et ça te déchire le coeur. Tu ne sais même pas quoi répondre à ça. Tu ne veux pas lui montrer que tu es contente de ce qu’il a exprimé, mais tu ne peux pas non plus toujours lui montrer de l’antipathie. Parce qu’au final, tu renvoies une image ressemblante à ce qu’il t’envoie. Un être dénué d’émotions, qui n’en a rien à faire du jour de la mort de votre mère, alors que pas du tout. Inconsciemment tu t’es créée la même carapace que lui, sauf que tu l’utilises dans d’autres situations à d’autres fins. Tu peux en vouloir autant que tu veux à Hurle pour cette image qu’il se donne, mais tu fais la même chose à son encontre. Au final, on pourrait dire que tu n’es qu’une bouffonne. Mais ce n’est pas ta faute, c’est ça?

Tu essaies autant que possible de t’adoucir, d’adresser un sourire aussi minime soit-il à Hurle, mais ce n’est pas facile. Une partie de toi ne peut tout simplement pas faire cet effort, c’est au-dessus de tes forces. Alors ça se transforme en une grimace bizarre, mi sourire mi moue. Tu te rends alors compte que la tension est palpable, aussi bien de la part de ton frère que de la part du capitaine. Pleine de bonne volonté, et parce que tu n’as pas envie d’assister à une dispute qui ne t’intéresses guère tu sors finalement ton calepin de ta poche d’un mouvement las. Automatiquement tes mains ouvrent une page blanche et décrochent le stylo. Tu gribouilles vite fait quelques mots pour ensuite arracher la feuille et la tendre à la jolie rousse. Un petit pincement apparait dans ton coeur. En attendant de voir la réaction de madame devant ton papier tu décides de t’assoir à côté du pot de fleurs, tu n’aurais peut-être pas dû écrire ça. Au final, tu n’es pas mieux que n’importe qui.

Tu t’es perdue, serait-ce pour ça que tu es restée debout, immobile devant une tombe dans ce cimetière? Les muets n’ont pas de parole mais ils ont des yeux.

Ce n’est pas comme si ça t’amuses d’ajouter de l’huile sur le feu dans un endroit pareil aujourd’hui, mais le fait d’avoir la possibilité de peut-être voir deux Rafleurs se déchirer tique ta curiosité. De toute façon, Hurle est habitué à régler pire que ça, n’est-ce pas?


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MessageSujet: Re: Un air de mort. #aradia #bliss   Mer 21 Jan - 23:39


Un air de mort.
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Tes yeux sont braqués sur le calepin face à ton visage. Ton regard est vide, totalement figé, sans expression. C'est une collision, une véritable confrontation entre ta sensibilité et ton paraître. Tu le sais Bliss, si tu bouges, si tu orientes ton visage face au vent, les larmes qui embuent ta vue vont couler. Tu es une véritable statue, pendant quelques secondes qui semblent l'infini. Si tu ne bouges plus pendant trop longtemps, ils comprendront. Mais si tu le montres, si ta faiblesse transparaît, tu n'es plus rien Bliss. Tout le respect pour lequel tu as lutté, la cruauté dont tu t'es parée, tout ces subterfuges à ta douleur, toute cette façade va s'écrouler, devant celui que tu crains le plus. Hurle, l'impassible, l'autoritaire, le chef. Tu es là, prête à t'effondrer à la première brise. Tu es ridicule, pathétique.
Ton regard se lève vers le ciel, tu inclines ta tête vers l'immensité des pierres tombales qui se chevauchent, tu laisses Hurle et sa sœur hors de ton champs de vision. La tristesse s'en va, tu restaures ton masque. Ce n'est plus la force qui t'aide à tenir, c'est la colère, l'aigreur. Tu es tellement noircie par cette amertume que tu en obscurcies toute tristesse.

Au delà de ces quelques mots griffonnés par cette fille, il y a un autre soucis. Maintenant que tu y penses, t'être concentrée sur ce minuscule pic était une énorme erreur. Non le véritable problème va s'avérer être Hurle. Tu le sais, il est impulsif, il n'est pas stable. On peut avoir confiance en lui en tant que chef, mais d'un autre côté, il n'écoute que lui. Et tu le gênes c'est une évidence. C'est certainement le fait que tu le rencontres dans un lieu comme celui-ci, qui plus est avec sa sœur. Tu as pénétré son intimité sans même le vouloir. Non ce n'était pas prémédité, pourtant, si tu avais su à l'avance de qui il s'agissait, aurais-tu évité de parler à cette fille ? Non Bliss, tu sais bien que tu aurais fait exactement la même chose. Tu as cette affection particulière pour Hurle, c'est celui qui t'as aidé à trouver ta revanche, celui qui t'as montré la voie dans laquelle tu te sens une autre. Tu es devenue une Râfleuse grâce à lui. Tu n'as jamais été insensible face à Hurle.

« Je ne vous ai pas posé de question sur votre venue ici, ce serait déplacé, alors faites en de même. »

Tu regardes la brune, signifiant que tu ne t'expliquerais pas plus sur le sujet. Si elle voulait continuer avec ses remarques insignifiantes, elle n'aurait qu'à le faire debout et droit dans les yeux.

« Hurle, je pense que tu es au courant que j'ai des gens à visiter ici. Ma venue n'a rien à voir avec la vôtre. »

Tu as pris ton intonation sévère, comme un rapport que tu ferais. Tu parles clairement, mais brièvement. Tu ne veux pas t'éterniser sur le sujet, à vrai dire, tu aimerais ne pas t'éterniser tout cours. Cette atmosphère funèbre et ces interrogatoires inquisiteurs t'agacent, tu n'as pas à être une suspecte ici. Certes voir un personnage aussi austère et dur que Hurle dans son intimité, et rencontrer sa sœur, dont du as souvent entendu parler, ça t'intrigues, mais pas au point de supporter tout ça.
Alors tu regrettes presque aussitôt d'avoir laissé une telle marge de provocation dans tes paroles. Non, tu n'aurais pas du répondre comme ça. Tu as été froide, directe, sans réfléchir que tu risquais d'allonger cette rencontre qui secondes après secondes se transforme en une menace. Tu n'as plus qu'à espérer qu'il n'y aura pas de mauvaise interprétation. Tu restes sur ta posture, droite, audacieuse, et tu attends leur réaction, espérant mettre un terme à cette altercation au plus vite.




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MessageSujet: Re: Un air de mort. #aradia #bliss   Dim 8 Fév - 18:30

Protéger Aradia est désormais sa seule priorité. La protéger contre l'univers qu'il a pourtant contribué à créé. De la cruauté qu'il y a instillé, de l'indifférence des autres. Hurle est responsable de beaucoup de mal au sein de la prison. Sans fierté aucune. Juste par pragmatisme - et encore pense-t-il avoir raison d'avoir agi ainsi. Toutefois, sa petite sœur n'a pas à se confronter à cette dure réalité. Il voudrait qu'elle soit encore comme pendant son enfance, quand elle était heureuse et entourée de plus d'amour que tout ce que Hurle pourra lui donner. Quand elle pouvait encore parler. Sa remarque silencieuse le blesse. Qu'est-ce qu'il est, lui ? Hurle conserve de justesse un visage de marbre, mais il encaisse le coup. Elle a raison, qui plus est. Il fait partie de ces personnes dangereuses. La seule différence, c'est que lui, il n'est pas dangereux pour elle. Il l'aime trop pour vouloir faire quoique ce soit qui puisse la mettre en danger. Alors doucement, faisant comme si cela ne l'avait pas souffrir, il lui répond : Je suis ton frère. Que crois-tu que j'essaie de faire ? Heureusement, son sourire parvient à l'apaiser - un peu. Il conserve au fond de son cœur un peu de son inquiétude. La crainte de ne pas être assez bien. De ne pas être digne d'elle. De faire des choses qui lui déplaisent. C'est sans doute une des rares angoisses qui lui reste encore. En dehors de cela, il est comme mort à l'intérieur de lui. Incapable de fonctionner comme une personne normale, de toute façon.

Comme la capitaine Bliss n'est pas en mesure de comprendre la langue des signes - du moins, il n'a eu connaissance d'aucune information lui affirmant le contraire -, Aradia emploie son calepin pour communiquer avec elle. Et les termes qu'elle emploie sont assez agressifs - c'est bien sa sœur, quoiqu'on en dise, pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Bliss ne se déstabilise pas. Peut-être est-ce la présence d'Aradia qui la met en confiance et qui la fait croire que Hurle sera un peu plus tolérant à son égard. Bon, peut-être un peu plus. Les chances pour qu'il explose alors que sa sœur regarde sont quand même plus réduites, il est vrai. Hurle est un peu gêné par ce fait - et en même temps, il n'a pas envie qu'Aradia parte. Sa présence l'apaise, lui rappelle pourquoi il fait tout cela. Pas uniquement pour lui, mais aussi pour elle, pour leur famille - pour toutes les choses qu'ils ont perdues à cause d'une chimère. La vengeance est très certainement un des motifs les plus banals que l'on peut imaginer, il n'empêche que c'est un moteur particulièrement puissant. Hurle soupire. « Capitaine Bliss. » Son ton n'est pas agressif, ni même particulièrement autoritaire - juste froid et posé. Si elle est intelligente, elle comprendra qu'il vaut mieux ne pas trop le provoquer. Car même avec Aradia à ses côtés, Hurle est capable de faire n'importe quoi si on le pousse à bout. Et l'insubordination, ce n'est pas quelque chose dont il a l'habitude - il faut dire que ses critères sont si hauts qu'il est très facile de passer dans la catégorie des personnes qui ne suivent pas assez promptement ses ordres. « Ma sœur t'a posé une question. As-tu quelque chose à cacher pour te braquer comme cela ? » Sa voix est trop douce, trop mielleuse. Il ne se comporte jamais ainsi naturellement, c'est dangereux. Surtout que sa logique n'est pas mauvaise, pour le coup. « Il ne me semblait pas qu'il y avait un cimetière impliqué dans tes ordres de mission. Tu sais, je n'aime pas beaucoup les gens qui se permettent de prendre des pauses quand ils sont de service. » Ce n'est qu'une suggestion. Juste un sous-entendu ; Bliss peut encore éviter le pire en manœuvrant correctement. C'est tout ce que Hurle lui demande. Qu'elle ne vienne pas remettre en question son autorité devant sa sœur ; pour le reste, il sera plus indulgent qu'à l'accoutumée.

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